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dimanche 4 janvier 2015

Le rêve est permis, et si je serais Ministre ? (de la musique) Par Mouats Hafid :

Un jour, à moitié endormi, tout en rêvant je me suis permis de m’introduire dans un jeu où j’estimais être apte à émettre de valables idées en pratique. Une question m’est venue soudainement : « Et si je suis nommé Ministre ? » (Peut être un ministre extraordinaire ?). Chargé de mettre un plan (genre plan Marschal, ou plan décennale) pour faire avancer l’art musical dans mon pays, qui non seulement stagne et régresse, mais se clochardise de plus en plus.
Je penserais d’abord à exiger des responsables qui m’ont fait confiance, d’avoir le plein pouvoir et les moyens (qui existent heureusement) pour mettre en place une dynamique et une stratégie (pour ne pas dire une politique) afin de rentrer de plein pieds dans le concert des nations qui ont instauré voila bien longtemps la rigueur, le sérieux dans les choix et dans les objectifs de durabilité. Critères que semblent omettre nos institutions chargées de la culture.
Après avoir reçu l’aval des hauts responsables du pays qui trouveront mes idées réalisables et promoteurs, j’entamerai ma démarche avec le rassemblement des hommes et des femmes capables de m’épauler dans mon pari fou, mais réaliste. Cela, autour d’une énorme structure pédagogique au niveau du ministère, composée de scientifiques qui ont fait leurs preuves par des publications où des travaux utiles à la musique et au patrimoine lyrique. Elle sera renforcée par des spécialistes étrangers, afin de comparer les méthodes, tout en introduisant des éléments succincts, propres à notre culture. Le tout, dans une standardisation en conformité avec les normes internationales. Cette structure sera chargée d’élaborer un plan d’action adopté à la spécificité de différentes écoles de formation, comme les conservatoires, les instituts, l’enseignement avec tous ses cycles, les maisons de jeunes, les maisons de culture, les associations et autres ateliers de musique agrées, publics ou privés.
Le second apport à qui je fais appel émane des musiciens traditionalistes issus des associations ou musiciens indépendants. Ils auront la délicate tâche avec les scientifiques de faire l’état des lieux, le recensement et le classement du patrimoine existant, en procédant à la sauvegarde du lègue des anciens, encore en notre possession, par la récupération d’un maximum de documents (sonores, imageries, manuscrits, biographies et témoignages, etc.)
Et enfin, la numérisation de tout ce magma d’informations avec des supports d’informatiques, fiables et durables. Pour la classification et la sauvegarde définitive de nos musiques (traditionnelles ou autres) il est impératif de transcrire sur partition notre héritage classique ou innové. Là, un tri sera effectué pour cibler ce qui est évident, récupérable ou valable. Je mettrais fin au débat d’arrière garde et stérile entre conservateurs et réformateurs sur ce sujet. Un compromis juste et raisonnable sera trouvé pour parer aux susceptibilités des uns et des autres, sur les questions subtiles, d’altération de style ou de tel ou tel genre de musique. Nous sommes presque les seuls au monde à négliger la notation musicale et la rigueur dans sa pratique. Maintenant, celui qui ne se reconnaît pas dans une démarche scientifique, technique et rationnelle, il se résigne à se mettre en spectateur et n’entrave pas ceux qui veulent aller de l’avant, pour l’avenir de nos enfants et nos arts.

Après tout un travail colossal qui nécessite avant tout des compétences, il faut mettre les moyens matériels, pédagogiques et juridiques pour la concrétisation des actions retenues par la structure technique citée plus haut. Les contribuables sont :

- Le ministère de la culture qui élaborera les statuts des écoles, les publications de manuels et les répertoires classiques ou autres, ainsi que la production des supports pour la sauvegarde des documents sous formes de fichiers numériques.

- Le ministère de l’éducation donnera les outils juridiques pour avaliser les diplômes et attestations des élèves formés et pour l’encadrement pédagogique.

- Le ministère de la jeunesse et des sports contribuera par une aide financière, matérielle et aussi par la permission d’utilisation des infrastructures (Maison de jeunes, auberges, camps de colonies, centres aéré et autres)

- Le ministère de l’intérieur avec les Domaines et autres organismes fonciers dégageront des locaux et des infrastructures pour la pratique musicale, pour sa promotion et son épanouissement. Là je pense notamment aux salles de spectacles ou les théâtres encore gérés par les municipalités.

Les grandes sociétés privées ou publiques comme la SONATRACH par exemple, peuvent financer leurs propres écoles de musique, tout en œuvrant dans ce même cadre. Le dernier contribuable et qui est le plus important, c’est l’état lui-même. C'est-à-dire au plus haut niveau, une importance particulière sera donnée à cet art qui apportera beaucoup à la société dans sa stabilité et son développement culturel. Bien sûr, sans omettre les autres arts. L’état avec ses gros moyens, construira (ou reconvertira des bâtisses) des conservatoires pour chaque Wilaya, où des structures annexes seront installées dans l’ensemble des Dairas, cela, afin de vulgariser la pratique musicale par une réelle démocratisation et par l’accès facile aux arts dans les coins les plus reculés du pays.
Une autre action que l’état devrait prendre en charge, c’est la dotation pour les écoles de musiques en outils pédagogiques, comme les instruments de musique. Il est clair que notre pays n’a jamais investi pour une manufacture des instruments. Déjà, la lutherie n’est nulle part enseignée, sauf, sans intérêt et sans répercussion, à l’Institut National Supérieur de la Musique. Pourtant, Il existe des artisans luthiers qui fabriquent des instruments acoustiques (mandole, mandoline, luth et ses dérivés la kouitra et le oud arbi etc.) mais n’arrivent pas à satisfaire la demande. L’état peut subventionner ces artisans, ou leur donner des locaux afin qu’ils transmettent leur savoir faire aux jeunes. Le ministère de la formation professionnelle peut créer des classes de lutherie dans ses centres de formation avec le concours des luthiers avérés. Les résultats de toutes ces actions seront palpables immédiatement, avec la résorption du flux d’élèves exclus de différents cycles de l’enseignement, résorption d’une partie du chômage des jeunes, puisque les élèves ou stagiaires formés trouveront normalement des emplois dans de futures conservatoires, des centres culturels, des maisons de jeunes et dans les établissements scolaires où l’enseignement de la musique sera généralisée. D’autres débouchés seront à l’horizon, comme la promotion, la publication et l’édition des produits musicaux.

Dans peu de temps, j’ai la conviction que les fruits de ce plan qui sera enrichi par l’équipe compétente, seront recueillis et procureront du baume dans les cœurs et la joie s’emparera aussitôt de nos foyers. J’estime que sans un travail en profondeur et durable, notre pays traînera pour longtemps dans le sillage de ceux qui ne décollent jamais. N’est-il pas désolant de constater amèrement que l’immense majorité de nos musiciens et chanteurs ignorent totalement les rudiments de la musique. Je me demande comment certains de nos représentants (certains pros…) qui partent à l’étranger pour des galas arrivent-ils à expliquer et présenter dignement notre musique, avec son histoire et sa théorie.

Une preuve tangible pour évaluer une réussite certaine, c’est dans l’émission de télé-réalité « Elhane oua chabab ». Avec des moyens conséquents, un encadrement compétent et un travail quotidien intense, des élèves se surpassent et étonnent de jour en jour par leur progression éblouissante. Je ne pense pas que c’est le modèle idéal qu’il faut suivre, mais les résultas sont là. Il est minuit et sur cette dernière phrase, je plonge dans un profond sommeil. Rassuré, apaisé et serein. Demain le jour sera meilleur, inchallah.

Le lendemain, en me réveillant, j’ai tout de suite rédigé mon rêve, pour le partager avec mes amis internautes (Algériens), qui espèrent comme moi que les choses bougeront et s’orienteront dans le bon sens. Faites moi, partager vos rêves les amis.
 Mouats Hafid.