Je me présente: MOUATS HAFID

Skikda/Hamadi Krouma, Région de Constantine, Algeria
Ex Prof de musique au conservatoire de Skikda, ancien membre du mouvement associatif de ma ville natale Skikda. Mes passions: l'amitié, l'art en général et les délices de la mer. mail:mouatshafid@gmail.com

LE DIAPASON DE SKIKDA

Le blog musical de MOUATS HAFID, musicien de Skikda/Algérie. Bienvenue dans mon espace.

Pour faire connaître notre patrimoine musical et tisser des liens avec les musiciens du monde.

Clic sur la photo pour visionner une vidéo de moi.

Clic sur la photo pour visionner une vidéo de moi.
« Ecrire, c’est se souvenir, mais lire aussi, c’est se souvenir. » François Mauriac.

Mes meilleurs vœux pour l’année 2010.

En créant mon blog, je savais que son impact serait considérable et bénéfique. C’est un pont d’échange entre l’univers et moi. Là où tous les gouvernants et les idéologies ont échoué la technologie du Web, ce formidable outil de communication, cette invention géniale du siècle avait fait avancer le monde vers une démocratisation et un rapprochement palpable entre tous les peuples de la planète. Sans contraintes, ni préalables, sans aucune utilisation de la force injustifiée et démesurée, on peut exprimer librement des idées qui peuvent changer le monde par la compréhension, la tolérance et surtout le respect et l’amour entre les gens de partout. Le choc des civilisations, je n’ y crois pas. C’est une invention d’une frange de politiciens qui brandissent opportunément cette formule pour s’ingérer dans les affaires des nations et des peuples. Au nom des idéaux nobles, comme les droit de l’homme, la lutte contre les violences religieuses ou autres, on impose une hégémonie de domination pour les seuls intérêts économiques et stratégiques. De grandes nations donnent des leçons aux autres, alors qu’elles sont trempées dans toutes les bavures et les manigances, elles doivent changer pour un monde meilleur. Quant à nous internautes, liés par la grande toile, nous pouvons outrepasser nos appartenances pour dire des choses simples, avec de la musique, du théâtre, de la peinture, de la poésie etc. Pour preuve, les mails que je reçois de la part des gens de différents horizons. Je trouve que des bonnes paroles, du respect, l’échange sincère et sans reniement de ses origines, sa culture, sa religion ou ses convictions. En lisant les mails, je ne cherche ni la nationalité, ni la race, ni la tendance. J’évalue uniquement les actes de bonne volonté et de bonne foi.

Mes amitiés aux visiteurs de mon blog

Mes amitiés aux visiteurs de mon blog
Bienvenue sur mon blog

remarque:

Des sites et des blogs avaient repris certains de mes articles et photos. Cela ne me gêne pas du tout, car mon but est la divulgation de notre patrimoine musical, mais le minimum d’honnêteté et de crédibilité serait de préciser la source en insérant ma signature et le lien de mon blog. Je n’hésite pas à les contacter afin qu’ils rectifient l’anomalie. Certains réagissent positivement, mais d’autres cultivent le plagiat et l’accaparement du produit d’autrui.

remarque 02:

Pour mon blog, je reçois du courrier de l’Amérique, de l’Europe, du Maghreb arabe, de plusieurs coins de mon pays, mais point de ma ville natale Skikda. Si quelqu’un a une réponse à cette omission (où ce dédain ?), prière qu’il me donne des éclaircissements.

Les ancêtres du violon: Rabeb, rebec, viele et viola
...................................... Qu'est-ce qu'un diapason ? : On me demande souvent c’est quoi le diapason ? Ma réponse est simple : le diapason est le nom de mon magasin pour la vente des instruments de musique « LE DIAPASON DE SKIKDA » Histoire de se mettre au diapason, à la tonalité, au rythme et au tempérament de ma ville Skikda. C’est aussi un petit instrument pour accorder d’autres instruments de musique. Le diapason est un petit instrument en métal à deux branches qui, lorsqu'il est activé (c'est-à-dire frappé contre une surface dure), produit une vibration sonore; cette fréquence étalon est équivalente à la note de référence, le LA, qui avait été normalisé en 1859 en France à exactement une fréquence de 435 hertz (soit 870 vibrations à la seconde). Par défaut il est nommé aussi « LA 440 ». La convention internationale (qui est toujours en vigueur), en 1953 à Londres l’avait étalonné et déposé au conservatoire National Supérieur de Musique de Paris comme un « LA » n°3, placé sur la 2ème interligne de la portée musicale. C’est la note (ou la tonalité) entendue lorsqu’on décroche le combiné du téléphone fixe. Fabriqué dans un alliage de chrome, de nickel et d’acier, le diapason présente plusieurs qualités : sa tonalité est très claire et il est dépourvu d’harmoniques audibles, susceptibles de perturber la perception de la note pure. De plus, il n’est pas sensible aux changements de température et de pression atmosphérique, ce qui lui confère une grande stabilité de fréquence hertzienne. Maintenant, on utilise des systèmes électroniques qui synthétisent une onde sinusoïdale pure et produisent toutes les tonalités, ce qui est un avantage déterminant sur le diapason (classique), capable de ne produire qu’une seule note. Il existe des diapasons mécaniques et électroniques pour accorder différents instruments. Qui de nous musiciens n’avait pas trouvé un jour son instrument désaccordé par rapport à l’enregistrement audio qu’il écoute sur disque ou sur cassette ? Pourquoi la majorité de nos musiciens s’entêtent t-ils à ne pas utiliser ce stabilisateur de l’étendue vocale et de l’échelle des sons d’un instrument de musique ? Comment procédaient-ils jadis les musiciens pour accorder leurs instruments ? L’anomalie n’incombe pas au musicien qui veut capter un morceau de musique avec son instrument pourtant accordé, mais plutôt, aux musiciens ou chanteurs qui enregistrent sans « se mettre au diapason » C'est-à-dire qu’ils ne sont pas alignés selon la normalisation adoptée par le monde entier. En procédant ainsi, c'est-à-dire en négligeant le diapason : la voix se casse, l’instrument s’abîme ou se torde par l’accord surélevé, le chanteur s’égare dans ses gammes et une grande polémique s’installe entre les musiciens sur la recherche de la tonalité. Les anciens musiciens j’imagine bien réglaient archaïquement leurs instruments au moyen de la voix. Mais, heureusement, par la force des choses et par obligation aussi, nos instrumentistes (Algeriens) qui enregistrent au studio doivent se soumettre enfin à la numérisation et aux lois physiques grâce aux claviers synthétiseurs qui sont accordés selon les normes. Pour ma part, j’ai trouvé la solution pour parer au problème des enregistrements analogiques non ajustés au diapason par l’utilisation d’un logiciel d’informatique qui me permet de faire l’effet de « pitch », qui corrige la tonalité des musiques que je veux jouer, surtout la musique instrumentale.

les types de diapasons
.................. Ma ville Skikda, décollera t-elle un jour ? : Je ne sais si les gens de Skikda (Algérie) se rendent compte qu’ils sont dans la traîne et croupissent sur tout ce qu’ils entreprennent dans le domaine culturel et sportif voila belle lurette déjà ? Dans le sport par exemple, le Skikdi n’a pas connu de grands exploits, donc de grandes émotions depuis la finale en coupe d’Algérie de football en 1967 face à la légendaire Entente de Sétif ou depuis l’accession de la JSMS club phare de foot en première division de 1986. A un moindre degré nos handballeurs avaient brillé sporadiquement mais sans aboutir à grand chose. Je cite aussi nos judokas qui n’ont pas démérité mais étouffés de sitôt. Dans les autres disciplines la récolte est vraiment maigre. N’étant pas impliqué dans le milieu du sport je ne peux faire une lucide observation qui nous paraphrasera cette situation de désolation qui malheureusement perdure. Par contre sur le plan culturel ou plus précisément sur la scène artistique je suis bien placé pour faire un diagnostic sur l’inexplicable inertie de notre belle ville. Malgré sa magnifique côte maritime, son potentiel industriel, ses terres fertiles, ses forêts denses, son climat doux et frais à la fois et d’autres atouts insoupçonnés, Skikda ne reflète pourtant pas toute sa genèse. Ville séduisante que le visiteur aime revisiter, sa population pourtant disparate (M’Zab, Souf, Chaoui, Jijel, Kabyle, réfugiés de Tunisie ou Skikdis de la région) partage les mêmes caractéristiques. A savoir que le Skikdi est avant tout connu pour son impulsivité (peut être que les séquelles des massacres du 20 Août 1955 sont toujours là), imprévisible mais fier . S’enflammant vite au moindre couac et dégainant facilement sans arme d’invective qu’on ne trouve nulle part. Se métamorphosant en sortant de son fief local par un bel esprit de solidarité et de convivialité, mais dès qu’il est chez lui ses pulsions naturels l’habitent de nouveau. Peut-être que c’est l’archétype de l’Algérien en personne ? Mais il est bien plus singulier encore. Cela est apparent dans le domaine artistique que je côtoie depuis des décennies. En effet, posons nous les questions suivantes : Pourquoi ne possédons nous pas de vrais artistes d’un niveau national ? De maisons d’éditions ? De vrais forums culturels ? De maison de la culture, d’œuvres artistiques dignes de ce nom etc. La réponse il faut la chercher en puisant dans des faits historiques d’abord. Notre région a été longtemps laissée aux oubliettes par tous les conquérants après les Romains qui avaient construit la citadelle « Rucicade » autrefois prospère. Ni nos ancêtres les Berbères avec leurs petits Royaumes, ni nos illustres arabes, ni les Ottomans nos frères de la foie ne se sont intéressés à cette région pour la fructifier, qui pourtant renfermaient des potentialités naturelles extraordinaires : Terres arables, Fer, marbre, Zinc, produits de la pêche, etc. Telles étaient les richesses que la France Coloniale avait ingénieusement exploitées dés 1932 en spoliant nos terres, en déracinant nos populations par l’exclusion qui ne leur avait pas permis de s’instruire où de retrouver leurs repères culturels Berbèro-arabe. Il y a d’autres facteurs qui expliquent cette passivité après le départ des Romains. Les Arabes des Banou Hillals venus de l’Arabie ou du Yémen étaient des bédouins, ils ne pouvaient agir brutalement qu’en fonction de leur rude culture enracinée dans leur désert hostile et dans leur esprit de clan comme l’avait si bien mentionné Ibn Khaldoun dans sa célèbre « Moqadima ». Que pouvaient – ils nous ramener de plus les conquérants et les arrivants arabes mis à part le précieux message du Prophète Mohamed (Que le salut soit sur lui). Certes de la spiritualité céleste manquait à nos ancêtres les Berbères, mais ils avaient leur culture, leurs usages millénaires, leurs techniques agricoles, leurs artisanats, tissage, lainage, dinanderie, tannage etc, qui étaient bien supérieurs et plus raffinés que de la grande Arabie. Les Turcs nos protecteurs, cantonnaient dans leurs palais et leurs cités, ne s’occupaient que du pouvoir par l’imposition de l’impôt (le hokr) sur nos malheureux paysans. Ni écoles, ni routes, ni plans d’aménagements ruraux pour les populations autochtones. Ils n’ont même pas établi un fichier de l’état civil pour nous identifier et sauvegarder notre généalogie. N’étaient recensés que les janissaires, les koulouglis et leurs clientèles. Quant à la France coloniale, c’est la négation de notre peuple qu’elle a prôné religieusement et militairement pour imposer sa domination sur une terre promise puis conquise. Combien d’autochtones sous la tutelle Turque avaient-t-ils accès aux Medersas ou du temps de la colonisation Française avaient eu cette chance d’étudier jusqu’au lycée ou collège technique ? Sur le terrain, il n’ y avait que « la Medersa El Irchad » reliée aux Medersas de Constantine, parrainées par l’association des Oulémas qui activait sous la loi de 19001/19005 relative à la création d’associations. Là aussi peu d’enfants fréquentaient cette école coranique. Par pauvreté ou par inconscience, les parents n’osaient pas inscrire les enfants pour étudier l’arabe et le coran, préférant qu’ils bossent (cireurs, vendeurs à la sauvette ou porteurs) dés leur jeune âge pour ramener des sous et aider le père à subvenir aux besoins de la famille. Ainsi donc, dans cet état d’inertie, de passage à vide et aussi de Francisation culturelle qui avaient trop duré que nous nous sommes retrouvés à l’indépendance après à une guerre atroce et héroïque où notre peuple s’identifie enfin à son idéal : « l’entité Nationale Algérienne », avec tous les sens qu’on lui donne. Etant une ville coloniale par excellence, Skikda n’a pas hérité d’un meilleur culturel ou d’une élite, donc pas de noms qui méritent d’être évoqué avec fierté, à l’exception du spirituel Imam « Sidi Ali el Adib ». Alors pour qu’une région ait ses repaires et sa spécifié culturelle, il faut une mémoire, des traditions solides et l’accès au savoir par l’enseignement avec tous ses cycles afin d’engendrer des hommes de cultures ou hommes d’états. On cite souvent telle personnalité ou tel intellectuel contemporain natif de Skikda comme Dali Boubeker (recteur de la mosquée de Paris), Malek Chebel (écrivain et anthropologue), Mohamed Harbi (historien), des hauts cadres de la nation, des Ministres etc. Cette petite élite dont notre ville peut s’enorgueillir est loin de son berceau. Elle exerce sa compétence ailleurs. En plus, leurs œuvres ou leur influence sur la région sont presque nulles. Peu ou rien d’apport culturel, même pas une vente dédicace de livres, aucune conférence, d’œuvres littéraires ou autre qui font connaître leur région. Point de gestes salvateurs comme des dons utiles à la culture (livres, matériels pédagogiques pour les centres culturels ou autres). Rares ceux qui partent de Skikda (les intellectuels) et reviennent un jour pour donner de leur meilleur à la ville natale. Comme si elle est maudite à jamais. Plus ils s’éloignent, plus ils la haïssent ou la méprisent davantage, Quand ils séjournent furtivement pour quelques jours dans la région, ils ne pensent qu’à repartir vite. Dédaignant de rencontrer les gens, peu généreux et parfois très altiers d’avoir réussi sous d’autres cieux. Contrairement à d’illustres personnalités d’autres régions du pays aimant se ressourcer en allant à la rencontre des gens avec qui hier partageaient les tables de l’école, les séquelles de l’après guerre et les affres de la vie des premières années de l’indépendance. Il est évident que Skikda soit gérée depuis son indépendance par des parachutages de tout bord. Effectivement, une mutation punitive vers Skikda pour un cadre ou un commis de l’état était synonyme de promotion. Cette mainmise programmée sur la région n’explique pas tout bien sur, mais là je touche le fond du problème. Je veux conclure cette longue réflexion en mettant en évidence ce que disent souvent les Skikdis pour résumer leur ras le bol : « Skikda appartient à l’étranger, lel barani » ; « C’est une ogresse, (ghoula) qui dévore ses enfants »; « Elle est maudite (men’oûla) par le Maramout Benaraoua » « c’est la dernière des Wilayas » « Skikda ville des intrus, endakhlet) « ouallah ma ital âliha n’har » etc. Et pour revenir à la question de l’inexistence d’artistes (ou intellectuels) dignes de ce nom dans notre ville, il est aisé de discerner les maigres produits culturels du passé de nos infortunés artistes ou intellectuels. Dés l’indépendance du pays, des jeunes s’adonnait à la musique d’une manière instinctive et archaïque. Quelques peintres où plasticiens autodidactes occupaient occasionnellement des galeries vides, la pratique théâtrale se résumait en une infinité de sketchs où n’importe qui avec des pitreries arrivait à faire marrer la population, longtemps assujetti par le népotisme colonial. Quelques poètes d’expression francophone (comme Ahcene Chebli, Salah Ouadi ou les rares lycéens) s’exprimaient en privé ou dans de rares forums. Des poètes en langues arabes issus de la Medersa se rabattant sur une poésie purement classique et impopulaire, d’autres tissaient leurs rimes en langue dialectale (comme les fameux poètes populaires Bounab et Chellia) avec une certaine dérive verbale. Deux correspondants des seuls journaux en Français« Souilah et Oudjani frères » dans le quotidien El Moudjahid et l’hebdomadaire sportif Elhadef), un correspondant de l’unique quotidien arabophone « Nettour » de Ennasr édité à Constantine. Un « ciné-club » prônant une expression libre, mais qui n’arrivait pas à se démarquer étant un club idéologique plus que culturel. Une ébullition de jeunes pseudos artistes se fait entendre par un brouhaha et une cacophonie que personne n’arrive à définir le phénomène d’émergence de ces petits talents, en quête de réputation, cherchant avant tout à se révéler pour procurer un peu d’argent de poche et se distinguer autrement dans la nouvelle configuration de cette société où l’échec est consommé très tôt. Alors, dés 1980, par leur activisme et leur présence lors des célébrations, des festivals et autres manifestations culturelles, les rares associations agrées arrivent à convaincre les pouvoirs publics pour doter la ville de quelques forums culturels désormais dénommées « institutions culturelles », qui seront au moins à la hauteur des espérances d’une ville nouvellement industrialisée, à la hauteur aussi de la réputation de quelques associations modèles comme « l’itihad El Fenni et El Mouâjiza». C’est ainsi qu’un semblant de « conservatoire de musique, de danse et de déclamation » a vu le jour. Une école (ou un grand atelier) des arts plastiques sans vrais profs et sans programme pédagogique, dispensant des cours à des exclus scolaires, sanctionnés à la fin de leur courte formation par un diplôme fictif et sans valeur. Deux petites et pauvres bibliothèques, l’une gérée par l’armée nationale populaire, l’autre par la commune furent aménagées en des lieux très étroits, n’arrivant pas à satisfaire la demande pressante des nouveaux lycées. Des centres culturels et maisons de jeunes naissants livrés à eux même. Sans statut particulier, ni perspectif, avec un personnel non qualifié, sans animateurs culturels formés pour transmettre des choses utiles à la culture. Des salles de cinéma insalubres, en deuil depuis que la télévision et la vidéo ont pris le dessus sur le septième art. Enfin, un précieux théâtre communal qui faisait de l’animation frétillante, des meetings pour le parti unique, puis pour les partis politiques, des combats de boxe aussi, mais pas ou peu de culture. Quelques années après, tout ces joyaux supposés être le fer de lance de la culture avaient montré leurs limites à promouvoir l’éveil culturel tant déclamé par la dite « révolution culturelle des années 70 ». Aujourd’hui en 2009, que reste t-il de ce maigre acquis ? Un lugubre conservatoire sans siège, des bibliothèques toujours peu fournies, désertées par des lecteurs préférant l’information et la documentation sur la fascinante toile d’araignée du N.E.T. Un théâtre récemment devenu régional (donc sous la tutelle du ministère de la culture) nous laisse perplexe par l’absence de transparence quant à sa restructuration et son plan d’action. Une école des beaux arts qui n’a que son nom, une future maison de la culture en chantier qui semble ne plus s’achever, s’orientant apparemment vers une délocalisation interne avant terme (…), des maisons de jeunes ou centres culturels sans moyens ni perspectives qui ne suscitent plus d’intérêt. Des établissements scolaires et plus spécialement l’université essence même du savoir se désintéressent de la culture (peu de publications ni d’activités culturels). La pratique théâtrale en berne ou en stagnation et enfin un mouvement associatif qui vit au rythme de gastropode. En attendant, de faux artistes et de faux intellectuels occupent le devant, la demande est fortement orientée vers la tendance commerciale ou vers une clochardisation de la scène artistique. Au fait ? Ce constat plus que pessimiste sur l’état des lieux de la culture à Skikda, n’est – il pas aussi analogue aux autres régions d’Algérie ? Finalement, c’est toute la culture Algérienne qui semble paralysée ? Assurément, la culture se mesure par le nombre d’ouvrages littéraires observables sur les étalages des librairies, par le nombre de films produits chaque année, par un nombre appréciables de pièces théâtrales, d’opérettes ou autres, de compostions musicales et bien sûr par des publications universitaires. Pour terminer mon article pamphlet (puisqu’il y a ceux qui disent que mes critiques ne sont pas fondées), je pense que la culture dans notre pays est souvent assimilée à des fêtes commémoratives, à des hommages rendus pour des soit disant émérites, qui parfois n’ont rien prouvé. Du 10ème mois au 7ème mois de l’année d’après il ne se passe presque rien qu’on peu qualifier de fait culturel important. C’est la culture des occasions et la paupérisation d’une société qui cherche encore ses repères, voir son identité. A quand le déclic pour un décollage certain ? Mouats Hafid, Septembre 2009.

La Houitcha et l'escargot.

La Houitcha et l'escargot.
La fable est que le Skikdi n’arrive plus à sortir de l’eau comme cette Houitcha et ce Boudjaghlène très hautain qui se fait écrasé par les véhicules passants. On continue à croire « que celui qui va doucement arrive sûrement » En réalité, on ne progresse pas lentement comme ce malheureux escargot dans ses déplacements, mais on demeure complètement bloqué sur la ligne de départ. Il faut admettre que devant la médiocrité ou le néant, on opte pour le premier choix, car cela signifie au moins qu’on existe en dépit de tout.
................Constantine a retrouvé son malouf : !Vendredi 02 octobre 2009, au théâtre de Constantine il s’est passé des choses vraiment inouïes, dépassant tout enchantement. Des applaudissements qui vrombissent comme un séisme, des retentissants youyous de femmes en extase, les visages radieux et étincelants des hommes clamant avec force la jeune formation musicale du conservatoire qui avait ouvert le bal. C’était la grande fête à l’antique Cirta, ville des ponts suspendus. « Celui qui veut faire le pèlerinage, il se dirige vers la Mecque, celui qui veut écouter le Malouf, qu’il vienne à Constantine, le malouf est pour tous, mais la grande Khaima est ici » Ce sont les paroles du Wali de Constantine qui les a proclamées tout haut de la scène du théâtre. Conscients d’avoir récupéré un bien qui leur avait été injustement arraché (…) par la ville voisine, les admirables spectateurs du théâtre voulaient exprimer leur joie et leur fierté, eux qui voyaient le malouf en déclin. Constantine avait besoin d’un tel évènement pour se redonner un blason après tant d’années de disette culturelle, pour cause de troubles politiques et économiques qui avaient secoué le pays. Ce festival là, Constantine l’a voulu plus que ma ville Skikda qui n’a rien fait pour le retenir. Je ne vais pas jusqu'à renier mes écrits, mes coups de gueules et faire mon mea culpa sur ce sujet, mais je me met à l’évidence à croire que Constantine est incontestablement le berceau du malouf qui puise sa source du fond de son histoire et de sa culture authentique. Cette ville qui pourtant renfermait des élites, émanant de l’université et des instituts mais qui sont toujours dans l’hibernation. Où sont ces diplômés et ses intellectuels capables de produire des œuvres littéraires, artistiques ou technologiques ? Se contenter d’une rente et d’un train de vie morose cela est un gâchis. Un tel festival peu créer le déclic tant souhaité où la musique sera ce catalyseur qui régénère les masses. Ce ne sont pas seulement des soirées de défoulement où les nostalgiques des temps révolus retrouvent pour un instant les repères d’autrefois à travers la vieille musique, mais des retombées vraiment bienfaisantes à toute la région sont à l’horizon. A travers ce festival le conférencier étale sa pensée, ses thèses et l’auditoire se transforme en critique d’art, le musicien toujours en gestation élabore sa nouba pour la partager avec son public, le gestionnaire réfléchit et planifie son agenda pour le prochain forum, le sociologue cerne les contours d’un art d’une société qui balance entre tradition et modernisme, le musicologue fouine dans les manuscrits pour démontrer et restaurer les dérives des usurpateurs. Historiens, chroniqueurs, analystes, mémorialistes, archéologues ou archivistes, tous en quête de la vérité, celle de réconcilier l’homme avec son environnement, ses passions et ses convictions. La machine peut redémarrer même rouillée et le livre révèle encore des trésors inestimables. L’impact sera économique, avec aussi une bonne opération de marketing. Car des touristes viennent pour l’évènement, des éditeurs prospectent pour des produits artistiques et arrachent des contrats, les sérigraphes éditent, les libraires vendent, les invités étrangers véhiculent la bonne image du pays qui redevient fréquentable. Enfin, des investisseurs frappent à la porte pour insuffler de l’aubaine fraîche qui fait rayonner l’économie en dehors de la manne pétrolière. Les villes voisines peuvent s’impliquer dans cette spirale, par la programmation dans leurs salles de spectacles les troupes étrangères et locales participant à ce festival, les musiciens assisteront aux Master Class, des conférenciers peuvent se déplacer pour faire des communications. D’autres activités réoccuperont le forum, comme les artisans luthiers, les costumiers, les couturiers, les brodeurs etc. L’invitation qui m’a été faite par le commissaire du festival pour assister à ce festival m’a plus que bouleversé. Malgré mes critiques parfois virulentes sur sa personne et sur l’organisation des deux premières éditions qui se sont déroulées dans ma ville natale Skikda, il m’a chaleureusement accueilli est m’a signifié que de telles critiques sont plus que nécessaires et constructives, car nous travaillons dans la transparence et pour la bonne cause, « Wallahi ya si Hafid, niyati rahi safia » telle était la phrase pleine de sens prononcée par M Zerouala Mohamed Said commissaire du festival. Cette sincérité là je l’ai remarquée chez ses collaborateurs aussi, comme le très discret mais efficace El Hadi Hannachi, responsable de la gestion financière, l’omniprésent Bestandji Naji, responsable de la communication, de l’édition et des relations publiques et enfin mon ami Marouanni Malik le musicologue et chercheur avec qui je partage beaucoup de convictions et qui ne lésine ni par sa générosité ni par son talent pour faire avancer la musique dans sa ville Constantine, qui a tant besoin de gens comme lui. Achi Zoheir, Leulmi Mohamed, Amirache du Conservatoire, Aichour Mustapha, Chabat Kamel c’est cette crème là que j’ai évoquée plus haut et qui fera briller pour longtemps le ciel de Constantine. Quant aux peu de chouyoukhs qui restent encore en vie Comme El Hadj Darsouni et El Hadj Fergani, où ceux qui nous ont quitté récemment, je pense à Abdelmoumène Bentobal, Daoudi malik et Cheikh Bouaziz Rabah et d’autres, nous leur devons beaucoup, si ce n’est tout. Ce sont des générations et une nature qui ne se renouvellent plus. Longue vie au malouf, cette musique qui nous relie à nos valeurs et nos mémoires. Vivement la quatrième édition de 2010. Mouats Hafid, Octobre 2009.

Photo festival 01

Photo festival 01
En haut, le merveilleux public du théâtre de Constantine.En bas à gauche : Mouats Hafid, Saâdaoui Mohamed, La chanteuse Touraya et Bestandji Naji du commissariat du festival. Photo de droite : Mouats Hafid (à gauche), le commissaire du festival M Zerouala Mohamed Said et Ganouche Abdelmadjid, musicien de Skikda

Photos festival 02

Photos festival 02
Photos clôture du festival : en haut à gauche Med Tahar El Fergani micro à la main chantant avec l’orchestre pilote de Constantine ; l’hommage rendu à la chanteuse Touraya ; Fergani et Touraya offrant une gerbe de fleur à la veuve du regretté Abdelmoumen Bentobal ; le salut de l’orchestre pilote au public.
.............................. MASTER CLASS pour Qanoun (la cithare) : Pour cette 3ème édition du festival culturel international du malouf du 02 au 07 octobre 2009, un Master Class a été programmé au siège du conservatoire « Abdelmoumene Bentobal » de Constantine. Le Master Class (atelier de musique) est une classe de musique animée par un maître, c'est-à-dire un artiste avec des capacités techniques et théoriques capable d’initier les participants d’un certain niveau en un temps très réduit à des exercices et autres astuces indispensables pour chaque instrument de musique afin de perfectionner leur savoir faire et les faire progresser selon une méthodologie spécifique. Le maître, c’était Hallil Karaduman, le Turc. Un virtuose du qanoun (cithare), connu comme l’un des meilleurs joueurs de cet instrument usité essentiellement en Turquie, en Iran et dans le monde arabe. C’est la troisième fois qu’il parraine un Master Class dans notre pays. Le premier et le deuxième c’était à Skikda/Algérie en marge du même festival qui s’est déroulé en 2007 et 2008. Le Turc a été assisté efficacement par son ami et disciple le Dr Saâdaoui Mohamed, chercheur et perfectionniste en musique. Il n’a pas seulement servi de traducteur, puisque le maître du Qanoun s’exprimait en Anglais, mais aussi un animateur très habile grâce à sa progression fulgurante depuis qu’il a fait un Master Class en 2007 en Turquie avec son maître et Fidèle ami Hallil Karaduman. Les participants étaient peu nombreux, comme d’ailleurs les initiés à cet instrument de luxe, rare et très demandé en ce moment. La cherté de cet instrument ainsi que la mauvaise qualité proposée par certains rares vendeurs font que les musiciens dédaignent de faire des sacrifices pour acquérir de l’étranger ce joyau qui pourtant enrichit la pratique de la musique à un haut niveau. Les participants à ce Master class étaient M Sahbi Rafik de Rouiba, membre de l’association des beaux arts d’Alger, Ganouche Abdelmadjid, membre de l’association « el fen wel assala de Skikda », Azizi Mohamed membre de l’orchestre pilote de Constantine, un jeune du conservatoire de Constantine qui malgré son qanoun un peu abîmé et dépourvu de quelques cordes avait tenu à participer, ainsi que le Dr Saâdaoui Mohamed, musicien déjà prédisposé à parrainer un Master Class, puisque il avait assisté son maître en animant et en fournissant des conseils très utiles aux chanceux citharistes présents dans cet atelier. La première journée a été consacrée plus à la théorie et à un étalage sublime du maître qui nous a subjugué par sa grande maîtrise de la musique et par cet instrument qui semble être né avec lui. Durant des heures, il enchaîne morceaux sur morceaux de musique, Turcs et universels, suivis de démonstration avec solfège sur un tableau, une pédagogie digne des grandes écoles de musique. La deuxième journée fut celle des études techniques. Comme la prise des plectres, les différentes façons de progresser sur des gammes en ascendant et en descendant, des arpèges de tierces, quartes, quintes et octaves ainsi que des astuces pour faire ressortir des effets, des nuances et des expressions lyriques. A la fin de la longue séance, un débat très intéressant avait été amorcé par le Dr Saâdaoui Mohamed afin de faire profiter les participants de son expérience avec cet instrument. Ici, je tiens à souligner le concours très remarqué des responsables du conservatoire qui ont mis à la disposition des participants tous les accessoires nécessaires pour ces deux journées de formation. Enfin, les participants avaient bénéficié d’une attestation de participation, signée par le commissaire du festival ainsi que par le maître du Master Class. Un document de prestige et de fierté. Une bonne nouvelle pour les adeptes du qanoun, c’est l’éventuelle organisation d’un Master Class hors festival ici en Algérie, avec la collaboration du conservatoire de musique de Constantine au profit de tous les adeptes de cet instrument à travers le pays. Il sera bien sûr sous le parrainage du Maître Hallil Karaduman qui a accepté avec enthousiasme cette louable initiative dont le Dr Saâdaoui Mohamed en est l’inspirateur. Une dernière merveille que je partage aussi avec mes amis de la famille du malouf, c’est la transcription et l’interprétation très personnalisées du bachraf « Lekbir ou M’rabaâ » par le Maître Hallil Karaduman lors de la soirées du 05/10/2009. Cette grosse pièce de musique d’ouverture du répertoire malouf a été proposée en partition et offerte par notre ami le Dr Saâdaoui Mohamed à son maître. Mais ce dernier a préféré la réécrire lui-même à partir de l’enregistrement audio téléchargé du portable de son ami. Afin peut-être de procéder à d’éventuelles corrections selon sa propre culture musicale ou d’ornementation pour l’enrichir. Une grande percée du malouf vers l’univers. Merci Dr Mohamed Saâdaoui pour tout ce que vous faites pour notre musique savante. Mouats Hafid, octobre 2009.

Master class 01

Master class 01
Photo à l’hôtel Cirta le 06/10/2009, avant le départ pour le Master Class : à gauche Sahbi Rafik de l’association des beaux arts Alger ; Dr Saâdaoui Mohamed musicien de Miliana ; Mouats Hafid musicien de Skikda ; Dr Zerouala Mohmed Said commissaire général du festival ; Maître Hallil Karaduman de la Turquie ; Ganouche Abdelmadjid musicien, cithariste de l’association « el fen wel assala de Skikda ».

Master Class 02

Master Class 02
Les participants au Master Class : en haut à gauche : Maître Hallil Karaduman ; Dr Saâdaoui Mohamed ; Sahbi Rafik ; Ganouche Abdelmadjid ; Azizi Mohamed et de dos l’élève du conservatoire de Constantine.

Master Class 03

Master Class 03
Nos citharistes éblouis par la virtuosité du Maître Hallil Karaduman.
....................... La musique pour tous: "La musique adoucit les mœurs". Tel est l'un des intérêts pour sa pratique. Si ce vieil adage est tout à fait exact, alors comment expliquer que les formations musicales de l'Est du pays (l'Algérie) sont presque toutes composées d'instrumentistes mâles ? De Guelma à Skikda en passant par Souk Ahras, Djidjel, Mila, Batna, Sétif etc… il n'y a point de gent féminine, que bizarrement à l'instar des associations musicales du centre du pays et de l'Ouest, la musique est une affaire d'hommes et de femmes. Surtout dans le milieu de la musique traditionnelle dite "andalouse". Voyons ces villes qui forcent l'admiration comme Mascara qui sensée avoir une vocation agricole ou paysanne, Miliana, Médéa, Mostaganem etc. Avec succès elles ont réussi à outrepasser l'obstacle malgré l'absence de cette tradition à trouver hommes et femmes dans un même ensemble musical. Là, je cite aussi deux autres villes de la région Kabyle qui sont Tizi Ouzou et Bougie où les filles pratiquent la musique avec les garçons sans gêne. Mais à l'exception près, la surprenante Biskra, Constantine et Annaba sortent du lot car certaines rares associations encouragent et favorisent l'intégration des filles, ainsi complétant tous les registres (Soprano, Alto, Ténor et baryton) indispensables à l'esthétique vocale. Cela reste insuffisant pour les deux villes citadelles du genre malouf, où nous constatons par exemple que la moyenne d'âge des filles qui jouent la musique ne dépasse pas les quinze années. Pourtant dotées de conservatoires de musique, elles n'arrivent pas à retenir les filles afin de continuer à persévérer dans cet art au-delà d'un certain âge. Dans le sud du pays il y a des percés remarquable par la présence des femmes où filles dans des groupes folkloriques. Cela s'explique en partie par des traditions ancestrales dans cette grande région qui est le Sahara, dont la femme s'est accaparée exclusivement d'un instrument à archet qui est le "M'zad" (sorte de violon à une ou deux corde). L'artiste renommé feu "Bali" était toujours accompagné de sa chorale féminine même à l'étranger où il est bien connu. Les exemples ne manquaient pas. Comment expliquer ce grand déséquilibre à travers les régions ? Nous sommes un même peuple avec le même niveau de vie, la même culture, régi par les mêmes lois etc… Fallait – il expliquer cela par les traditions locales très anciennes qui freinent naturellement les évolutions ? Par des mentalités encore essorées et renfermées ? Par des contraintes occultes ? Les gens de l'Est Algérien sont ils téméraires, hétérodoxes ou taciturnes ? Je n'ai pas de réponses à toutes ces questions. Dans ma ville natale Skikda par exemple, on a jamais réussi à configurer un orchestre mixte où femmes et hommes sont côte à côte pour la bonne cause, celle de promouvoir l'art lyrique, symbole d'une symbiose à la recherche du beau et les bons idéaux qui prônent l'amitié, le respect et la tolérance. C'est ainsi que moult associations musicales par le passé ont tenté l'expérience mais en vain. De l'association " El Mouadjiza, El Itihad El Fenni, El Manar, Nassim El Andalous etc. Toutes étaient confrontées à l'inexplicable échec et au fatalisme. Même le conservatoire de musique où j'ai enseigné durant quelques années n'a pu réussir à casser ce tabou, si j'ose le qualifier ainsi. Pourtant nous avons formé des filles violonistes qui jouaient sur partitions, des pianistes qui interprétaient du Mozart, du Chopin, du Beethoven, du malouf et du mouwachah arabe aussi. Des choristes mixtes qui chantaient la polyphonie à cinq voix, c'était inouï. Où sont elles ces perles ? Que reste-il de leur savoir faire ? De leur ferveur à interpréter les morceaux les plus difficiles appris avec des professeurs Etrangers et Algériens ? Quel gâchis ! Quelle perte ! Quelle bêtise ! C'est vraiment frustrant. A Skikda, je suis connu pour quelqu'un qui a toujours œuvré pour réaliser cette utopie. Ma dernière tentative fut avec l'association " EL Fen Wel Assala" que j'ai quitté récemment (en 2007) pour justement l'un de ces motifs. A savoir je voulais former une relève avec de petits musiciens où les fillettes occupent une place de choix, déchiffrant des partions, jouant du violon, de la mandoline, la kouitra, le qanoun et aussi chantant avec leurs voix frêles mais mielleuses. Un jour j'ai fait part à mon ami le chanteur Algérois " le cheikh Noureddine Saoudi" pour qu'il me conseille afin de solutionner ce problème pour ma ville Skikda. Il m'avait suggéré de prendre en charge des filles en bas âge, c'est-à-dire entre 8 à 12 ans. La formule semblait simple, c'est l'option qu'on a expérimentée par le passé, mais hélas sans réussite. Pour ma part, je continue à croire qu'un orchestre mixte est réalisable, même dans une ville comme Skikda, hostile à toute nouveauté et toute prédisposition à faire bouger les choses. Je suis disponible et aussi motivé qu'autrefois pour contribuer à mettre sur pied ce joyau. Pourvu qu'on me prenne en charge moi aussi, car en toute modestie, je suis en déperdition pour ma ville. Volontairement marginalisé, donc retiré du milieu musical par aversion. Mon expérience pourrait rapporter beaucoup à cette ville que j'adore par-dessus tout. Et ça, " rares ceux qui sont conscients de tout cela ". MOUATS HAFID, Avril 2009.

El Gharnatiya

El Gharnatiya
Ils sont beaux, ils sont jeunes et la musique aide à l'épanouissement de leur bien être, l'association " El Gharnatiya " d'El Koléa, un bel exemple à méditer.
............................... La musique n’a pas d’âge : Depuis la création d’Adam et Eve qui seraient envoyés par Dieu sur terre voila très très longtemps, la musique a toujours été omniprésente. Les textes anciens nous apprennent que c’était l’un de leurs fils qui souffla le premier dans un roseau pour produire des sons qui constituent la mélodie dont le diable n’a pu s’en emparer pour l’instrumentaliser au service du mal. Elle est partout dans la nature. Dans le ciel avec la pluie et le tonnerre, dans les matériaux qui nous entourent et dans les cris des espèces humaines ou animales. Même le foetus sent les vibrations sonores de sa mère. Cette dernière lui transmet des sensations avec des rythmes et des sons qui jaillissent du fond des âmes et de la bonté humaine. La musique nous émeuve, nous charme et nous transporte vers l’imaginaire. Perçue par tous les gens, quelque soit leur âge. Ne dit- on pas que la musique adoucit les mœurs ? Voila ce qui me ramène à présenter dans mon blog deux de mes meilleurs amis, mordus de l’art musical. Leur petite histoire est simple. Désormais en retraite, ils avaient acheté des instruments de musique. Mais quels instruments ? Deux luths de bonne facture. L’un acheté au célèbre luthiste Irakien « Nacer Chema » ramené exclusivement pour l’école « beyt el oud » de Constantine. L’autre acheté en Egypte chez un maître luthier renommé au Caire. Ils n’avaient pas déboursé d’importantes sommes d’argent seulement pour le plaisir de posséder de joyaux instruments fétiches à la civilisation arabe, mais ils avaient bien une idée derrière leurs têtes. C’était de suivre des cours de musique pour pouvoir jouer avec ce luxueux instrument. Eux, ce sont Mr Kebir Laïdi, alias « Elfennène » et Mr Kerraoui Saddek. Pour le premier, il avait pratiqué l’art dramatique de haut niveau au théâtre de Constantine à l’époque des Benzerrari, Allaoua Ouahbi, Ben Mouhamed Bachir, Hacene Lefgoune, Kaci El k’sentini, Taouèche et d’autres. Il avait toujours vu des luthistes qui se produisaient au théâtre, mais son rêve c’était de jouer avec ce « Oud » qui le fait voyager à travers les échelles modales de la musique orientale. Le deuxième avait possédé une guitare vétuste exposée au dessus de sa bibliothèque. Donc, tous deux avaient des prédispositions pour la pratique musicale. Et c’est naturellement qu’ils sont venus vers moi pour les initier à l’apprentissage d’un domaine qui est presque impossible pour des mélomanes retardataires, d’un certain âge avancé. Connaissant leur détermination à aller jusqu’au bout, j’ai entamé les cours mais non sans difficultés. Il fallait leur donner quelques rudiments de solfège et quelques techniques de doigté et de plectre (richa) indispensables à un luthiste. Là aussi, il fallait appliquer une méthodologie propre à ce genre particulier d’élèves. Après quelques temps où les progrès se faisaient sentir, j’ai constaté que les deux épris de musique avaient un penchant pour le « taqsim » (prélude d’improvisation) au détriment des musiques et chants avec rythmes. Alors je me suis mis à leur préparer des morceaux de « taqsim » tirés des livres de spécialistes du luth. A chaque découverte d’un mode (maqam) ils me disent que « celui- ci est meilleur que le dernier, nous le percevons différemment, l’un nous invite à la tristesse, l’autre à la joie et celui là est étrange ». Ils viennent de s’engouffrer dans le monde des combinaisons sonores qui avaient fait toute la richesse de la musique orientale. Ils ne ratent jamais les cours de luth, sauf en cas de d’empêchements majeurs. Moi-même je suis surpris de leur âme juvénile par ce qu’ils éprouvent en jouant de la musique. En les voyant avec sérieux décortiquer un « taqsim » de Farid El Atrache ou de Bachir Mounir, cela me donne l’envie encore de continuer à pratiquer la musique. Oui ! la musique n’a pas d’âge. Mouats Hafid. Janvier 2008.

Deux férus du luth

Deux férus du luth
Photo prise le 17/01/2007. A gauche de la photo : Kebir Laïdi, à droite : Kerraoui Saddek.
.........................Touchiya, Bachraf Algérien et Samai oriental: Comment notre musique classique a t-elle subi les déformations et la déperdition? Voici des éléments de réponses et une démonstration pour répondre à cette question
Touchiya, Bachraf Algérien et Samai oriental/ Comment notre musique classique a t-elle subi les déformations et la déperdition? Voici des éléments de réponses et une démonstration pour répondre à cette question Qu'est- ce qui a pris à nos musiciens actuels versés dans la musique andalouse avec ses différents styles, à s'emparer avec engouement du "Samai"? Cette pièce de musique instrumentale d'origine Turque, adoptée par les Arabes du moyen orient voila bien longtemps? Chez nous, elle est maladroitement substituée à nos Touchiyas ou Bachrafs, qui eux aussi sont d'inspiration Turque. Le "Samai" est donc une musique instrumentale qui s'étend sur trois variations ( khanats) et le refrain (tèslim). Exécutées sur une mesure 10 sur 8 dite "samai teqil" ou "aqsaq samai", où chaque mélodie renferme quatre mesures et parfois cinq mesures chez les Turcs. Les variations sont modulées sur différents modes (maqam) sauf le "teslim" et le début qui marquent généralement la signature du mode de base. Une quatrième variation est ajoutée sur des rythmes vifs et parfois en alerte, nommés "senkin samai", mesure 6/4; "dèrèdj samai" 6/8; mesure sarabande de 3/8 et la valse lente 3/4. Cette variation se compose de 4, 6 ou 8 mélodies (phrases musicales) dont chacune d'elles comportent 3 mesures pour les 3/4, 3/8 et 6/8 et quatre mesures pour le 6/4. Puis à la fin, le" samai " revient sur le "teslim" mesure à 10/8 et se termine souvent par un ralentissimo en decrescendo. A l'origine le "samai" (écoute) est exécuté après la "wasla" c'est-à-dire après le programme de chants, comme chez nous "la nouba". Et aussi placé dans la façla (intermède) après le taqsim et le mawel (istikhbar chez nous). Quant à nos musiciens, il exécute le "samai" au début du programme puisque automatiquement assimilé à une touchiya ou à un bachraf. Les plus usités chez nous sont actuellement le Samai " Chad (ou chat) arabène" (qui signifie: tessiture élevée des arabes). C'est l'équivalent du mode "chahnaz" en RE. Chez nous c'est une variante du mode "zidane", où il est transposé par nos musiciens de la tonique SOL 4 ( raml ou nawa) au RE 3 (maya ou douka) . L'autre, c'est le Samai "Mahour" (qui signifie ; la lune en Perse) , il est l'équivalent du mode DO majeur , "Dil"de Constantine, "Iistihlal" au Maroc ou Mezmoum sur la tonique DO 3 de la "sanaâ" d'Alger. De la Gharnatiya d'El Koléa, Andaloussiya de Constantine, Inchirah d'Alger, Errachidiya de Mascara en passant par des chanteurs de renoms, tous sont en quête de trouver l'enregistrement audio pour travailler leurs "Samais". J'ai dis "enregistrement et non partition". A ma connaissance, seule la formation musicale El Annasser de Miliana , drivée par le Dr Saâdaoui Mohamed tire sa révérence en jouant des Samais ou bachrafs du moyen orient sur partitions ou travaillés sur partitions. Le résultat est évident, les musiciens de cette association jouent juste et sans fioritures exagérées. Disons que par souci de diversité et d'ouverture, nos musiciens aiment bien s'engouffrer dans d'autres musiques exotiques, ressemblant par leurs pièces à nos touchiyas et bachrafs. Exécuter un Samai est peut être synonyme de maîtrise de l'art des autres? Où bien pour impressionner les rivaux et les envieux ? Tel est notre état d'esprit. Mais il est désolant d'écouter nos musiciens interprétant le "Samai" avec des styles purement "Malouf de Constantine" ou "Sanaâ d'Alger" (les musiciens du "Gharnati de Tlemcen"semblent ne pas suivre cette mode). Introduire des ornements (khanats) ou des nuances (refdets et taqâidats) au Samai cela est acceptable avec les instruments que nous utilisons, mais le déformer ou lui ajouter et substituer des notes sur les mélodies est plus qu'aberrant. Combien de fois j'ai entendu des troupes exécuter un "Samai" en dénaturant les notes des quarts de ton (1/4 de note) ou 1/5 de ton pourtant fondamentaux pour certains maqams (modes). Nos musiciens font confiance à leurs oreilles pour capter des mélodies. Hélas! L'oreille est faillible et ne peut filtrer toutes les notes, surtout les plus brèves et plus rapides. Seul l'exécution d'un "Samai" sur partition s'avère incontestablement juste, car mis sur papier par son compositeur même. Le mieux est de vérifier cette pièce par des initiés au solfège afin de jouer juste et sans rajout, ensuite le musicien est libre de donner un style à son interprétation sans déformation. Par mon analyse, j'ai voulu démontrer comment notre musique dite savante avait subi la déformation et la déperdition par la libre interprétation, sans se soucier de son originalité ou de son âme. Je perçois mieux au file des temps, de quelle manière nos musiques ont été altérées, dénaturées ou égarées à jamais par l'absence de la notation et la faillibilité de la mémoire. Une dernière inconvenance chez nos musiciens de formation traditionaliste: Prenons par exemple quatre musiciens où chacun d'eux interprète sur instrument la chanson mascotte "qom tara darahim elaouz". A la fin se sera évident que nous constations quatre versions différentes, dans les accentuations, les nuances, la rythmique mélodique, placement du trémolo avec le plectre (richa) etc. Là est la grande "noukba". Peut-on encore débattre de l'utilité du solfège pour transcrire nos musiques, afin de les préserver? C'est l'éternel débat d'arrière garde. MOUATS HAFID, février 2008

Partition Samai Mahour

Partition Samai Mahour
Donnons la peine à déchiffrer cette simple partition et nous constatons aisément les variations maloufiennes qui déforment l'originalité de ce Samai.

Partition samai chad arabene 01

Partition samai chad arabene 01

02

02

03

03
Dans cette partition nous remarquons les MI demi bémol (quart de ton) et le SI demi bémol dans la partie mesure sarabande à 3/8, que la plus part de nos musiciens occultent naïvement, afin de les substituer ordinairement par des MI bémol et le SI bémol.

Visionner deux clips vidéos pour Samai "Mahour et chad arabene"

Andaloussiya et feu Amirache de Constantine:
...................... L'urgence de transcrire nos musiques classiques : Cet article je l'ai rédigé suite à un débat sur TV "Canal Algérie" du 01 Mars 2009, où la chanteuse de la Sanaâ Bhaidja Rahal en compagnie de M Saâdane Benbaâli, spécialiste en littérature avaient donné leurs points de vues sur la transcription musicale de nos musiques classiques, dites "savantes". Là, je pense que le terme "savante" est controversé et mal approprié, je ne vois pas l'érudition dans cette musique. Le musicologue Français Jules Rouanet nous a réellement induits en erreur. Pour la chanteuse battante et très active, une grande partie de notre patrimoine lyrique est déjà sauvegardé grâce aux enregistrements sur CD numérique qu'elle a réalisé, elle et d'autres interprètes. Déduction : " la transcription est inutile, il n’y a pas lieu de s'alarmer ou de débattre la question ". Désormais les enregistrements sont donc une référence qu'il faut prendre en considération. Ces propos que j'estime hâtifs ne sont pas tout à fait fondés. Admettant que cela est bien vu de sa part, alors pourquoi toutes ces nuances décalées entre les interprètes sur une même chanson d'un mouvement de la nouba par exemple ? Si j'étais présent dans cet important débat, j'axerais mon intervention sur trois questions que j'estime fondamentales : 1- Y a-t-il urgence à transcrire sur partition notre patrimoine andalous ? 2- Mettre notre patrimoine sur partition par qui et pour qui ? Le solfège contemporain a-t-il tous les outils ou les signes conventionnels nécessaires pour refléter fidèlement l'âme et les sensations véhiculées par la poésie ? A la première question, je répondrais par l'affirmatif. Transcrire une chanson ou une musique ce n'est pas seulement la sauvegarder définitivement, mais aussi la préserver de la libre interprétation préjudiciable à l'authenticité. Un exemple concret: la polémique dans le milieu de la "sanaâ" sur le Btaihi Mezmoum " Eteni Rassoul" que B'haidja Rahal a inséré sournoisement dans son CD de la nouba Mezmoum. Est-t-il un B'taihi juste, d'une longue durée de 17 minutes, un Derdj ou un Mçeder ? Pour la deuxième question, Il est souhaitable que celui qui transcrit ait la double formation. Pour la simple raison qu'il appréhende mieux la chose. Il a la connaissance de la tradition et de l'art de l'écriture du solfège. Nous savons que les associations versées dans la musique dite andalouse (ou andalous maghrébine) ont une formation orale, archaïsante, transmise par des cheikhs ou par leurs disciples. Maintenant s'il fallait changer de méthodes d'initiation à l'andalous par la notation musicale, il faut que nos associations optent pour l'enseignement rigoureux du solfège afin de ne pas s'attarder à apprendre aux disciples une touchiya (ouverture instrumentale) durant trois longs Mois. Alors qu'avec une partition on peut faire le raccourci et la maîtriser en une seule séance de répétition. Reste à savoir si devant une partition, l'interprétation ou le déchiffrage seront-ils fidèles à l'héritage légué par les chouyoukhs ou par les enregistrements de B'haidja Rahal ? Ceci me ramène à la troisième question, le solfège actuel nous donne t-il tous les outils pour transcrire nos ornements (khanets), notre façon de vibrer sur les cordes avec le plectre (Richa) par monté et descente ou par triolets, ainsi que par l'expression de nos propres émotions. Faut-il réinventer d'autres signes pour exprimer tout se qu'on ressent réellement comme sensation et noblesse dans l'âme ? Je dis cela en connaissance de cause. Lorsque je donne un bachraf ou une touchiya à mes deux enfants Afif (16 ans) et Youcef (13 ans) pour les déchiffrer sur partition, ils seront exécutés d'une manière mécanique et sans expression. Dans les partitions que je transcris ou je puise chez certains transcripteurs qui font des tentatives (comme celles de M Toualbiya Youcef du groupe Yafil), il n'y a point de nuances exprimées par des signes conventionnels. Mais ma culture auditive et pratique me dicte à placer exactement les accentuations, les nuances et les caractères d'instincts comme tous les musiciens traditionalistes. Là est la différence entre celui qui lit la musique sans culture orale et pratique et celui qui longtemps, avait acquis des techniques vocales et instrumentales par la fréquentation des associations, des forums et les participations aux bénéfiques festivals sur la musique andalouse. Ceux qui ont toujours des réticences et de l'animosité pour la transcription de notre patrimoine musical sont dans le tort et dans l'inconscience. Ils se sentent peut être dépassés par une démarche scientifique et pédagogique qui préserve pour toujours nos musiques. Ou bien ils ignorent l'excellent travail réalisé voila longtemps déjà par nos voisins Marocains, Tunisiens et toutes les autres cultures dont la connaissance est l'élément fondamental qui fait la différence entre civilisation et décadence. Mouats Hafid, Mars 2009
........................... Si j'étais Ministre (de la musique): Un jour, à moitié endormi, tout en rêvant je me suis permis de m’introduire dans un jeu où j’estimais être apte à émettre de valables idées en pratique. Une question m’est venue soudainement : « Et si je suis nommé Ministre ? » (Peut être un ministre extraordinaire ?). Chargé de mettre un plan (genre plan Marschal, ou plan décennale) pour faire avancer l’art musical dans mon pays, qui non seulement stagne et régresse, mais se clochardise de plus en plus. Je penserais d’abord à exiger des responsables qui m’ont fait confiance, d’avoir le plein pouvoir et les moyens (qui existent heureusement) pour mettre en place une dynamique et une stratégie (pour ne pas dire une politique) afin de rentrer de plein pieds dans le concert des nations qui ont instauré voila bien longtemps la rigueur, le sérieux dans les choix et dans les objectifs de durabilité. Critères que semblent omettre nos institutions chargées de la culture. Après avoir reçu l’aval des hauts responsables du pays qui trouveront mes idées réalisables et promoteurs, j’entamerai ma démarche avec le rassemblement des hommes et des femmes capables de m’épauler dans mon pari fou, mais réaliste. Cela, autour d’une énorme structure pédagogique au niveau du ministère, composée de scientifiques qui ont fait leurs preuves par des publications où des travaux utiles à la musique et au patrimoine lyrique. Elle sera renforcée par des spécialistes étrangers, afin de comparer les méthodes, tout en introduisant des éléments succincts, propres à notre culture. Le tout, dans une standardisation en conformité avec les normes internationales. Cette structure sera chargée d’élaborer un plan d’action adopté à la spécificité de différentes écoles de formation, comme les conservatoires, les instituts, l’enseignement avec tous ses cycles, les maisons de jeunes, les maisons de culture, les associations et autres ateliers de musique agrées, publics ou privés. Le second apport à qui je fais appel émane des musiciens traditionalistes issus des associations ou musiciens indépendants. Ils auront la délicate tâche avec les scientifiques de faire l’état des lieux, le recensement et le classement du patrimoine existant, en procédant à la sauvegarde du lègue des anciens, encore en notre possession, par la récupération d’un maximum de documents (sonores, imageries, manuscrits, biographies et témoignages, etc.) Et enfin, la numérisation de tout ce magma d’informations avec des supports d’informatiques, fiables et durables. Pour la classification et la sauvegarde définitive de nos musiques (traditionnelles ou autres) il est impératif de transcrire sur partition notre héritage classique ou innové. Là, un tri sera effectué pour cibler ce qui est évident, récupérable ou valable. Je mettrais fin au débat d’arrière garde et stérile entre conservateurs et réformateurs sur ce sujet. Un compromis juste et raisonnable sera trouvé pour parer aux susceptibilités des uns et des autres, sur les questions subtiles, d’altération de style ou de tel ou tel genre de musique. Nous sommes presque les seuls au monde à négliger la notation musicale et la rigueur dans sa pratique. Maintenant, celui qui ne se reconnaît pas dans une démarche scientifique, technique et rationnelle, il se résigne à se mettre en spectateur et n’entrave pas ceux qui veulent aller de l’avant, pour l’avenir de nos enfants et nos arts. Après tout un travail colossal qui nécessite avant tout des compétences, il faut mettre les moyens matériels, pédagogiques et juridiques pour la concrétisation des actions retenues par la structure technique citée plus haut. Les contribuables sont : Le ministère de la culture qui élaborera les statuts des écoles, les publications de manuels et les répertoires classiques ou autres, ainsi que la production des supports pour la sauvegarde des documents sous formes de fichiers numériques. Le ministère de l’éducation donnera les outils juridiques pour avaliser les diplômes et attestations des élèves formés et pour l’encadrement pédagogique. Le ministère de la jeunesse et des sports contribuera par une aide financière, matérielle et aussi par la permission d’utilisation des infrastructures (Maison de jeunes, auberges, camps de colonies, centres aéré et autres) Le ministère de l’intérieur avec les Domaines et autres organismes fonciers dégageront des locaux et des infrastructures pour la pratique musicale, pour sa promotion et son épanouissement. Là je pense notamment aux salles de spectacles ou les théâtres encore gérés par les municipalités. Les grandes sociétés privées ou publiques comme la SONATRACH par exemple, peuvent financer leurs propres écoles de musique, tout en oeuvrant dans ce même cadre. Le dernier contribuable et qui est le plus important, c’est l’état lui-même. C'est-à-dire au plus haut niveau, une importance particulière sera donnée à cet art qui apportera beaucoup à la société dans sa stabilité et son développement culturel. Bien sûr, sans omettre les autres arts. L’état avec ses gros moyens, construira (ou reconvertira des bâtisses) des conservatoires pour chaque Wilaya, où des structures annexes seront installées dans l’ensemble des Dairas, cela, afin de vulgariser la pratique musicale par une réelle démocratisation et par l’accès facile aux arts dans les coins les plus reculés du pays. Une autre action que l’état devrait prendre en charge, c’est la dotation pour les écoles de musiques en outils pédagogiques, comme les instruments de musique. Il est clair que notre pays n’a jamais investi pour une manufacture des instruments. Déjà, la lutherie n’est nulle part enseignée, sauf, sans intérêt et sans répercussion, à l’Institut National Supérieur de la Musique. Pourtant, Il existe des artisans luthiers qui fabriquent des instruments acoustiques (mandole, mandoline, luth et ses dérivés la kouitra et le oud arbi etc.) mais n’arrivent pas à satisfaire la demande. L’état peut subventionner ces artisans, ou leur donner des locaux afin qu’ils transmettent leur savoir faire aux jeunes. Le ministère de la formation professionnelle peut créer des classes de lutherie dans ses centres de formation avec le concours des luthiers avérés. Les résultats de toutes ces actions seront palpables immédiatement, avec la résorption du flux d’élèves exclus de différents cycles de l’enseignement, résorption d’une partie du chômage des jeunes, puisque les élèves ou stagiaires formés trouveront normalement des emplois dans de futures conservatoires, des centres culturels, des maisons de jeunes et dans les établissements scolaires où l’enseignement de la musique sera généralisée. D’autres débouchés seront à l’horizon, comme la promotion, la publication et l’édition des produits musicaux. Dans peu de temps, j’ai la conviction que les fruits de ce plan qui sera enrichi par l’équipe compétente, seront recueillis et procureront du baume dans les cœurs et la joie s’emparera aussitôt de nos foyers. J’estime que sans un travail en profondeur et durable, notre pays traînera pour longtemps dans le sillage de ceux qui ne décollent jamais. N’est-il pas désolant de constater amèrement que l’immense majorité de nos musiciens et chanteurs ignorent totalement les rudiments de la musique. Je me demande comment certains de nos représentants (certains pros…) qui partent à l’étranger pour des galas arrivent-ils à expliquer et présenter dignement notre musique, avec son histoire et sa théorie. Une preuve tangible pour évaluer une réussite certaine, c’est dans l’émission de télé-réalité « Elhane oua chabab ». Avec des moyens conséquents, un encadrement compétent et un travail quotidien intense, des élèves se surpassent et étonnent de jour en jour par leur progression éblouissante. Je ne pense pas que c’est le modèle idéal qu’il faut suivre, mais les résultas sont là. Il est minuit et sur cette dernière phrase, je plonge dans un profond sommeil. Rassuré, apaisé et serein. Demain le jour sera meilleur, inchallah. Le lendemain, en me réveillant, j’ai tout de suite rédigé mon rêve, pour le partager avec mes amis internautes (Algériens), qui espèrent comme moi que les choses bougeront et s’orienteront dans le bon sens. Faites moi, partager vos rêves les amis. Mouats Hafid, janvier 2009

Ministres attentifs à mes suggestions.

Ministres attentifs à mes suggestions.
Ici dans cette photo, je suis avec trois ministres (là, je ne rêve pas), c’était le 26/12/2005, à la foire (ONAFEX) d’Alger où j’ai exposé des instruments de musique. Je leur parlais de l’utilité de la fabrication des instruments de musique dans notre pays. Aussi de l’ouverture des classes au niveau de la formation professionnelle pour initier des stagiaires à la lutherie. L’un des ministres séduit par mes suggestions m’a tout de suite mis en contacte avec un Directeur de la formation professionnelle d’Alger qui était avec la délégation. Voici ce que m’a dit ce Monsieur : Vous avez un problème Monsieur ? Je réponds: Non Monsieur, mais j’ai posé des questions aux ministres afin d’investir dans la fabrication des instruments de musique et aussi pour créer des classes de lutherie. Il me répond sèchement et sournoisement: Bon ! Je reviendrai plus tard. Effectivement, il est revenu à la clôture de la foire, mais pour brader une de mes guitares à un prix rocambolesque pour son fiston. Ma réponse a été évidemment aussi brutale que la sienne.
................... Pèlerinage culturel: Semaine culturelle de Skikda à Mascara du 8 au 12 Novembre 2008. Enfin, de vrais échanges culturels entre les régions du pays sont concrétisés en cette fin d’année. Cela vient après les mémorables semaines culturelles à l’étranger, instituées dans les années soixante dix et quatre vingt, années de « l’unité de pensées ». Puis les jumelages de certaines villes du pays avec des villes Européennes. En passant par l’année Algérienne en France et les invitations des chanteurs stars de tous les horizons, la culture populaire de l’Algérie profonde a été longtemps mise en veilleuse. Ce qui était sensé représentant l’âme du pays, cela se résume à vrai dire en l’étalage à l’étranger d’une culture officielle d’élite, se tramant autour de la lourde institution de la radio et Télévision et dans les salons du ministère de la culture. Le génie populaire, les cultures du terroir où chaque région, chaque district avec sa culture, ses us et ses coutumes se sont vus disqualifier par une frange de décideurs, jugés non représentatifs où confinés au statut de culture du folklore. Donc, une forme d’authenticité, en gestation permanente émanant de l’Algérie profonde a toujours était éclipsée par ce que je qualifie d’hégémonies des « métropoles culturelles » Je m’explique : Au temps des Deys, l’Algérie était divisée en gouvernorat d’Oran, d’Alger et de Constantine. La France coloniale avait suivi ce découpage tout en créant des départements englobants des territoires immenses pour chaque département. L’Algérie indépendante avait reformé pour élargir la gestion à d’autres régions dans le cadre de l’équilibre régional. Mais, dans les mentalités et les réflexes du passée rien n’a changé car on continu à mettre devant ces découpages fictifs et fédérés d’autrefois en ressortant toujours le scénario de « capitale de l’Est, capitale de l’Ouest, capitale des Zibans, des Aures etc. » Par cette analogie mentale, on a créé des métropoles culturelles : Télévision régionale, bibliothèque régionale, fédération régionale, institut régional, université régionale etc. Dans ce système là, des villes (ou des capitales administratives imaginaires) se sont accaparées des moyens de production et des institutions culturelles pour pratiquer un favoritisme destructeur et monopoliste au détriment des sous régions (petites villes). D’autres régions se sont distinguées par la force des choses grâce à leur entêtement à se faire une place pour s’imposer dans ce champ culturel longtemps verrouillé. Il s’agit des cultures des Aures, de la Kabylie et des rares exotiques régions du sud pour leur attrait touristique, comme les peintures du Tassili. Mais en vain, puisque les contraintes sont toujours en place et la politique de centralisation fait des ravages. Avec ce nouveau genre d’échange non sélectif et sans barrières, enfin, j’ai pu faire connaissance avec des élites populaires, des artistes et des anonymes de l’Algérie profonde. A Mascara où j’ai participé à une semaine culturelle, j’ai redécouvert l’histoire de l’Algérie moderne à travers le fondateur de l’Etat Algérien, l’Emir Abdelkader. J’ai su pour la première fois que Mascara avait abrité le siège du Dey lors de l’occupation Espagnole de la ville d’Oran. Et que ce siège était reconverti en « maison de la justice » de l’Emirat d’Abdelkader. Que ce dernier avait une « maison de commandement ». Qu’il y a eu deux allégeances pour l’Emir. L’une à « Gh’ris » sous un arbre légendaire qui existe toujours et la deuxième à Mascara dans la Mosquée (voir les photos). J’ai visité aussi la célèbre S’mala (ou Z’mala), véritable base stratégique des garnisons de Moudjahiddines pour s’entraîner, se reposer et préparer les grandes batailles contre l’ennemi. Sans ce pèlerinage culturel, je n’aurai jamais découvert l’existence de tels repères historiques. Sans ce voyage exceptionnel, je ne saurais comment rencontrer dans un cadre bien déterminé l’autre Emir de Mascara, le légendaire Lakhdar Belloumi, avec qui j’ai conversé et pris des photos. Dans ce périple, j’ai fait connaissance avec deux associations musicales à qui j’ai rendu visite de courtoisie, afin de leur exprimer mon admiration pour le travail accompli dans la divulgation et la promotion de la musique classique Algérienne, dans une ville où ironiquement réputée pour sa culture de la pomme de terre. Comment ne pas être admiratif devant les disciples de la « Rachidiya » (crée en 2001) et M Kaddour, maître de cette jeune formation qui, en 2007 avait obtenu deux prix au niveau national. L’un à Constantine lors du festival National du Malouf et l’autre à Alger (au palais de la culture) dans le cadre du festival National de la musique classique, genre Sanaâ. N’est –il pas un exploit de gagner un concours dans la citadelle du malouf (Constantine) ? Ou dans le fief de la sanaâ à Alger (une autre capitale des capitales) ? On voit bien qu’à travers ce bel exemple, que les énergies et les compétences se trouvent aussi dans l’arrière fond de l’Algérie profonde. Ce n’est pas hasard si les critiques les plus virulentes sur ces deux performances sont d’Alger et de Constantine villes qui avaient longtemps cultivé les hégémonies et les monopoles sur notre vie culturelle. J’ai rendu visite aussi à l’autre association musicale « El Maghdiriya » (crée en 2003) sous la conduite de son maestro M Boudjelal qui nous a montré la belle facette de ses jeunots, où en un temps record avaient montré de bonnes prédispositions pour la pratique musicale de la musique Andalouse. Comme la « Rachidiya », cette association s’est fixée un point de départ d’exceller dans la musique sanaâ d’Alger. Mais elle voyage aussi musicalement à travers les autres écoles, comme le malouf et le gharnati. Voici une preuve supplémentaire que la musique dite andalouse avait gagnée les cœurs de tous les Algériens, de Biskra, à Skikda en passant par Jijel, Tizi Ouzou et en s’extrapolant à Mascara, à Souguer et dans les coins les plus reculés du pays. Merci au regretté Aboudali Safid (originaire de Mascara, 1er initiateur des festivals après l’indépendance) qui déjà en 1945 avait jeté les bases de ce que devrait être l’Algérie en matière de pratique musicale dans cette grande mosaïque, avec la création des orchestres de différents genres au niveau de la radio d’Alger, et que nos voisins marocains l’avaient sollicité pour qu’il refasse le même concept très réussi chez eux. L’idée, même tardive de faire ce type d’échanges sans précédents entres les wilaya du pays est plus que salutaires. Pour la simple raison d’en finir avec le monopole dont ont souffert les petites villes comme Skikda, Guelma, souk Ahras, Bejaia, Jijel et d’autres villes à l’Est. Tlemcen, Mostaganem, Mascara, Tiaret, Saida et d’autres à l’Ouest. Comme les villes du centre à l’image de Blida, Médéa, Tizi Ouzou etc. A travers ce flux de pèlerinages, l’Algérien percevra mieux les us et les coutumes de son frère des autres régions et saura découvrir les talents et les énergies qui grouillent ailleurs aussi. Sans cela, une certaine Algérie machiavélique et non représentative de la vraie culture du pays sera la carte postale maquillée et le paravent affiché pour le reste du monde. Les diplomates de l’UNESCO avaient longtemps compris l’enjeu en encouragent les pays émergeants comme l’Algérie à enregistrer et promouvoir les arts non matériels des peuples. Ceci afin de les préserver de l’arrogance et de l’oppression des pouvoirs. La culture officielle ou de l’élite est l’apanage des monarchies ou des dictatures, que l’Algérie pourrait bannir à jamais, afin de rentrer dans le concert des grandes nations, avec ses vraies valeurs et sa vraie culture populaire. La noblesse est dans l’âme de notre peuple et non dans des nostalgiques noblesses perdues. Un petit bémol dans tout ce constat, c’est le manque de préparation de nos administrations (à travers d’autres Wilya aussi, puisque j’au eu écho des mêmes anomalies) à ces grands changements. Les moyens matériels ne manquent pas, les structures aussi, mais l’organisation et le savoir faire font cruellement défaut pour la réussite totale de ces échanges. Jugez-en vous-même : Absence du grand public à la maison de la culture « Abou Ras Ennaçiri » lors de l’inauguration et la clôture de cette semaine. Déprogrammation de dernières minutes pour certains galas et représentations théâtrales, le peu d’impact sur la population de Mascara, peu de visites pour notre délégation aux repères historiques et contemporains de la région. Improvisation, vide et temps inexploités pour en profiter le maximum durant le séjour. Enfin, la non présence des élus locaux et des autorités se sont fait sentir. Exceptionnellement, le wali avait assisté à l’ouverture mais sans rester jusqu’à la finale protocolaire. A croire que les élus ne s’intéressent qu’à la politique politicienne où la culture est la dernière roue de secours qu’ils montent lors des élections, des célébrations, des collations et des festins pour chauffer les électeurs. Bon, ce n’est qu’un début et en attendant mieux, vive la culture populaire et les échanges inter-wilaya. Mouats Hafid, Novembre 2008

Mascara 01

Mascara 01
La maison de la justice de l’Emit d’Abdelkader ; l’association el fen wel assala de Skikda devant la battisse qui fut le siège du dey d’Oran à Mascara ; L’emblème de l’Emirat ; La maison du commandement de l’Emir ; Le Burnous de l’Emir ramené de Syrie ; Un document manuscrit de la mahkama de l’Emirat.

Mascara 02

Mascara 02
Des figurines représentant l’allégeance à L’Emir Abdelkader le 2 novembre 1832 ; Le monument en l’honneur à l’Emir où a eu lieu la 1ère allégeance de Gh’ris ; M Daiboune L’artisan de Collo qui a cueilli un arbrisseau de l’arbre de la moubayaâ ( allégeance) pour la réimplanter dans sa ville ; Devant la mosquée de Mascara où a eu lieu la 2ème Mouabayaâ ; La troupe folklorique de Azzaba /Skikda devant une fresque dans le même lieu ; Les musiciens devant l’arbre de la Moubayaâ ; panneau du site commémoratif.

Mascara 03

Mascara 03
Le porterait de l’Emir (il existe une multitude de models, qui parfois bizarrement ne se ressemblent pas) ; La statut de L’Emir cavalier (cette statut était à la place Emir Abdelkader d’Alger) ; L’auteur du bloc avec le barnous de l’Emir (L’Emir n’était pas haut par sa taille, il mesurait 1m 68 cm, mais, il a une carrure robuste, selon les biographes) ; Ici je suis sous l’arbre (dardara) de la moubayaâ.

Mascara 04

Mascara 04
Des membres de la délégation de Skikda, devant le portail de la S’mala de l’Emir (la S’mala ou Z’mala était le campement de l’armée de l’Emir); la troupe folklorique de Azzaba/ Skikda dans le site de la Z’mala ; Monument à la mémoire de l’Emir, érigé après la seconde guerre mondiale par la France Coloniale, pour service rendu à la France lors de cette guerre par les Algériens mort aux combats contre les nazis. Et aussi en hommage au combat de l’Emir (Scandaleux, chimère et poudre aux yeux, puisque ceux qui avaient inauguré cette stèle avec les colons étaient des colabos de la France, issus des tributs qui avaient trahi l’ Emir) ; membres de la délégation de Skikda devant une fresque représentant le campement de l’Emir.

Mascara 05

Mascara 05
Une Eglise sauvegardée et recyclée en bibliothèque. Ici, Dieu a retrouvé sa demeure. Bénédiction aux lecteurs et aux décideurs qui avaient préservé ce sanctuaire. Ce n’est pas le cas dans ma ville Skikda où un chef d’œuvre (l’Eglise) fût démoli par la bêtise humaine (sans commentaire).

Mascara 06

Mascara 06
L’association « El Maghdiriya » de Mascara : Cheikh Boudjelal avec son luth ; l’ensemble lors d’un concert; l’auteur du blog M Mouats Hafid au milieu des jeunes musiciens dans leur local; deux violonistes très intéressées par la technique du vibrato et du démanché, qui pour l’occasion, l’auteur du blog leur enseignait non sans difficultés, car se sont deux exercices délicats et tellement utiles que l’instrumentiste doit maîtriser.

Mascara 07

Mascara 07
L’association « Erachidiya » de Mascara. M Kaddour Bensafir recevant des mains de Mme la ministre le premier prix du festival national de la sanaâ ; L’auteur du blog au local de l’association avec cheikh Kadour Bensafir ; L’association « el fen wel assala » de Skikda avec quelques membres de la Errachidiya, dont M Bensafir et de la Maghdiriya.

Mascara 08

Mascara 08
10 Les membres de l’association el fen wel assala devant la maison de la culture « Ebi Ras Ennaçiri » de Mascara ; Stands des artisants ; la salle de spectacle de la maison de la culture, presque vide par manque de publique, l’un des ratages de cette semaine culturelle.

Mascara 09

Mascara 09
L’auteur du blog M Mouats Hafid, à la rencontre de deux Emirs de Mascara.Une poignée de main avec le héros de l'Espagne 1982; Avec le Barbous de l'Emir; sous le portrait de l'Emir au salon de la maison de la culture.

Abou Ras Ennaçiri

Abou Ras Ennaçiri
planche biographique d' Abou Ras Annaçiri
Ma rencontre avec Lakhdar Belloumi : En se dirigeant vers Mascara pour la semaine culturelle, j’avais envisagé de redécouvrir l’Emir Abdelkader et rencontrer le Footballeur de charme qui nous a tant donné de joie et de fierté lors des matchs internationaux. Choses faite, et je suis très comblé car mes voeux ont été exaucés. Quand deux artistes se rencontrent, de quoi parlent- ils ? Bien sûr de leurs arts respectifs. Après lui avoir affiché ma vocation de musicien qui adore le foot, et après une séance photo où le célèbre footballeur était plus que sollicité par mes amis de Skikda, l’envie m’avait gagné de le prendre en aparté et lui faire une interview pour mon Blog. Il accepta volontairement de se prêter au jeu des questions – réponses. - Comment allez- vous Lakhdar ? (Je me suis permis de l’appeler par son prénom) LB : Elhamdoulilah, ça va. - Que devient notre star ? LB : Je suis au Galia comme manager général, (hum ! Je m’excuse Lakhdar, en ce moment je suis déconnecté du foot, rire), Je suis aussi sollicité un peu partout pour donner des conseils, aider le mouvement sportif national à s’épanouir, je répond à des invitations etc. - Vous vous souvenez du match JSMSKIKDA / MPOran (1987) où vous avez marqué le but de la victoire de votre club ? LB : et comment ! Puisque j’ai été longuement applaudi par les supporters de Skikda, chose inouïe ce jour là. - L’affaire de l’Egypte, ou en est – elle ? (Là, Lakhdar avait poussé un soupir et levé ses sourcils, alors j’ai compris que cette affaire l’avait bien marqué, peut être plus que l’agression à Benghazi où il était sorti sur une civière). LB : ce qui m’a le plus désolé c’est la peine que j'ai causé à mes enfants. (Moi, je n’ai pas bien saisi le sens de cette phrase) Puis il enchaîne : et oui, puisque je ne peux pas encore sortir à l’étranger, donc, je prive mes enfants de découvrir d’autres pays à cause de cette affaire. A mon étonnement, je lui ai posé la question : - mais, je croyais que cette affaire était close ? LB : Non, puisque le dossier est toujours ouvert au niveau de la justice de ce pays frère (...) - Et les hautes autorités de notre pays, que font – elles pour intervenir ? LB : (là, Belloumi me montre un visage serein) Inchaallah, dans peu de temps tout sera réglé, il y a du nouveau, et j’ai de l’espoir que cette affaire me réhabilite à jamais car c’est injuste ce qui m’est arrivé. A la fin de mon bref entretien, je lui ai exprimé les amitiés des supporters Skikdis, tout en lui signifiant la reconnaissance de ce public pour le geste qu’il avait fait en assistant au jubilé du regretté : Aissa Draoui, l’autre artiste du ballon. - Longue vie à vous et à votre famille. Merci pour cette belle carrière, ce fair play, cette gentillesse et cette noblesse, digne de l’autre Emir, fondateur de l’état moderne Algérien. C’est avec ses phrases que j’ai pris congé de ce héros national. Salut L’artiste.

Evènement culturel.

Libres propos sur le festival international du malouf de Skikda du 20 au 27 juillet 2007. Entendu, vu et déclamé. Lorsque j’ai entendu parler d’un festival international du malouf qui sera organisé à Skikda j’étais très ravi. Faisant partie du mouvement associatif musical local, cela signifie qu’une opportunité se présente pour améliorer mes connaissances sur la musique, échanger des expériences, faire encore d’heureuses rencontres, tisser des liens de qualité avec des artistes arabes et étrangers, et enfin la joie de la population Skikdie qui a adopté le malouf déjà dans les années vingt. Ceci est un cadeau bien mérité puisque ma ville a par le passé abrité avec succès des dizaines de fois des manifestations consacrées au malouf uniquement. Je n’ai pas tenu compte des racontars par voie de presse sur les échos venant de Constantine, ville par excellence protectrice et source du patrimoine malouf. Où les gens n’ont pas apprécié du tout la tenue d’un tel festival en dehors de Constantine. Je n’ai pas tenu compte des réflexions vraiment vexatoires émanant de mes amis musiciens de la ville des ponts. Je n’ai pas tenu compte de la rumeur qui circulait à Skikda sur mon éventuelle désignation par le commissaire du festival dans son staff. Je n’ai pas tenu compte non plus de la mésentente ou de l’accro maintes fois étalé par la presse entre un wali et Mme la ministre. Par contre, j’ai bien saisi le sens d’une telle décision très salutaire, oh ! combien intelligente de Mme la Ministre. Je résumerais cela en quelques phrases : Mme la ministre a sa propre vision sur cette question. Aussi, elle a tenu sa parole exprimée aux assises de Tipaza en avril 2005 lors de la création de la FNMCA où j’étais présent et élu membre assesseur dans le bureau national. Son idée est simple mais efficace : Trois grands festivals : un pour le gharnati, un pour la sanaâ et un autre pour le malouf. Mais… pas forcément domiciliés dans les métropoles de la musique classique qui sont Tlemcen, Alger et Constantine. L’idée est de faire profiter les autres villes qui ont adopté récemment le malouf à l’image de Mascara et Miliana, de Skikda et Annaba qui ont adopté la Sanaâ d’Alger, de la petite El koléa qui a hissé le niveau par son excellent travail de profondeur ou de Jijel qui a adopté le Gharnati voilà déjà une trentaine d’années. Bien sûr ! même Bordj Badji Mokhtar peut profiter de cet art, si cette ville affiche un désir réel de promouvoir l’héritage de Zeriab ou d’Ibn El Badja. Je dis cela car un certain révisionnisme s’installe dans des mentalités nostalgiques. Ils veulent peut être que cette musique soit l’apanage d’une castre ou d’une noblesse perdue …? Désormais, le génie populaire s’est emparé de cet art, et cela juste après le festival historique de 1967. Merci à nos politiques de cette époque, à leurs têtes, feu Houari Boumediene et un certain Feu Abou Dali Safir. A quelques jours du lever des rideaux du théâtre lieux des prestations, rien n’indiquait qu’un imminent événement allait se passer à Skikda. Plusieurs fois je me suis rapproché de la Direction de la culture de notre wilaya, mais sans obtenir la moindre information sur les préparatifs. Pas de bande d’annonce à la télévision. Le programme n’était pas finalisé car beaucoup de monde prétendait que sa troupe était retenue pour faire sa nouba. Les cachets se négociaient jusqu’au dernier instant, c’est à dire à quelques minutes du show. Le commissaire du festival très collé à son téléphone semblait ne pas avoir un bureau pour coordonner avec Alger et ses collaborateurs ? A croire qu’il est seul à faire tout : Les affiches, les dépliants, les billets d’avions, les contacts avec l’étranger etc.… A propos des collaborateurs ou staff ; au premier jour du festival j’ai vu au luxueux hôtel « Es Salem » lieu d hébergement de tous les festivaliers, beaucoup de gens faisant partie de l’organisation, que je connais bien et qui n’ont apparemment pas de tâches bien définies. Ce sont les invités ou vacanciers pris en charge ? Les jours passent et d’autres personnes arrivent et profitent de la fraîcheur de l’hôtel et du théâtre confortablement climatisé pour l’occasion. On invite qui on veut et n’importe qui sans se soucier de l’argent du contribuable. Et dans tout cela aucune compétence de ma ville ( là je fais allusion au mouvement associatif musical dont je fais partie ) n’a été sollicitée pour contribuer à ce grand forum sur le malouf. Pire encore, les associations Skikdies qui excellent dans le malouf et la sanaâ n’ont même pas étaient invitées à se produire chez eux aux plaisirs et à la fierté de la population Skikdie. Enfin arrive le jour « J » les rideaux se lèvent et la musique commence. A la lecture du dépliant distribué aux spectateurs, un riche programme s’affiche sous nos yeux. Galas, Conférences et masters class (belle terminologie qui ne figure pas dans le lexique de la musique classique algérienne) Riche programme dites-vous ? Quelle illusion ! Voilà ce qui a été réalisé de ce programme : De l’improvisation à outrance ! Jugez -en vous-même : Décalage dans le programme, puisque la privilégiée el Andaloussia de Constantine prévue dans le programme à la clôture s’est produite le troisième jour.( une partie de ses membres avait séjourné à l’hôtel durant toute la semaine) ; l’orchestre National (ou régional) de la musique classique Algérienne programmé uniquement pour l’ouverture s’est produit une deuxième fois à la clôture avec le même programme et devant le même public ; une excellente troupe chaâbie déléguée par Annaba au festival, au lieu d’une formation représentant le malouf Annabi ; des troupes qui ramènent leurs classes d’initiation.au lieu de leur élite ; des troupes encore privilégiées invitées et qui ne jouent pas le malouf mais plutôt la sanaâ Donc il n’y a pas eu au préalable des exigences et des critères de sélections sérieuses. Pourquoi alors n’a- t’on- pas invité tes troupes de l’ouest versées dans le gharnati ? Des masters class ( atelier de formation ? ) qui sautent faute de formateurs et de public non informé des changements de dernières minutes. Un seul master class parrainé par le très habile Turc « Halil Karaduman » a été bénéfique pour le peu d’adeptes de « qanoun » qui se trouvaient par hasard à l’hôtel. Une autre séance improvisée tard dans la nuit après l’une des soirées où exclusivement une troupe nantie fut invitée. Mais aucun élément de cette troupe malouf n’a daigné y assister, laissant le généreux Turc attendre très tardivement seul avec son instrument. Des conférences … ? Je n’y ai assisté qu’à une seule. Son thème n’avait aucun lien avec le festival. Oui, il est aussi « culturel » ce festival me dit-on. Mais, pourquoi alors avoir annulé celles de Mr R.Guerbas de l’O.N.M.C.A, de M Koudja de l’institut supérieur du malouf de Tunis, du Dr Saadaoui de Miliana, de Mr Edouardo d’Espagne, de l’auteur du remarquable ouvrage sur le malouf Madame le Dr Maya Saâdani, du Libyen Mr Essabaâyi et Mr Med Abderezak ? Chaque jour à partir de quinze heures, je pointe au théâtre avec quelques musiciens locaux et aussi des participants étrangers hôtes du festival, pour suivre la conférence programmée et annoncée par microphone à la fin de chaque soirée.. Hélas ! rien de tout cela, même pas des excuses. Ce n’est que vers dix-huit heures de tous les jours que les organisateurs arrivent enfin, mais, pour veiller à la balance sonore des troupes étrangères Quel gâchis et quel mépris envers le public. En plus c’est une mauvaise image pour le pays. Oui ! il y a du positif dans ce festival. A commencer par le petit aménagement au théâtre. Comme l’équipement neuf des loges des artistes qui n’ont pas été rénovées depuis l’indépendance du pays. L’indispensable climatisation dans les coulisses et dans la salle de spectacles, et aussi le retour du public au théâtre qui a longuement ovationné toutes les troupes, malgré le peu de popularité de notre musique classique, surtout auprès des jeunes. Que dire de la clôture du festival : mise en scène quasiment nulle, un mauvais timing entre les différentes prestations, un discours de clôture sans saveur et plein de « tachakourat » et une bavure envers le très jeune quatuor de Skikda qui a failli ne pas se produire car la décision a été prise de le faire jouer devant le public sans microphone, comme c’était le cas lors de l’ouverture. Et pour enfoncer le clou, au moment de la prestation du quatuor les caméras de la station régionale de Constantine ont été rabaissées et éteintes, donc les enfants qui ont tant répété le difficile « samai r’haoui » se trouvent frustrés à l’image de leurs parents présents dans la salle. Enfin, tirons les conclusions de cette première expérience et attendons la prochaine ville candidate qui accueillera cette grande manifestation, qui mérite bien une attention particulière. Donnons plus de pouvoir à la direction de la culture de la wilaya, qui fera participer le mouvement associatif et les citoyens bénévoles, car l’argent appartient aussi au contribuable, et nul n’a le droit de le dépenser au hasard et parfois inutilement. Vive la musique classique Algérienne, ce cordon qui nous lie à une civilisation autrefois riche et prospère. Mouats Hafid ; Membre de l’association El Fenne wel assala Skikda. Email : mafid2003@yahoo.fr

af

af
afiiche du festival international du malouf
................. 2ème édition du festival culturel international du malouf de Skikda. Du 5 au 9 Août 2008.Au Théâtre municipal: Sous le slogan « le malouf sans frontières ». Pour cette 2eme édition, il semble que l’équipe dirigeante du festival avait plus au moins rectifié certaines anomalies et imperfections constatées lors de la 1ere édition de 2007. Entre autre le respect du programme, la ponctualité dans l’ouverture des rideaux de la scène et l’exploitation rationnelle du temps. Le public de Skikda en plus des vacanciers étaient magnifiques. Le théâtre communal climatisé pour l’occasion s’est avéré exigu pour ce genre de manifestation. Les troupes prestataires luxueusement installées à l’hôtel « Essalem » ne se plaignaient pas du tout. Les étrangers étaient bien accueillis et bien servis. Normal, avec un budget consistant qui permet de couvrir les frais de 80 chambres avec quelques suites. Tout cela est le côté apparent pour le spectateur que je suis. Mais on ne peut cacher le soleil avec un tamis. Il y a des choses vraiment inouïes qui se passent lors de ces journées. Je ne peux les étaler toutes, car je ne suis ni un journaliste, ni un enquêteur, mais simplement un citoyen observateur qui s’exprime sur la chose via le Net. Ce merveilleux outil moderne qui me permet en un clic de toucher les plus éloignés de notre planète et aussi d’éviter la censure, les contraintes et les compromis. Néanmoins, par souci d’honnêteté ou de crédibilité j’applique l’autocensure pour ne pas m’égarer ou faire du tort à autrui. Décidément, il y a des réflexes historiques chez les régisseurs de ce festival qui semblent chez eux génétiquement naturelles. Comme l’exclusion et le mépris. De l’exclusion, parce que les associations de Skikda qui sont versées dans le malouf et la sanaâ n’ont pas encore été invitées à se produire devant leur public, ni à participer à l’organisation comme cela se fait habituellement à Constantine. Le staff est de 100% de cette ville. Loin du chauvinisme et du régionalisme, je pose la question suivante: « Skikda n’a-t-elle pas de compétence en matière de gestion, d’organisation et surtout de pédagogie musicale ? » Le commissaire du festival interpellé par moi et mes amis du milieu musical de ma ville lors de l’édition précédente avait promis de solliciter les associations locales pour y participer. A la limite, ils peuvent être invités au moins aux masters class (des instruments de musique). Hélas ! Rien de tout cela Il continue à faire confiance à un amalgame de musiciens fêtards (âarassa) autoproclamés « orchestre pilote de Skikda» et qui se sont réunis à quelques jours du lever des rideaux pour concocter un programme réchauffé et présenté à la clôture sous la risée des avertis et des mélomanes du malouf. Alors que des élèves du conservatoire et certains musiciens indépendants avaient préparé sur demande de la Direction de la culture de Skikda un programme pour cette occasion, mais évincés à la dernière minute et remplacés par des opportunistes. Du mépris, parce que les villes où le malouf est enraciné sont absentes de l’événement pour la deuxième année consécutive. Surtout Annaba, 2 eme pôle du malouf qui a été représentée l’année dernière par une troupe chaâbi, pour mieux la ridiculiser et la réduire au statut éternel d’outsider. Pourquoi avoir opté pour que les lauréats du festival du malouf organisé quelques jours plutôt soient retenus d’office pour y figurer au programme de ce festival ? Pourquoi à Constantine on continue à dénigrer Skikda à cause de ce festival, que pourtant ma ville n’a pas demandé. Pourquoi Rachid Guerbas de l’ENMA qui fait la pluie et le beau temps en ces moments nous offense par des phrases blessantes à la chaîne 3 genre : « Skikda ne pourra jamais faire l’ombre à Constantine » Si son souhait est de délocaliser le festival et le ramener chez ses amis dans le fief (naturel) qu’il le dise ouvertement et sans détour. Pourquoi avoir éjecté le plus dynamique du staff de 2007 le Dr Saâdaoui de Miliana, initiateur des masters class et contacts avec les troupes étrangères ? Pourquoi un tel huit clos ? Pourquoi dans ces journées de musique ma ville ne profite pas de l’impact culturel et même économique, puisque les transporteurs, les concepteurs de diplômes, d’affiches, de prospectus, d’invitations et les autres commodités sont ramenés de Constantine. Et parait-il même le fleuriste est de là bas (Zut ! de Blida…ville des roses). C’est trop, trop, trop flagrant ! Un peu de pudeur et de respect pour vos voisins qui ont adopté et aimé le malouf voila depuis les années vingt du siècle dernier et non fraîchement installé à Skikda comme l’avait mentionné M le commissaire dans son préambule du dépliant de la 1ère édition de 2007. Je termine mon article en saluant quand même l’heureuse idée sur l’ouverture d’un site web enfin (puisque l’année passée il a été annoncé mais non concrétisé) spécial festival. Mais il est resté muet durant toutes les journées car ne répondant pas aux mails des internautes. Aussi, le bilan du festival 2007 présenté dans ce site a été dopé et ne reflète pas du tout la réalité de ses journées. Bien sûr, je ne vais pas omettre de souligner l’efficacité de la retransmission en direct via le site des conférences et les galas. Il faut s’ouvrir mes frères de Constantine, la musique s’adresse au cœur et à la raison. Elle prône l’amitié et la paix entre les peuples et le votre aussi. Et cela, il faut que certains le sachent et s’écartent du chauvinisme primaire. Vive le malouf et vivement pour la 3ème édition 2009 qui sera inchaallah à Skikda et étalée sur 15 jours (dixit le maire de Skikda, M Ghanai Farhat qui l’a souhaité ardemment dans son allocution à la clôture). Mouats Hafid, musicien, membre de l’association El Fen Wel Assala de Skikda. Le 12 Août 2008

Affiche édition 2008

Affiche édition 2008
Si quelqu’un donne un sens à la photo de cette affiche qu’il me le signale. Peut être que s’est le grand Ziryab ? Le pauvre artiste qui a peint ce magnifique tableau devrait se plaindre car sa signature est dissimulée.
.................. Spoliation d’un festival: 3ème édition / « Le vieux rocher récupère son festival international du malouf. » Tel est le titre d’un article paru dans El Watan du 27 juin 2009, sous la plume de Lamine Benzaoui. Tout de suite après la lecture de cet article j’ai pris mon téléphone pour confirmer cette information auprès des amis sûrs de Constantine. Effectivement, cela a été annoncé en grande pompe en marge du festival du malouf de ce mois de juin 2009 par les organisateurs et le wali en personne. Je n’ai pas été surpris car je l’ai déjà prédit par des écrits sur la toile du NET après les deux éditions de 2007/2008. En 2007, une grande banderole au centre ville de Constantine affichait déjà comme avertissement « Constantine forteresse du malouf ». Donc les gens du vieux rocher n’ont jamais admis que ce festival soit domicilié chez la voisine Skikda qui n’a d’ailleurs jamais demandé une telle faveur, de sorte que des malheurs nous sont tombés sur nos têtes à cause de cette ligne rouge qu’on ne devait jamais franchir. Je n’ai plus le doute maintenant, M Zeroula Med Lamine, natif de cette ville, commissaire du festival a tout fait pour le délocaliser. Par son comportement malveillant, ses manigances, son esprit clanique, il avait enfin réussi à satisfaire les puritains (…) et chauvins des milieux du malouf. Ce qui m’a brouillé l’esprit ce sont les paroles de Madame la ministre de la culture lors de l’assemblée constitutive de la fédération Algérienne de la musique classique tenue en Avril 2006 à Tipaza où j’étais présent. Ce jour-là elle nous a annoncé « la création de trois grands festivals pour le malouf, le gharnati et la sanaâ. » Mais elle avait longuement précisé que « la domiciliation de ces festivals ne sera pas forcément à Tlemcen, Alger ou Constantine, Il faut faire profiter les autres villes. » J’ai fortement applaudi ses belles paroles et encore plus ravi le jour de la domiciliation officielle de ce grand festival à Skikda, ville très éprise par la musique andalouse. Hélas ! On le dit ouvertement à Constantine que le festival de Skikda a été un accident de parcours et une simple représailles de Madame la ministre à l’encontre du wali de Constantine suite à un différend prétendu sur des vestiges Berbères (….) qui devraient être bien sauvegardés. Si cela est vrai ? Alors pourquoi mêler tout une ville en lui donnant un festival puis en le spoliant sans motif et avec dédain en plus. Nous prenons cela en mal car cela est injuste pour l’héroïque ville du 20 Aout 1955. En premier lieu j’en veux aux citoyens de ma ville et aux responsables de la culture à tous les niveaux qui n’ont pas su défendre cet acquis. Skikda avait démontré pourtant qu’elle est à la hauteur d’un tel événement culturel. Ma conclusion est que les anciens réflexes historiques du régionalisme ou sectarisme sont malheureusement toujours omniprésents. Les Ottomans nous ont divisés en trois grands protectorats, la France coloniale nous a constitués en trois grands départements et l’Algérie indépendante populaire et démocratique a inventé sans l’officialiser le concept des capitales de Est, de l’Ouest et du centre. Donc la belle Skikda, la dynamique Arzew, El Oued la perle, Biskra le joyau , Blida la parfumée, Bousaâda la magnifique et Taghit l’enchanteresse auront toujours le statut de sous régions qui ne devraient jamais surpasser leurs métropoles culturelles. Dites le-nous, ou plutôt inscrivons-le constitutionnellement, de cette manière là, tout sera clair. L’Algérie est faite ainsi, on ne peut la faire changer, telle est sa configuration. Nous vous rendons votre festival, c’est votre bien n’est–ce pas ? Skikda continue à aimer le malouf, à le sauvegarder et à le promouvoir. C’est un héritage heureusement de tous les Algériens. Merci aux défunts Houari Boumediene et Aboudali Safir natif de la région de Mascara. Mouats Hafid, musicien de Skikda, le 27/06/2009

Article el watan

Article el watan

Spoliation d’un festival………suite et fin

Juste après la publication de cette dénonciation dans mon blog, dans facebook et après l’avoir envoyée à des amis via les boîtes électroniques, j’ai commencé a avoir du soutien et de la compréhension surtout des gens extérieurs à ma ville. J’ai eu d’autres éléments de réponses et d’autres infos qui me poussent à croire qu’un complot a été tramé en haut lieu pour ramener le festival au bercail (…), ainsi privant les Skikdis de jouir des moments fabuleux, comme les prestations du phénomène joueur de cithare « Hallil Karaduman » le Turc. On m’a rapporté par exemple que le commissaire des deux éditions 2007/2008 n’ y est pour rien dans cette affaire, que c’est au niveau de la Wilaya de Skikda qu’il fallait trouver une réponse à cette délocalisation. On m’a cité des noms très connus dans le milieu de la musique andalouse qui ont contribué à cette intrigue et qui se sont réjouis ouvertement en félicitant certains artistes médiatisés de la ville des ponts pour cette récupération (oh combien précieuse.) D’autres causes m’ont été avancé pour me faire admettre que cela était prévisible mais qui ne méritent pas d’être mentionnés ici car ayant attrait à la politique politicienne que je n’aime y avaler. Désormais, après la jubilation par des youyous et des embrassades lors d’une soirée au dernier festival du malouf de juin 2009, voila maintenant que des déclarations plus que chauvines sont clamées dans les médias par certains chanteurs malouf. Genre « il est honteux qu’un tel festival se déroule en dehors de Constantine ». Normal, le chauvinisme légendaire de nos voisins est très classique envers les « Ouled Sidi Ali El Adib », à l’image de ce néo « malouf » qui berne dans des jalousies, des rivalités et les luttes mesquines entre charognards. De mon point de vue, dans ce feuilleton là, grâce à ma seule plume et mes convictions j’ai réussi à semer le doute dans les esprits de certains caciques qui se surestiment et croient que tout leur est permis lorsqu’ils nagent dans les hautes sphères. Je suis sûr que maintenant ils se surveillent et guettent la moindre critique qui les déstabilise et les empêche de faire des maladresses car des yeux scanneront et des oreilles ouïront. Mais ce qui me désole c’est l’indifférence des gens de la culture (…) de ma ville, à croire que je suis le seul à défendre notre terroir et dire non au dictat de nos voisins. Mais à partir de cet instant je cesserai d’engouffrer ma vanité (mon nif) dans la boue pour ne pas se souiller. Wallahi mes frères ! ça ne vaut pas la peine que je continu à résister, le combat est perdu d’avance, Skikda mon adorée somnole. MOUATS HAFID, le 30/06 2009

Commentaire sur les phrases soulignées en rouge dans cet article.

Ce n’est pas un « retour dans sa ville natale » (Constantine), puisque ce festival est né à Skikda, inscrit par décret Ministériel, (voir présidentiel). Logiquement, il devrait être institué dans cette ville qui a déjà abrité la 1ère édition en 2007 et la 2ème en 2008. De quelle récupération s’agit-il ? Le festival n’a pas été arraché de force aux décideurs d’Alger qui l’avaient fixé dans notre ville. Si les animateurs de ce festival veulent un abri sûr contre l’oubli pour le malouf, ils devraient d’abord respecter l’âme de ce dernier en programmant uniquement les formations qui excellent dans ce genre de musique. Contrairement à Skikda où les Constantinois (le commissaire et son staff) avaient inséré dans le programme des formations qui jouent la « Sanaâ » et même une formation purement « Chaâbi » (le comble, venant de Annaba 2ème citadelle du malouf). Oui, il y aura de l’intérêt pour ce festival, mais il sera un festival de prestige puisque avec la langue de bois on annonce la participation de cent (100) participants, c'est-à-dire une centaine de formations, en moyenne de 10 éléments par troupe, faites le compte. Du jamais vu dans l’historique des festivals. A croire que c’est le PANAF du malouf. Connaissant le milieu du malouf à Constantine, je prédis la grande vadrouille et la bagarre entre les clans pour obtenir les meilleurs strapontins. « Ouf ! Quelle confusion semble dire cette joueuse de luth sur la photo de l’article ». Après les correspondants des journaux de Constantine, voila la prestigieuse agence « Aps » qui tombe dans le délire et avale la taupe.

Affiches du grand festival international de Skikda

Affiches du grand festival international de Skikda
Affiches du festival, 1ère et 2ème édition. Peut être la la 3ème édition aussi...?
............... NOUR-EDDINE SAOUDI, un nom à retenir : Y a –t-il de vrais artistes au bled ? De nos jours, il est facile en Algérie de qualifier un chanteur ou un musicien de « cheikh ou d’artiste » Comme il est de coutume de s’autoproclamer : professeur, musicologue, consultant, compositeur, arrangeur ou je ne sais quoi encore…. ? Il est vrai que jusqu’à une certaine époque (disant à la fin des années quatre-vingts) tout musicien ou chanteur réalisant une petite prouesse musicale se voit décerner titres et honneurs extravagants. Certes, parfois c’est mérité, mais devant l’absence de critère d’évaluation, on spécule sans retenue avec complaisance et mépris envers les vrais artistes. Les chanteurs par exemple sont évalués par les éditeurs d’enregistrements et le public consommateur de produits musicaux dits commerciaux (cassettes, CD). Ce sont eux qui imposent au grand public tel ou tel style sans se soucier de la qualité et des préjudices qu’ils peuvent causer au patrimoine lyrique. Dans le sentier de ma pratique musicale d’amateur, j’ai côtoyé ou connu beaucoup de musiciens et chanteurs à travers le pays. Comme le violoniste Mouhamed Mokhtari avec qui j’ai évolué dans ma ville Skikda, le chanteur Nouri el Koufi que j’ai connu à Alger dans sa jeunesse lors 3ème du festival national de la musique andalouse, le chanteur Ahmed Wahbi que j’ai approché au congrée de l’U.N.A.L.A en 1980, Mouhamed Tahar El Fergani que j’ai rencontré des dizaines de fois et d’autres sommités de la musique Algérienne. Mais, l’un d’eux m’a charmé et épaté plus que les autres et qui mérite bien le titre de : « cheikh » », donc le titre « d’artiste ». Il s’agit de NOUR – EDDINE SAOUDI l’Algérois. C’est avec plaisir que je l’évoque ici et le présente dans mon blog. Je l’ai vu pour la première fois à la fin des années soixante-dix dans un récital à la télévision avec l’orchestre de l’ex RTA dirigé par Mr Mustapha Skandrani. Il avait interprété une nouba à lui seul avec brio, dans une assurance et une maîtrise inégalables pour son très jeune âge. Depuis, je l’ai perdu de vu puisque qu’il ne se produit que rarement à la télévision. Jusqu’à la sortie « el khardja » de sa « bombe » en 2005 avec la nouba « Dziriya » où j’ai redécouvert ce talentueux chanteur à la voix sublime et encore plus mûr qu’avant. Un rempart plus haut que celui de Berlin est tombé, il a osé s’attaquer à un tabou, celui de composer et d’interpréter une nouba dans la pure tradition de la musique andalouse genre sanaâ d’Alger. Tout en choisissant avec habileté ce mode sahli qui ne fait pas partie de la nouba Algérienne Il a su donner une autre dimension à son œuvre par l’introduction d’instruments non usités jusque-là dans la tradition et aussi par une touche bien personnelle avec la manière particulière de jouer ou d’agencer les mélodies. En cherchant dans le Net des informations sur son cursus artistique, j’ai trouvé qu’il est de la lignée des icônes de la sanaâ, celle des Bentefahi, Belhocine, M’hamsadji, Abdelkrim Dali le Tlèmcenien et surtout du maître des maîtres Abderezak Fekhardji. Avec toute cette baraka de cheikhs avérés il fut l’un des meilleurs disciples qui avait obtenu en 1974 le 1er prix du conservatoire d’Alger, où il devient plus tard professeur dans ce même établissement. Il avait rejoint la célèbre association El Fekhardjiya (malheureusement celle- ci n’existe plus), où le cheikh Abderezak avait prédit et recommandé devant l’étonnement de tous, que le jeune SAOUDI assumera la responsabilité de la direction de l’orchestre plus tard après sa mort. De là, peut être était né les rivalités et les jalousies de certains compères qui apparemment le poursuit jusqu’à nos jours (là, je connais quelques péripéties de M Saoudi avec le milieu de la sanaâ). Ensuite il a consacré ses efforts à la fondation d’une autre prestigieuse association qui est la défunte « Essoundoussiya » où il était à la fois son professeur et son chef d’orchestre. Après la gloire avec cette dernière il avait connu l’ingratitude et aussi de malheureuses tribulations. Alors il décide de se retirer du mouvement associatif à qui il avait tant donné, pour se consacrer à la réflexion et à la recherche en vue d’enrichir notre patrimoine de la musique classique algérienne. C’est ainsi qu’il entame une première expérience en 1998 dans le cadre du dialogue entre les cultures au Portugal lors de l’exposition universelle où il s’est produit avec une troupe de musique Fado qui avait fusionnée en parfaite symbiose avec sa troupe, pour le bonheur du public Portugais et Algérois, encourageant cette expérience féconde et qui prône l’amitié et le dialogue entre les cultures du monde. Au début du mois de juillet 2008 il s’est déplacé en Espagne avec sa troupe de musiciens et un ballet de danseurs où il a présenté des tableaux reflétant le plus haut degré de notre culture musicale et chorégraphique. Il a aussi expérimenté à cette même occasion une dilution avec un orchestre Ibérique, histoire de trouver des repères communs entres nos deux peuples qui autrefois leurs destins s’était croisé. Comme il présentera très prochainement une nouvelle nouba inédite que je tairai son intitulée, laissant l’exclusivité au cheikh le soin de promouvoir son œuvre. En tout, j’ai rencontré cet artiste deux fois. En 2006 à Tipaza lors de l’assemblée constitutive de la fédération nationale de la musique andalouse Algérienne. Là, j’ai pu décelé en l’homme une force tranquille et une conviction sans faille sur ce qu’il avait entrepris jusque là dans le domaine de la composition musicale, dans la recherche et la réflexion sur le devenir de notre musique savante, art majeur qui représentera dignement notre pays dans le concert des grandes nations. Notre dernière rencontre remonte au 12 juillet 2008 en marge du festival national de la sanaâ au palais de la culture d’Alger. Le plaisir était partagé, l’échange était fructueux. Comme je l’ai connu la première fois, généreux, disponible et très courtois il l’est toujours. Voila toutes les qualités d’un véritable artiste et aussi, d’un homme de culture et de pensée, puisque M SAOUDI est docteur en géologie et chercheur en préhistoire. Il avait publié plusieurs ouvrages dans son domaine. N’est-il pas aussi de la lignée des grands érudits musulmans comme El kindi, El Farabi ou le poète et philosophe Ibn El Badja qui sont tous musiciens et théoriciens de la musique ? Mouats Hafid, juillet 2008.

En haut à gauche : Nour-Eddine Saoudi au luth, dirigeant l’orchestre « Essandoussiya d’Alger », à droite son portrait, en bas à gauche : rencontre avec l’auteur du blog, à droite : fusion entre son orchestre et une troupe avec une chanteuse de musique Fado au Portugal.

clic sur le lien pour visionner un extrait chant andalous Cheikh Noureddine Saoudi à Mostaghanem

................. MOHAMED SAADAOUI, un autre nom à retenir: Cet homme que je qualifie d’emblée d’artiste formateur fait partie des gens qui font du travail de fond avec conviction et sans tapage médiatique dans son association El Anasser. Un champ de laboratoire test où il avait entamé voila quelques années une unique expérience avec de très jeunes élèves de la ville de Miliana. Le pari était de monter une formation solide, capable de s’immerger dans les musiques qu’il affectionne par esprit d’ouverture vers des cultures qui ont une certaine similitude avec notre patrimoine musical et aussi par soucis de diversité. Tout en voyageant à travers l’art lyrique dans un univers englobant la Grande Turquie, la Perse, le moyen orient et le Maghreb Arabe, il inculque à ses disciples la culture musicale de notre pays avec ses trois écoles ou styles qui sont le gharnati de Tlemcen, la sanaâ d’Alger et le malouf de Constantine. D’une manière académique et rationnelle, il initie ses élèves aux instruments étrangers par l’introduction progressive du bouzq, de la Baglama Turcs et d’autres instruments qu’il compte expérimenter comme le fameux énorme tambour (instrument à cordes pincées ou à archet), rebaptisé avec humour par M Saâdaoui « d’instrument canin ». Sans amalgame, ni chevauchement dans ses choix, il élabore ses trames avec méthodologie selon le niveau atteint par son ensemble. Non adepte de la facilité, il a choisi un travail de fourmi, puisque il va jusqu'à éliminer les instruments dits tempérés qui ne produisent pas les micros intervalles entre deux note voisines, afin d’exécuter et de respecter fidèlement l’âme des musiques authentiques propres à des cultures bien déterminées. Seul et sans soutien des pouvoirs publics, sa maison sert parfois de lieu de répétition. Il n’hésite pas à débourser de son portefeuille et se donne de la peine pour doter son association d’instruments adéquats, avec d’autres commodités indispensables à la progression. Il avance non sans difficultés dans un magma où jalousies et coups bas sont monnaie courante dans sa ville Miliana (les échos de ses mésaventures retentissent même dans ma ville Skikda) où il avait par le passé tant donné pour la création d’associations à qui il avait laissé des noubas programmes et des orientations avec visions projetées vers le futur. La ville de Miliana ne mérite t-elle pas la création d’une école de musique à la hauteur de ces modèles d’associations ? Il a à son actif des dizaines de prestations. Il a reçu des encouragements et aussi de la considération pour ce qu’il a réalisé en un temps très réduit par rapport au niveau atteint par son ensemble mixte où sa fille joueuse de luth Arbi et son fils avec le violon 4/4 font parti de cet ensemble très prometteur et sympathique. Quant à M Saâdaoui, après avoir sellé plusieurs instruments, il s’est sédentarisé avec bonheur sur le « qanoun, la cithare » au point de rechanger son premier par un autre qanoun plus perfectionné et aussi puiser sur toutes les possibilités sonores et techniques que lui offre ce joyau instrument. Preuve en est, son déplacement en 2007 à la Turquie chez le virtuose du Qanoun, son ami « Halil Karaduman » pour un Master class international, où il avait constaté de près la rigueur et l’intensité du travail que fond les Turcs dans ce domaine. Je l’ai vu pour la première fois à l’œuvre à Tipasa en 2006 lors de l’assemblée constitutive de la fédération national de la musique classique Algérienne (FNMCA). Il avait présenté une communication remarquable sur son expérience et sur le marasme qui gravitait autour de nos musiques classiques. Comme il avait participé très activement aux débats et à l’élaboration des statuts de la fédération, qui celle-ci n’a pas encore reçu d’agrément jusqu’à ce jour. Enfin, il a produit deux volumes CD, présentant des esquisses agréables à écouter, ceci afin de stimuler ses élèves et recevoir des impressions sur cette unique expérience. Je termine ma présentation de cet artiste en soulignant qu’il est aussi pédiatre dans sa profession, musicien par vocation et surtout par passion. Mouats Hafid, juillet 2008

Photos association El Anasser de Miliana

Photos association El Anasser de Miliana
Photo 01 : l’ensemble El Anasser de Miliana, au 1er plan en présentateur Mr Saâdaoui ; 02 : Un élève d’El Anasser avec sa Baglama Turc ; 03 : Joueur de tambour Turc à Skikda en 2007 (au festival international du malouf) ; 04 : Saâdaoui père et fils ; 05 : Séance de Masters Class sur la cithare à Skikda en marge du festival international, à gauche Saâdaoui, à son côté son maître et ami le Turc Halil Karadouman, ensuite le président de l’association « El Gharnatia » Mr Saoudi de la ville de Koléa, Djeloul le flûtiste de la Ferganiya de Constantine en initiation avec son nouvel qanoun et Mr Boutriche Mouhamed : Professeur au conservatoire d'Alger et à l'association "El Fen ouel Adeb D'Alger" ; 06 Saâdaoui et Halil Karadouman aux journées Masters Class sur la cithare en Turquie ( voir blog d’El Anasser dans ma liste de liens en haut de la page pour savoir plus sur cela). 07 : Photo prise en 2007 à Skikda lors du 1er festival international du malouf : à gauche Mouats Hafid (l’auteur de ce blog), Mr Saâdaoui, Halil Karadouman et le fils de l’auteur de ce blog « le jeune musicien AFIF » qui s’engouffre déjà sous l’impulsion et l’encouragement de son père dans le monde de l’art musical.
................... Une précieuse place pour Fetah Rouana, dans le Malouf, milieu hermétique: Le 12 Avril 2001, Rouana Fetah chanteur, natif de Skikda, décrocha le premier prix d’interprétation de chant « Haouzi » et « Mahdjouz » à Constantine, ville citadelle de l’art « malouf ». C’était lors d’un concours en hommage au maître « Omar Chaqleb ». Après quatre soirées de compétition entre des chanteurs venus de différentes régions qui excellaient dans ce genre, le chanteur Rouana Fetah décrocha en apothéose le 1er prix devant « Bentabet Mohamed » et « Berrachi Djamil Cherif », des espoirs de la ville des ponts. Le jour de la gloire est enfin arrivé. Cette consécration inouïe est le couronnement d’un long chemin qu’il avait entrepris en 1976 dans l’émission radiophonique d’alors « El han wa chabab » où il avait interprété un « mahdjouz, ya salef ». De là, il rejoint une association « el mouâdjiza » qui lui donne tous les égards pour son épanouissement. A côté d’autres chanteurs qui l’avaient précédé, il apprend tous les secrets de l’art malouf dans une ville (Skikda) qui pourtant n’avait pas assez de repères et de références en la matière. D’abord en imitant son idole Mohamed Tahar El Fergani, puis en se mesurant à des chanteurs des deux villes du malouf « Annaba et Constantine ». Il fonde avec ses amis une association dénommée « Ryad El Andalous » avec qui il avait participé à des festivals et une nuée de soirées. Fetah joue du violon Alto, et chante tout le répertoire du malouf : la nouba, le z’djel, la qacida, laâroubi en passant par le haouzi et le mahdjouz. Depuis cet exploit, il est très apprécié dans le milieu très opaque. Il aime bien se produire avec des musiciens de Constantine qu’il amalgame avec des musiciens de Skikda. Histoire de donner une touche particulière à son orchestre. Il aime aussi se baigner dans l’ambiance des chouyoukhs du Malouf. Il s’est produit sur scène avec « Mohamed Tahar El Fergani, Abdelmoumen Bentobal, Dib El Ayachi, Hamdi Bennani, Rahmani Salah, Larbi Ghazel et d’autres de sa génération comme M’barak Dakhla, Aouebdiya, Branki, Segni etc. Il a enregistré des cassettes, puis des CD. Il avait participé à des émissions de télévision au niveau national et régional. Il avait fait une tournée en 2003 avec l’orchestre pilote de Constantine dans le cadre de l’année culturelle Algérienne en France, à côté de Salim Fergani et Larbi Ghazel de Constantine. Actuellement il est membre de l’orchestre National de la musique classique Algérienne sous la Direction de Guerbas Rachid, où il est instrumentiste et soliste. Sa carrière est réellement lancée, il peut se réjouir maintenant, après tant d’années d’attente et de persévérance. Il savoure enfin le fruit de son travail. Il a le mérite d’avoir continué la pratique musicale dans des périodes abominées. Beaucoup de musiciens de sa génération avaient cessé de jouer, par dégoût ou par désintéressement, car le pays traversait alors des moments de grandes turbulences. La pratique musicale était devenue contraignante. C’était le temps où les musiciens venaient aux répétitions avec leurs instruments dans des sacs, afin de passer incognito (…) Mouats Hafid, Décembre 2008.

Fetah Rouana et la baraka des cheikhs.

Fetah Rouana et la baraka des cheikhs.
Photos: 01 et 02 l'habile violonniste Hadjiriou Allaoua et le chanteur musicien Azouz Abdelmadjid, musiciens de la première heure qui avaient compté pour Fetah dans ses débuts à Skikda; photo 03: avec Cheikh Kadour Darsouni en novembre 2003 dans le cadre de l'année Algérienne en France; Photo 04: sur scène à Skikda lors du festival international du malouf, Skikda 2007; photo 05: Fetah avec son idole Med Tahar El Fergani au festival du malouf, Skikda 1997.

Clic sur le montage photos pour visionner la vidéo de Fateh Rouana.

Emission TV "El Qaâda", avec un orchestre d'Alger.

L'hymne national "Qassaman"

L'hymne national "Qassaman"
..................Le chant national: Ce chant qui représente une nation, si respectée car il représente l’identité, la mémoire collective ou la fierté de notre peuple qui s’identifie dans son texte et sa mélodie. Notre « Qassaman », au cœur de la révolution armée était composé par un frère Egyptien sur des paroles du poète de la révolution « Moufdi Zakariya ». Il est recommandé officiellement lors du lever des couleurs en différentes occasions et quotidiennement dans nos établissements scolaires. Et là j’ai voulu commettre un petit pamphlet pour dénoncer cette façon de chanter l’hymne par les élèves d’écoles. En effet, chaque matin et soir un brouhaha nous fait grincer les dents et agresser nos oreilles en entendant ce chant si cher, écorché par des voix d’enfants qui crient au lieu de chanter. Les décideurs de cette louable initiative ne peuvent-ils par rectifier l’anomalie ? En tant que musicien qui a de l’expérience dans le chant de la chorale, je voudrai donner quelques suggestions pour cesser ce massacre qui à vrai dire n’incombe pas aux élèves mais plutôt à l’absence d’une prise en charge sérieuse pour exécuter convenablement ce chant. I - D’abord au niveau du ministère de l’enseignement il faut dégager une cellule de réflexion et de travail pour mettre en place une commission technique. Celle-ci sera composée de musicologues, de chefs d’orchestres symphoniques et chefs de troupes de fanfares. Sa tâche consisterait à trouver une harmonisation et une orchestration uniforme qui sera le modèle définitif, puis l’officialiser afin d’en finir avec les énièmes versions. II- Procéder à deux enregistrements avec chorale est orchestre. Un pour les voix adultes et le deuxième pour enfants. Ceci afin de parer aux problèmes de tonalités. Les enregistrements sur CD seront soit une orchestration avec paroles pour une éventuelle exécution du chant en play back, soit en karaoké où la chorale chante en direct sur l’orchestration III- au niveau des établissements scolaires, faire une chorale de vingt élèves, soit deux élèves seront retenus par classe. Faire appel au concours des professeurs de musique de l’enseignement moyen pour réapprendre aux élèves à chanter juste l’hymne national. IV- Que les établissements solaires ou autres se dotent de moyens peu coûteux et utiles. Exemple : un lecteur VCD avec le haut parleur basse pré amplifié et ses 2 enceintes hauts parleurs multimédia disponibles sur le marché. V- Le texte de l’hymne national sera affiché en gros caractères devant les élèves afin de ne pas oublier les paroles. VI- Les hauts parleurs seront placés au dessus de la chorale pour une bonne synchronisation. VII- L’hymne national sera exécuté en deux parties ; l’une au matin lors du lever des couleurs et l’autre l’après midi à la descente des couleurs. Résultats : 1) une bonne réceptivité. 2) Un enthousiasme certain. 3) Une bonne rentrée en la matière puisque les élèves passeront une rude journée dans l’apprentissage de moult matières. 4) un engouement pour l’exécution de ce chant qui sera un modèle de fraternisation, source de motivation et de conjugaison de l’effort collectif à la recherche du beau et de l’esthétique. Mouats Hafid / Juin 2008.
..................Skikda en Musique: La pratique musicale à Skikda. (histoire et perspectives) Pour situer ma ville sur-le-champ culturel dans cette grande mosaïque qui est l’Algérie, il faut faire d’abord un petit aperçu sur des aspects historiques et sociologiques. Sur les origines, les us et les coutumes de ses habitants. Au temps du colonialisme et même actuellement dans certains milieux politiques, en apparente à tors ou à raison Skikda comme le prolongement logique de la petite Kabylie ou « Kabylie orientale ». Et pourtant, ce cliché stéréotypé n’est pas tout à fait exact, car notre façon de vivre, nos mœurs, notre artisanat, notre gastronomie, nos costumes traditionnels, nos ustensiles et enfin notre dialecte diffèrent sensiblement de la grande Kabylie. Lors de l’occupation coloniale Française en 1938, la grande vallée du Saf Saf était peuplée par des nomades ou sédentaires Berbéro- arabes du fait historique et des bouleversements politiques de l’époque ottomane. Ensuite, avec la fondation de la ville moderne « Philippeville » il y a eu une grande ruée dans notre région car les colons avaient besoin de main d’œuvre qualifiée pour l’agriculture ou pour l’élevage. En plus des autochtones de la vallée du Saf Saf, on a ramené des travailleurs de la Kabylie, des Aurès, de Tunisie aussi ( surtout avec le retour des réfugiés algériens qui se sont imprégnés des coutumes de ce pays voisin ) et un peu partout des régions de l’est algérien. Puis, avec l’essor économique et prospère pour les nouveaux colons, d’autres communautés se sont déplacées à Skikda, principalement des régions du M’zab, du Souf, de Biskra, des régions de Jijel et Collo. Ceux-là sont connus pour leur savoir-faire en matière de commerce et d’artisanat : Tissus (le m’zab et l’Aures ), alimentation en gros ( le souf et Biskra), primeurs, restauration et boulangerie (Jijel ) travail du cuivre, l’oléicole et l’apiculture ( région de Collo ) Ajouter à cette migration le peu de Tunisiens spécialisés dans la poterie, et les friandises comme la z’labiya, la h’rissa.et les beignets. Voilà donc de quoi se composait la population de Skikda. Il est donc facile de se fixer et identifier le genre de musique que la population avait adopté suite au brasage communautaire qui s’est conjugué avec les communautés des colons originaires d’Allemagne, d’Italie, de Malte, de Pologne, d’Espagne et des souches françaises. Skikda n’a pas de musique savante. Cette musique est l’apanage des grandes cités où des Andalous se sont installés à Tlemcen, Oran, Alger, Blida, Annaba et Constantine. Mais, de part son ouverture vers les autres cultures, elle avait adopté le malouf Constantinois dès les années trente du siècle dernier avec l’émergence d’un premier noyau de musiciens venant de Collo. Cette petite ville avait depuis longtemps des prédispositions citadines et culturelles, puisque au temps des ottomans elle exportait via son petit port : le cuire, la laine et le blé vers l’Etranger. Un petit groupe de musiciens dénommé « Nouz’het Ezamane » composé d’éléments colliotes résidents à Skikda est apparu dans les années quarante, parrainé par un certain « Hammada Gatti » de Collo. Musicien autodidacte et voyageur infatigable. Selon des recherches effectuées par trois musiciens de Skikda en l’occurrence « Mouats Hafid, Gannouche Abdelmadjid et Lailfa Djamel » pour l’élaboration d’un ouvrage sur les anciens musiciens de Skikda, Hammada Gatti avait tissé des relations artistiques avec des Cheikhs de Constantine et même avec le cheikh de Tlemcen « Larbi Ben Sari » . Il fut expulsé vers Skikda pour avoir mis en dérision dans un poème le génocide de la bataille de Crimée en Ukraine ( guerre entre les alliés français et anglais contre la russie 1853-1856 ). Tous ces musiciens avaient subi l’influence de leurs parents issus de la confrérie des « Aissaouas de Collo » fondée par Baâziz Mokhtar au début du siècle dernier Voilà ce qui explique la présence du malouf à Skikda : les Aissaouas de Collo toléraient l’utilisation de certains instruments de musique dans la hadra ( déroulement d’un récital des Aissaouas ) Ils puisent leur répertoire de chant et de meddih principalement du malouf Tunisien , Constantinois , du pèlerinage de ses adeptes à Meknes (Maroc) lieu du fondateur des Aissaouas « Benaissa Mouhamed dit: El kemel » et aussi de Médéa chez le cheikh « El Djazouli ». Certains musiciens, cheikhs de Constantine racontent que la poésie Zadjal ( ou Z’jouls ) fut introduite à Constantine via Collo. Ils se sont basés sur un poème écrit par un Andalous du nom de « Ibn El Mawla » où il narre les difficultés rencontrées par son équipage lors d’une tempête et cite les villes de Collo et JIjel. ( voir ci-dessous le poème ) D’après les indications des chouyoukhs, Ibn El Mawla le poète est son équipage ont fait naufrage dans le port de Collo. Et à ce moment là, le souk de Collo était visité par des Constantinois qui avaient ramené avec eux d’énormes Sf’ina de Z’djouls en possession de l’équipage du poète Andalous.. On peut déduire que cela peut être un récit imaginaire et fantastique. Mais, cela peut être plausible, car la poésie andalouse du Zadjal comme poésie et non en tant que musique chantée, n’existe nulle- part, sauf à Constantine. Notre région a comme même son héritage lyrique. C’est cette musique folklorique qu’on partage avec d’autres régions limitrophes, connue sous le nom de « El fas’ha » ou « T’boul Wel ghaita » Composée d’une petite troupe qui ne dépasse guère le nombre de quatre musiciens : deux joueurs de « tabla ou t’boul » et deux joueurs de « ghaita ou Zorna » Ils égayaient les fêtes traditionnelles où les célébrations de mariage, circoncisions etc. Dans la tradition, on dit que la Zorna et la Tabla étaient introduites par les Ottomanes. Par contre, la Gasba et le Bendir utilisée aussi dans notre folklore local sont des instruments du terroir. Autrefois, il n y avait pas une famille qui ne possédait pas une Gasba ou un Bendir chez soi. Toutes les femmes en roulant le couscous ou en faisant des travaux ménagers fredonnaient des chants authentiques voir distinctes, exprimant leurs tristesses, leurs amours ou leurs déprimes. Les joueurs de Ghaita et de Gasba s’inspiraient d’elles pour tisser des combinaisons mélodiques. Dans les années trente, après l’invention et l’introduction du microsillon, nos populations écoutaient des enregistrements sur disque : du Chaoui, Kabyle, Tunisien, malouf, charqi, Marocain etc. Du fait de la diversité communautaire, toute la population selon ses origines se retrouvait dans son genre. Jusqu’au au moment où tout le monde s’acceptait mutuellement, s’entremêlait et s’éclatait avec tous les airs. En l’absence d’un enracinement musical propre à notre région, on finit par adopter tous les styles et toutes les coutumes. Il ne faut pas s’étonner de voir des femmes Skikdies lors des fêtes s’habiller parfois en Kabyle, en Chaoui et surtout en robe « Mahrouja » Constantinoise. Le premier noyau est donc composé de musiciens venant de Collo et manager par Hamada Gatti. Ses deus adeptes les plus distingués étaient Cheikh Azzouz Abelmadjid né en 1897 et Cheikh Baâzi Ali dit « Cheikh Ténor » né en 1912. Le premier fut un excellent djouaouqi (flûtiste), violoniste et chanteur. Le second était un mièzni (percussionniste ) violoniste et chanteur. A la mort de leur maître, une rivalité s’était installée entre les deux cheikhs au point de diviser leur troupe en deux. Ces deux petites formations animaient les fêtes de mariages et se produisaient dans les lieux de jouissance de la ville pour gagner leur pain, c’était les années quarante, années de disette. Leurs répertoires de chants étaient le malouf avec tous ses genres et un peu de brèwel Tounsi. Au début des années cinquante, trois troupes musicales sont apparues. L’une montée par un Constantinois installé à Skikda : M Abderahmène Bencharif, secondé par Bouayou Ahmed ( El moustaqbel El fenni ), l’autre par M Oudjani Ali ( la troupe artistique ). Un peu plus tard en 1953, une autre formation a vu le jour, composée en majorité par des lycéens, parrainés par Azzouz Mouhamed dit « El Khaldi », musicologue et maître luthier. Connu pour avoir enseigné dans les années soixante la musique à Alger. Il fabriquait des luths de bonnes factures. Il existe un instrument de musique conçu par lui ( une Kouitra ) exposé au musée des arts à Alger. Toutes ces troupes étaient imprégnées par la musique moderne de l’époque. Lors du déclenchement de la révolution de novembre 1954, Toute activité musicale avait cessé, sauf quelques rares fêtes de mariages furent animées par le peu de musiciens encore en activité et qui avaient bravé le couvre feu instauré par l’armée colonial après le massacre du 20Aout 1955. A l’indépendance du pays, « El Moustaqbel El Fenni » et « la troupe artistique » avaient repris la pratique musicale. Ils se sont produit côte à côte lors du 1er anniversaire de l’indépendance au théâtre municipale de la ville, enfin accessible aux Algériens. Un grand engouement s’était emparé de la jeunesse pour pratiquer la musique. Alors on assiste à des groupes qui naissaient un peu partout dans la ville. La motivation première de ces jeunes était l’ambition d’animer les fêtes ( laâresse ) pour se procurer de l’argent tout en se défoulant. Les chants en vogues à cette période des années soixante étaient les répertoires de Lamari, Abedrahmène Aziz, Salim Helleli, du charqi et aussi l’introduction pour la première de la musique chaâbi. Dans les années soixante-dix, le ministère de la jeunesse et des sports s’est investi pour organiser voir encadrer les jeunes formations musicales en vue de les orienter vers plus de rigueurs dans la pratique musicale. Alors il a institué des concours et des festivals pour différents genres de musique. Là, la création d’associations musicales était impérative pour pouvoir y participer ou prétendre à une aide de l’état sous forme de subvention et d’attribution de locaux. Dans cette période, des associations ont immergé du lot. Il s’agit des associations El Itihad El Fenni, El Mouâdjiza, El Manare, El Afia, Nassim El Andalous, Erifaq, Phoenix, El Khalil et d’autres. Chaque association s’est spécialisée dans un genre . Il y avait le malouf, le chaâbi, du moderne algérien et occidental et aussi l’introduction du staifi qui était bien présent dans les fêtes de mariages et de circoncisions. Dans les années quatre-vingt, Il y a eu le grand boum du Rai. Alors, beaucoup d’orchestres se sont converti en raimen. Entre temps en 1980 nous assistons à la création du conservatoire. C’était une exigence du moment. ( Voir article sur le conservatoire de Skikda dans mon blog ). Skikda, en l’absence de son propre genre musical, continue à permettre des intrusions lyriques. Les derniers en date sont le gu’naoui, le rap et la sanaâ d’Alger. Loin du chauvinisme, je peux avancer que toute cette richesse musicale dans notre pays est un héritage et un patrimoine qui appartient à tous les Algériens. Pour preuve, Fergani le monument du malouf n’est pas originaire de Constantine, El Hadj El Anka le précurseur du chaâbi n’est pas Algérois, le chantre Deriassa n’est pas un Sahraoui, le grand maloufiste Hassan El annabi n’est pas un Bônois, et les exemples ne manquait pas. Actuellement Skikda possède de bons musiciens et chanteurs dans différents styles. Certains ont un niveau national, d’autres un niveau régional, voir local. Mais, dans le fond, une grande majorité des musiciens ou chanteurs n’ont pas une culture musicale de base ( c’est le problème de presque tous les artistes algériens ) Nous assistons de nos jours à une hégémonie d’éditeurs sans scrupules, qui orientent le marcher vers la musique dite commerciale. Même la télévision à sa part de responsabilité dans cette cacophonie. Et ce n’est pas l’émission « Elhane we chabab relooké » qui va nous sortir de cette stagnation et cet affaiblissement moral. Je termine mon exposé avec une note peut être pessimiste, mais telle est la réalité. En attendant mieux, contentons-nous de ce qui existe sur la scène artistique ou bien zappons ailleurs. Mouats Hafid septembre 2007

Zadjal du poète andalous Ibn El Mawla

Zadjal du poète andalous Ibn El Mawla
Extrait du Zadjal qui cite Jijel et Collo
....................... Le conservatoire de Skikda, existe - il encore? : La petite histoire du conservatoire de musique, de danse et de déclamation. de Skikda. A l’instar de certains chefs-lieux de wilaya, la commune de Skikda s’est dotée en mille neuf cent quatre vingt d’une école de musique. Au même moment d’autres institutions culturelles ont vu le jour suite à la demande pressante des associations culturelles et des artistes très actifs et omniprésents dans toutes les grandes manifestations culturelles à l’échelle nationale dans les années soixante - dix. C’est ainsi que le conservatoire, les beaux-arts, la bibliothèque, les théâtres (Romains et municipal) et quelques centres culturels ont ouvert leurs portes aux jeunes adolescents pour acquérir enfin une formation artistique, puisque le mouvement associatif ne pouvait prendre en charge les exigences d’une ville qui a vu son développement économique et social en accroissement constant par l’apport économique de la nouvelle zone industrielle et pétrochimique. Ce n’est pas par hasard si au départ, les directions de ces institutions ont été confiées aux membres d’associations les plus distinguées de cette époque. Tout en se dotant d’infrastructures adéquates, elles avaient aussi bénéficié d’un matériel pédagogique et d’enseignants issus toujours du mouvement associatif. Au départ, le conservatoire de musique a affiché son ambition en faisant appel à des coopérants techniques étrangers qui se trouvaient à Skikda pour d’autres raisons professionnelles, néanmoins musiciens ou ayant une formation théorique. Puis quatre initiateurs ont été intégrés de la défunte association « El Itihad El Fenni » dont moi-même. Nous dispensions des cours solfège, de guitare, de violon et de chant. Quant aux étrangers, ils se sont occupés des classes de Piano, instruments à vent, danse et théâtre. Un engouement certain s’est emparé de la population où tout le monde voulait inscrire son enfant. D’autres, par méfiance ou par méconnaissance ont cru que l’école était réservée aux enfants des nantis ou fils d’autorités de la ville. Ceci est faux ! Puisque l’enfant de l’ouvrier manœuvre est l’enfant du wali étaient côte à côte en classe. Mais, la réalité est là : il se trouve que les familles aisées ou cultivées suivaient mieux leurs enfants en les encourageant ou en leur achetant un instrument de musique. L’école a débuté avec en moyenne cent cinquante élèves et une dizaine de Professeurs. Les cours sont puisés des manuels ou méthodes des écoles françaises agrées. La musique andalouse, le mouwachah arabe ou le classique universel sont dans le programme. La classe de danse classique est parrainée par deux animatrices, une algérienne et une française. L’art dramatique a été confié à une ancienne actrice roumaine mariée à un algérien et un dramaturge local. L’école était dirigée par Monsieur Boughandjioua Badreddine, professeur de musique alors au Lycée Tebessi et membre de la prestigieuse association « El Itihad El Fenni Skikdi ». L’école fonctionnait comme un établissement scolaire, sauf qu’aucun statut particulier ne la régissait. Officieusement c’est une école communale mais, le vide juridique ne lui permettait pas d’attester les élèves qui réussissaient à leur formation. Donc ça restait comme un centre cultuel ou un lieu d’apprentissage des arts au même titre que les ateliers de coutures, de broderie et autres. Telle fut l’anomalie de cette école qui n’arrivait pas à fournir des encadreurs qualifiés pour les centres culturels afin de parer ce manque flagrant dans le secteur de la musique. Chaque fin d’année scolaire, une cérémonie de distribution des prix et des distinctions étaient décernées aux élèves qui avaient réussi leurs examens. Une représentation était donnée au conservatoire où les meilleurs élèves s’exhibaient avec leurs instruments. Après la cinquième année de son ouverture, le conservatoire avait montré son fruit lors du jumelage de 1986 entre Skikda et la ville française de Belfort, France. Là, l’école avait présenté des prestations collectives ou individuelles honorables, sous les applaudissements de la communauté algérienne en France et les français stupéfiés par nos élèves qui jouaient sur piano du Mozart, du Schuman et du Beethoven. Ou bien sur guitare classique, les morceaux de Fernando Sorre. Dans cet échange culturel, le conservatoire avait présenté une chorale polyphonique, des tableaux chorégraphiques représentant des danses chaoui, Kabyle, un petit ballet européen, ainsi qu’un ensemble « malouf » accompagné d’une chorale. Le groupe qui a eu un vif succès auprès de nos compatriotes, c’était le groupe de variété du conservatoire qui avait élaboré un programme léger en introduisant l’inévitable musique en vogue le « Rai » et le « Staifi ». Enfin, c’était le couronnement de ces quelques années de travail où le conservatoire n’était seulement pas le digne ambassadeur de Skikda, mais, de toute l’Algérie. Juste après cela, le conservatoire a sombré dans une routine et dans une tourmente qui n’en finissait pas. Par manque de vision claire ou par manque de statut particulier à ce genre d’école. Elle finit par mourir une première fois lorsque l’A.P.C de 1990 avait abrité les sinistrés des intempéries dans l’enceinte même du conservatoire. Des associations avaient interpellé le maire de cette période pour faire évacuer ces indus occupants, mais en vain puisque cette intrusion avait duré quatre longues années de 1990 à 1994. Lorsqu’en 1995 les sinistrés (qui ont malheureusement été manipulés à des fins politiciennes pour nuire à l’activité culturelle jugée contraire à nos mœurs moralisatrices) avaient quitté les lieux ; des scènes de désolation au sein de l’école font révolter les puritains de l’art lyrique: Plancher de la classe de danse brûlée, livres et méthodes déchirés, instruments de musique abîmés où disparus et d’autres dégâts très chiffrés. Après ces péripéties, un nouveau départ tant bien que mal ait été donné pour sauvegarder ou récupérer ce qui restait. Hélas ! Cette interruption brutale avait coûté cher à l’école déjà fragilisée par le peu de considération de la part des pouvoirs publics qui avait laissé ce joyau établissement dans les errements et la déviation. Durant une longue période, un semblant d’activité régnait à l’école malgré la bonne volonté de son Directeur et ses collaborateurs. Mais, c’était juste du tintamarre pour montrer aux autorités de la ville que le conservatoire existe, bien sur en attendant désespérément de lui redonner vie. Le second déclin du conservatoire c’est en 2002 quand les nouveaux élus décident de transférer le conservatoire une deuxième fois à la bibliothèque de Bouyaâla pour soit disant rénover la vielle battisse de l’ex « société philharmonique de Philippeville ». Jusqu’à ce jour les travaux de réfection n’ont toujours pas été entamés, malgré l’étude finalisée depuis des années déjà dit-on. Et une autre fois de plus en 2003 le semblant conservatoire a été transféré cette fois ci au centre culturel « Ahcene Chebli » sous la coupe d’un Directeur de centre et non d’un Directeur de conservatoire. Là, c’est la mort certaine de cette école. A quand le pauvre conservatoire va-il renaître des ses cendres ? Nul ne le sait. Sauf ceux qui se retrouvent dans cet état de fait. MOUATS HAFID. Ancien prof de violon et de solfège dans ce conservatoire. De 1980 à 1986.

nouvelles culturelles

OH! quel mauvaise nouvelle! Je viens d'être informer via une source sùr ce jour du 21/10/2007 que le conservatoire et le centre culturel Ahcene Chebli vont être démolis prochainement avec l'approbation du C.T.C de Skikda. Mais pourquoi? leurs réfections étaient à l'étude! La réponse est simple: ces deux lieux de la résistance culturelle dérangent et ne laissent pas dormir certains obscurentistes et certains apatchnic de tout bord. ARTISTES de Skikda où êtes vous? Le 31/12/2007, une heureuse nouvelle d'une source bien informée: les nouveaus élus de la ville ont discuté sur le cas du sinistre conservatoire de musique. Il est maintenant question de créer un institut de musique. Cela est une utopie, mais.....?

Du nouveau pour le conservatoire

Du nouveau pour le conservatoire

Petit rectif:

Je me suis permis d’insérer cet article dans mon blog rédigé par le gentil Khider Ouahab correspondant local du quotidien « El Watane » paru le 07 février 2008. Sans doute, dans un élan d’enthousiasme pour la réhabilitation et la réouverture du joyau conservatoire, notre ami avait un peu dopé son article en avançant que notre conservatoire avait formé des musiciens de renommée nationale et internationale. Certes, ce n’est pas une erreur de frappe comme il le souligne, mais plutôt une erreur d’appréciation et d’information non vérifiée. D’abord notre international ambassadrice culturelle « Amal Harket Alias Amel Wahbi, dont j’apprécie son côté intellectuel (rares les chanteuses qui s’expriment intelligemment comme elle) n’a jamais étudié au conservatoire de Skikda. Je me rappelle bien de cette élégante jeune fille lors de la préparation du jumelage de 1986 entre Skikda/ Belfort/ France, où elle avait assisté à quelques répétions de ses amies dont certaines étaient mes élèves. Elle a du garder une bonne image de l’ambiance qui avait régné à ces bons moments. La dernière fois où je l’ai vue à la télé c’était dans l’émission « Saraha raha » elle n’avait pas mentionné son passage au conservatoire de Skikda. Donc, notre artiste s’est envolée de ses propres ailes. Pour l’excellent musicien « Zahi Boudjèmaâ » Alias « Amar Zahi » il n’a pas été formé au conservatoire, mais plutôt à l’école primaire « El Ghazeli » sous la coupe de M Lahmar Salih (président actuel de l’association El Fen wel assala ) et sous l’impulsion de l’homme de culture le Directeur d’école M Djebar. Il avait ensuite parfait son éducation musicale en fréquentant momentanément l’association El Itihad El Fenni et d’autres groupes de musique modernes. Puis il avait rejoint le conservatoire en tant que bassiste dans le Groupe moderne du conservatoire « Sika » où moi-même j’étais son saxophoniste. Oui, maintenant c’est un musicien international. Quand à M Meguiba, si quelqu’un a des informations sur ce musicien que je n’ai pas connu durant mes années au conservatoire comme professeur de musique, qu’il me les communique. Le conservatoire avait formé des musiciens valables et sans plus, Mais il faut une véritable étude pour cerner l’impact qu’il a eu sur l’environnement culturel de la ville et toute la wilaya, car je me rappelle qu’il y avait des élèves des villages avoisinants le chef lieu de Wilaya. Enfin, j’invite notre ami Ouahab à faire une instigation sur les anciens élèves du conservatoire pour évaluer réellement leurs capacités et leur école de musique. Là, il peut compter sur moi pour l’éclairer sur certaines choses qui peuvent échappées à un correspondant de presse, qui faute d’éléments fiables, il ne peut se mettrent sur la bonne piste. Oui, on attend avec émotion la réouverture du conservatoire, mais pour en faire quoi ? Amicalement. Mouats Hafid, 7/02/2008.

Un peu de théorie de la musique.

Un peu de théorie de la musique.
Par l'auteur du blog Décembre 2007

Le quart de note dans la musique arabe.

Le quart de note dans la musique arabe.

quart de note (suite)

quart de note (suite)
Mouats Hafid, fevrier 2008

une précision s'impose:

Dans le graphe ci-dessus, il s’agit de positionner par défaut les espaces symétriques entre deux notes voisines juste pour avoir un aperçu. Par cela, le ¼ de note suppose qu’il représente 25 % du ton (pour rappel le ton est la distance entre deux notes voisines = 100%), mais, en réalité la vraie valeur du quart de ton que le musicien doit se référer à son oreille musicale pour le réaliser, a été détecté par des appareils électroniques de mesures du son (comme le sonagraphe ou le spectrographe) qui vari entre 20 à 40 % du ton. Au congrès du Caire de 1932, les Arabes se sont mis d’accord pour adopter le rabaissement ou l’élévation de la note de 30%. Ainsi certaines gammes Arabes possèdent des notes rabaissées de 30 % à 40% et d’autres élevées de 30% à 40%. EX : le mode RAST : DO RE MI (demi bémol =30%) FA SOL LA SI (demi bémol = 30%) : Le mode HIDJAZ : RE MI (demi bémol = 40%) FA # dièse SOL LA SI ь bémol DO RE ; le mode RASD EDIL Tunisien : DO RE MI (demi bémol = 40%) FA# dièse SOL LA SI bémol DO. Voici les signes qui désignent ces micro-intervalles :

signes des notes modifées:

signes des notes modifées:

quart de ton, claviers et logitiels

Les occidentaux qui fabriquent les claviers synthétiseurs semblent eux aussi tombés dans la problématique du quart de ton. En comparant par exemple le demi bémol d’un clavier YAMAHA et le demi bémol du logiciel de composition le plus performant sous le label Myriad USA qui est « Harmony assistant », il est aisé de déceler la différence entres ses deux altérations.

Echelle des notes Arabe

Echelle des notes Arabe
Notes arabe dans la téssiture luth charqi,par l'auteur du blog

l'échelle arabe sur la portée

l'échelle arabe sur la portée
téssiture sur deux octaves.

L'échelle modale dans la musique.

L’échelle modale dans la musique. Depuis l’apparition de l’homme sur terre, les combinaisons des sons sont basées sur une succession de notes qui forment une échelle ou gamme. Sans le savoir, l’homme primitif au cours des âges fredonne ou exécute des mélodies qui sont régies par les lois de la nature. Il décale et rétrécit instinctivement les espaces entre les sons pour donner des airs selon son humeur ou son état d’âme du moment. A l’aide de la pierre, de l’argile, de l’os, de la corne, de l’ivoire, du métal ou de son larynx, il exprime et extériorise ses désirs et ses émotions . Plus tard, l’homme a compris et codifié un langage des signes pour inventer le solfège, cet outil qui détermine les lois des sons ou science de l’acoustique. Toutes les musiques du monde sont produites sur des successions de sons connues sous le nom d’échelle modale. Le mot mode est utilisé pour désigner la manière d’être d’une gamme, la façon de disposer les espaces entres les sons ( en demi ton, ¾ de ton, ¼ de ton ou notes au coma ) à l’intérieur d’une gamme. La gamme est une série de notes qui débute par une note fondamentale et se termine par une réponse appelée octave. Elle est ascendante ou descendante. Pour réaliser un mode, il faut donc une série de huit notes. L’origine des modes est indéterminée. Le métissage des cultures a fait que des modes se chevauchent et se ressemblent et sont désignés différemment d’une région à une autre. Si nous nous référons à la musique arabe pour cerner le phénomène de brasage des cultures, nous pouvons déduire que les Arabes et les musulmans se sont imprégnés de la civilisation grecque. Ils ont traduit en langue arabe et analysé les traités de Platon, d’Aristote etc. Les premiers savants Musulmans sous le Khalifa Abbasside comme El Kindi ou El farabi ( 870/950 de l’ère chrétienne) ont consacré des ouvrages sur la musique, ils ont sans doute étudié minutieusement la théorie des modes grecques pour élaborer des synthèses, inventer des échelles modales et des intervalles entres les notes. Les modes sont nommés là où ils étaient inventés, selon des pays, des villes, des personnes, des peuples et d’après les choses de la vie. Sémantique de quelques modes. *( Maqam au moyen orient, Tabaâ au Maghreb ) mode Yakah : mot persan, yak= le nombre un ; kah = le mode o Mahour : mot persan = la lune o Rahaoui : mot Turc = ville de Raha ; dans le malouf : r’haoui désigne cet oiseau légendaire qui annonce la mort du fils de l’imam Ali, El Hussein o Nawa : mot perse = l’adoré o Nahaouend : ville Persane o Isphahane : Ville Persane o Hidjazi : la région du hidjaz o Kurde : Région du Kurdistan o Maya : mot perse = la levure o Zidane (ou Zaydhan): prénom arabe o Sika: le nombre trois en Perse o Rast : mot perse ( au Maghreb Rasd avec un D ) = droit, debout ou stable o Mouwel : mot arabe= istikhbar vocal o Husseyni, ou h’sine dans le malouf : Prénom arabe = en hommage à Husseyn, fils du khalife Ali. o Raml : mot arabe = le sable o Sahli ou Sihli= celui qui habite la côte. o Laghrib = l’étranger * A remarquer que beaucoup de modes sont d’origine Persane ou Turque. Une explication donnée par quelques Chercheurs arabes qui supposent que sous le règne des Fatimides, la musique a été interdite durant trois siècles. Alors que d’autres peuples musulmans à la même époque s’adonnaient à cet art sans contraintes, en surpassant les Arabes, qui pour se rattraper, introduisirent des modes étrangers dans leurs musiques. Comme dans le système modal Grecque, normalement dans la tradition musicale arabe, chaque mode a sa propre tonique (el qafla) où il doit être exécuté. Mais devant la difficulté des tessitures des voix entre les hommes et les femmes et aussi entre les instruments, les musiciens transposent des gammes selon leur bon vouloir. D’où la confusion des noms de modes. Exemple : le mode arabe « houzème » en mi1/4 et nommé « rahat el arweh » s’il est exécuté en si1/4, le mode « maya » du malouf de Constantine en ré et nommé « h’sine » s’il est joué en la (1ère corde de l’alto), le « rast » arabe en do est nommé « isbihène » s’il est transposé au ré. Dans le grand ouvrage « Encyclopédie de la musique, édition Lavignac 1922 » le musicologue Jules Rouanet écrit ceci : [ La tradition veut que les musiciens ( en Espagne musulmane, note de l’auteur du blog ) de Grenade et Séville aient connu 24 noubas. Ce chiffre coïncide avec 24 modes. ] ; [ …il y a une règle formelle qui fixe à quel moment du jour ou de la nuit sera chantée chaque nouba. ] ; [… ces modes correspondent aux 24 heures du jour ] . • De 1 heure à 4 heures de l’après midi, Nouba Sika (évidemment dans le mode Sika) • De 4 heures à 6 heures, nouba du mode raml • De 6 heurs à huit heures, nouba du mode raml el maya etc.… Cette théorie est actuellement réfutée par notre ami chercheur de Constantine « Zohir Achi » qui dans un long article avait soulevé l’incohérence des 24 noubas avec les 24 modes et les 24 heures du jour et de la nuit. (un débat à suivre ) Il existe deux poèmes chantés dans le répertoire du malouf Tunisien et Constantinois qui citent certains modes: « Jar bèb r’ahoui et Naôurat etoubouê » Ce dernier poème identifie treize modes usités dans la musique arabe maghrébine d’une certaine époque. Ce poème est l’œuvre du Cheikh Al Darif Tounissi, mort en Tunisie en 1385 sous le règne des Hafsides. Dans ce poème chanté encore de nos jours, certains noms de modes cités ne correspondent pas aux modes lui-même. Ex : lorsque le mode Aâraq est cité dans la chanson, on interprète le mode zidane, lorsqu’on cite le mode nawa on interprète le mode r’haoui. La confusion est aussi valable pour le mode dil et le mode m’hayar. Mais en Tunisie il semble que les modes correspondent aux citations. Ce poème est connu à Constantine sous le nom de « djassa R’haoui ou naôurat etoubouê, la noria des modes ». Voici le poème en six vers :

Etymologie et paternité des modes arabes.

Etymologie et paternité de quelques modes selon le carnet « d’El Haïk » inséré dans le livre de Maya Saâdani. Le mode dhayl (ou Dil) puise sa nature de la couleur noire, car à travers lui, elle s’anime, il est bénéfique à la circulation du sang. Il fut créé par Zayd Ibn Muntaqid. Le mode maya est d’une nature chaude et humide, sa saison est le printemps, il active la circulation du sang et augment la température du corps. Il fut créé par Umaya Bani El Mountaqid. Le mode zaydhan (ou Zidan) est d’une nature froide et humide, il augmente la circulation de la bile. Il fut inventé par Mouhamed Ben Abdallah Ban Mouâz Al Habashi. Le mode Sika est dérivé de aâraq al ârab, il fut créé par Sica Ibn Tamim Al îraqi. Le mode Mezmoum augmente la circulation de la bile, son tempérament est chaud et dur, sa mélodie est aiguë, fine et douce. Il fut découvert par Ibn Al Maghribi à Sousse. Une question pertinente doit être soulignée sur l’entêtement du monde occidental actuel et principalement l’Europe (mis à part dans le jazz, le blues et leurs dérivés ) à n’utiliser éternellement dans leurs musiques que deux modes, qui sont : le mode majeur et le mode mineur. La musique occidentale est riche en harmonie grâce à la rigueur et à la justesse de sa théorie. Mais, elle sera mieux ouverte aux autres mondes s’il elle s’imprègne des sonorités étrangères. Les occidentaux sont –ils conservateurs à ce point ? Une petite comparaison entre les modes de la civilisation grecque, les modes utilisés dans le Maghreb et le moyen orient mérite d’être mise en évidence pour mieux percevoir l’échange de culture entre les peuples qui parfois leurs destins se sont croisés à travers l’histoire. Comparaison des modes de la Grecque antique avec quelques modes algériens et du moyen orient : Mouats Hafid, octobre 2007

Analogie des modes: Grèce antique, Algérien et moyen orient.

Analogie des modes: Grèce antique, Algérien et moyen orient.
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient. EN ROUGE: NOTES ACCIDENTELLES

02

02
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient.

03

03
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient.

04

04
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient.

05

05
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient.

06

06
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient.

07

07
Lexique: Gamme = échelle tonale de la Grèce antique; Malouf = le composé, musique andalouse Constantinoise; Sanaâ = le métier, musique andalouse d'Alger ; Arabe = Musique classique du moyen orient.

L'harmonie dans nos musiques.

L'harmonie dans nos musiques.

l'Harmonie ( suite)

l'Harmonie ( suite)

la voix (instrument humain)

la voix (instrument humain)

la voix 02

la voix 02

la voix 03

la voix 03

la voix 04

la voix 04
..................... La fabrication des instruments de musique: Par l'auteur du blog le 31/12/2007La fabrication des instruments de musique. Par l'auteur du blog le 31/12/2007Jadis, au temps du colonialisme Français en Algérie, rares étaient les maisons des colons qui ne possédaient un piano dans le salon, non loin de la cheminée. Un piano c’est un meuble accessoire, mais aussi un joyau qui égaillait les maisons aux moments des fêtes, des soirées conviviales entre familles et amis. Autrefois, chez nous en Algérie, dans la société rurale, un instrument du terroir était toujours à la portée de la main. Que ce soit une gasba (flûte de roseau), une ghaita (sorte de haut bois), une chkioua (cornemuse) ou des percussions tels que le bendir (tambourin sur cadre circulaire) et le t’boul (tambour). Chaque opportunité de fête, un instrumentiste sort de la foule et exécute des aires qui expriment un mode de vie, des us et des coutumes. Les gens du Sahara ont leurs instruments de musique qui résonnent bien dans l’espace du désert puisque ils sont fabriquaient par des matériaux naturels du terroir. Je cite quelques uns : le guenber ou gnibri, lemzad (sorte de violon joué exclusivement par les femmes) et le qarqabou (castagnettes). La société citadine avait aussi ses instruments de musique. On trouve tous les instruments utilisés par les Andalous de retour d’Espagne en terre musulmane, principalement le rabab et le luth, personnalisé par le grand Ziriyab. En plus, il y a des instruments ramenés par les Turques Ottomans et les colons Français. Les instruments qu’on utilise dans nos musiques : Pour les sociétés rurales et sahariennes, il n’ y a pas eu d’intrusion d’instruments nouveaux. Ceux qui existent suffisaient à leur plaisir pour s’éclater avec les rythmes et la poésie tant déclamés dans leurs chants. Par contre la société citadine en contact avec les autres cultures du monde, par esprit d’ouverture et d’échanges commerciaux, accepte l’introduction d’autres instruments, même si cela altérait un peu l’authenticité de leur musique. Selon la tradition, un orchestre de citadins, qui est versé dans la musique andalouse et ses dérivés, se limitait à un luth andalous, connu sous le nom de « kouitra » ou oud arbi, d’un rabab (plus tard devancé par la le violon et l’alto rebaptisés Kamendjè), une derbouka, un tar (tambourin), des naqarats (petites timbales), parfois une flûte (jaouaq ou f’hayèl et nay) et une zorna. Avec l’avènement des musiques modernes, l’Algérien s’est accaparé de certains instruments de l’occident pour les introduire dans les orchestres andalous, chaâbi, folklorique ou new folklorique comme le « Rai », le Staifi, le Kabyle, le Chaoui, le Gnaoui, le Tindi etc. Ceci nous ramène à aborder l’origine des instruments utilisés par nos musiciens. Pour ce qui est de la musique folklorique issue de productions culturelles non matérielles d’une région, le premier artisan qui fabrique l’instrument est le chamelier ou le berger. Ceux-ci passent la plus part de leurs temps à concocter des objets fétiches avec leurs canifs, dont la flûte de roseau qui leur permettait de « tuer le temps et la solitude ». Ensuite, il y a les rares artisans qui fabriquaient des instruments afin de les vendre aux souks ou aux marchands de maroquineries dans les villes. Pour la musique andalouse, en plus des instruments cités plus haut, il y a eu malheureusement (ou heureusement ? c’est selon…) l’intrusion d’autres instruments tels que : le piano ( importé de l’Europe et du japon), la mandoline ( importée des pays du bassin méditerranéen et aussi fabriquaient localement) , la mandole ( importée aussi, mais de nos jours, chez nous, il y a des maîtres luthiers qui fabriquaient de bonne facture cet instrument) , le luth charqi (importé du moyen orient et peu fabriqué localement) , la guitare classique, dite Espagnole ( importée de l’étranger) . Pour le chaâbi, l’orchestre est caractérisé par des instruments de bases qui sont : la mandole, le banjo (introduit en Algérie lors du débarquement des GIs Américains au port d’Alger lors de la seconde guerre mondiale, où ces derniers l’avaient troqué avec des dockers du port d’Alger) le violon ou l’alto (importés), la guitare, la derbouka et le tar (importés du moyen orient et fabriqué localement aussi). Pour la musique dite moderne, on utilise toute sorte d’instruments sauf à l’exception près les instruments à vent comme les cuivres et les bois. L’état Algérien depuis l’indépendance du pays à t-il mis en place une politique pour parer à ce manque pédagogique qui est l’instrument de musique ? Nos conservatoires, nos centres cultuels, nos établissements scolaires sont-ils dotés d’un matériel adéquat ? A ma connaissance, il n’ y a eu qu’une seule importation massive à coup de millions de dollars au début des année quatre-vingts par un organisme d’état dénommé « ENAFEC » qui avait ramené du matériel de musique de mauvaise qualité et qui ne répondait pas aux besoins des élèves, ni à la musique spécifique du pays. Vendus dans les galeries et souks el fellahs, des exotiques xylophones, membranophones, timbales, congas et instruments à vents non utilisés faute de professeurs ou d’initiateurs. Toute cette armada (puisque ramenée par bateaux) n’a servi à grande chose. Ils étaient entassés, stockés, enfin égarés ou abîmés. Quel gâchis ! Je me demande si les cadres du ministère de la culture de l’époque avaient bien réfléchi en lançant cette opération sans associer les spécialistes en la matière. Tant bien que mal, des artisans avaient relevé le défi en fabriquant des instruments acoustiques, car tout ce qui est matériel électronique cela n’est pas à notre portée, ni une des priorités pour les investisseurs tant que le marché est focalisé sur d’autres créneaux plus lucratifs. Actuellement il y a des luthiers (mais pas des maîtres luthiers) à Tlemcen, Oran, Bejaia, Alger, Constantine et d’autres villes dont Skikda où certains jeunes avaient osé s’attaquer à ce tabous en fabriquant des instruments pour le besoin des musiciens locaux qui sont versés dans le chaâbi et le malouf.
.................... Le maître luthier Azzouz Mouhamed: Je me dois d’abord d’évoquer un anonyme de Skikda qui fabriquait des luths déjà dans les années quarante du siècle dernier, Il s’agit du regretté M Azzouz Mouhamed dénommé « El Khaldi (1908/1987). En 1930, avec quelques Skikdis, il a eu la chance d’étudier la musique à la société philharmonique (conservatoire) de Philippeville (aujourd’hui Skikda). D’abord joueur de Trombone à coulisse dans l’orchestre symphonique, puis professeur et chercheur dans la musique arabe et enfin maître luthier où il avait suivi des cours de lutherie à Paris. Son premier luth, il l’avait fabriqué en 1949 chez lui à Skikda dans la maison « Belahmar » en face de l’immeuble Grosso. On se demande comment un musicien de formation Européenne s’est-il intéressé au luth et à la musique arabe ? La réponse est dans le hasard des choses puisque le Directeur de la société philharmonique M George Buchère avait projeté d’organiser un échange culturel avec le Caire sous la dynastie du Roi Farouk, où l’orchestre philharmonique avait préparé pour l’occasion des morceaux arabes sur partitions. De là est né tout l’intérêt pour cet art que M Azzouz avait redécouvert enfin, la musique de ses frères Arabes. Le projet n’a pas été concrétisé pour cause de la seconde guerre mondiale, mais, M « EL Khaldi » était déjà imprégné et ensorcelé par la découverte. Il voyagea au début des années quarante jusqu’à Tunis pour acheter un luth, et fit connaissance avec Salah El Mahdi et son fis Saddek de la célèbre « Errachidiya », qui par la suite, ces derniers avaient séjourné à Skikda plusieurs fois sur invitation de M Azzouz. Le luth qu’il avait acheté de Tunis a été démonté et décortiqué pour prendre les dimensions des pièces qui le composaient. Aidé par son ami l’ébéniste M Marciano du quartier latin, il transforma une machine à coudre « Singer » en machine à découper du bois. Avec cette machine, il usina toute les pièces du luth, même ses ornements, et fini par le monter sous le regard admiratif de son ami. De là est né cette passion pour la fabrication de certains instruments acoustiques. Ensuite, il s’installa à Paris et travailla dans une librairie (ou une maison d’édition ?) « Le ballon ». De là, il voyagea en Turquie et en Syrie d’où il ramena les documents techniques pour la fabrication du Bouzouki et du kanoun. Beaucoup de musiciens et chanteurs Arabes de passage à Paris avaient acheté ces instruments. Après l’indépendance du pays, il s’installa à Alger en 1965 où il donna des cours de solfège en privé et fut sollicité par Feu le président Houari Boumediene pour faire partie du jury du festival Panafricain de 1969. De retour à Paris dans les années soixante dix, il continua à faire des recherches sur l’histoire de la musique et de la théorie arabe et fabriquait toujours des instruments. Parmi les instruments qu’il avait fabriqués : une kouitra qui se trouvait au musée des arts à Alger, un luth chez feu Abdelhamid Ababsa (celui qui chantait merveilleusement hayziya), un bouzouki chez Rachid son neveu à Alger, un autre bouzouki à Skikda chez le chanteur local « H’sinet » et un kanoun chez un ami à moi, le musicien « Hadfi Mouloud ». Il rentre définitivement en Algérie en 1987. Dans ses bagages une énorme bibliothèque de livres de musique qu’il avait rassemblés durant ses voyages, une grosse caisse à outillage pour la fabrication des instruments et un moule pour le façonnage de la coque du luth. Tout ce trésor à tété éparpillé à droite et à gauche, parfois entre les mains de musiciens avérés et parfois entre les mains de gens qui leurs servent uniquement de décor dans les bibliothèques de salon. En 1983 Il avait demandé à la mairie de Skikda de mettre à sa disposition un atelier pour initier des apprentis à la lutherie, mais en vain, personne ne s’est intéressé à son art. Il décéda à Skikda en novembre 1987 sans que sa ville natale et son pays ne profite de son savoir faire. La wilaya de Skikda sur suggestion des artistes de la ville lui avait rendu hommage à titre posthume en l’an 2001, dans le cadre des hommages rendus aux artistes sous le patronage du Président Algérien Abdelaziz Bouteflika.

Photo 1 : Azzouz Mouhamed en 1940, à la 3ème rangée, 3ème à partir de la gauche avec son trombone à coulisses. Photo 2 : et 3 en 1949 à Skikda dans son atelier de la maison Bellahmare peaufinant un luth, sous le regard de son ami l’ébéniste Marciano. Photo 4 : à Alger en 1965 avec un de ses luths. Photo 5 : à Alger en 1975 avec un journaliste de la revue « El Attir » éditée par la Radio et Télévision Algérienne. A coté de lui son luth qui ne le quitte jamais.

Un des luths fabriqué par Azzouz Mohamed Alias Elkhaldi

Un des luths fabriqué par Azzouz Mohamed Alias Elkhaldi
Vue de face et de dos et la signature àl'intérieur du luth. Voir plus bas une brève biographie du fabriquant de ce luth.

Cliquez sur la photo pour écouter ce luth entre les bras de Mouats Hafid, Avril 2009

Cliquez sur la photo pour écouter ce luth  entre les bras de Mouats Hafid, Avril 2009
Cliquez sur la photo pour voir extrait samai bayati de Brahim Elaryane, dailymotion mouats hafid pour écouter le son de ce magnifique luth. Le luth est chez mon cousin Kerraoui Saddek fan de cet instrument et de la musique orientale.
.................. Le luthier de Touggourt Belkacem Tlili: J’ai le regret de n’avoir pas eu le temps de visiter la ville de Touggourt le 30 Mai 2008 où j’ai fait un saut pour récupérer un instrument (Qanoun de mon association) réparé d’une main de maître et aussi acheter un des luths tant vanté par notre ami le flûtiste et cithariste (joueur de nay et de qanoun) Walid de Biskra. Selon les échos qui me sont parvenus, Touggourt est une ville cosmopolite, aussi ouverte que Biskra ville que j’ai visitée au mois d’Avril dernier. J’ai eu le plaisir de faire connaissance avec un luthier qui commence à être apprécié et respecté dans les quatre coins du pays. Il s’agit de l’artisan luthier « TLILI BELKACEM » né en 1969 qui nous a reçus chaleureusement chez lui à la manière des gens du sud avec leur hospitalité légendaire. D’abord musicien, joueur de luth grâce à son oncle un luthiste qui lui avait donné les premiers rudiments. Puis en 1985 par enchantement il décide de fabriquer un luth qui l’avait tant fasciné dans son enfance. De là a commencé sa chevauchée vers la lutherie, cet art si raffiné et rarissime de nos jours. Dans son atelier « DAR EL OUD » nous avons eu le temps d’examiner et de tester les instruments finis et utilisables. C’est une véritable caverne d’Ali Baba. Il nous a charmés par ses œuvres de grande qualité ornementale et acoustique. Nous avons pu apprécier un rebab façonné sur le modèle du rebab de Rachid Guerbas le chef d’orchestre national de la musique andalouse Algérienne. D’ailleurs, ce dernier lui avait acheté deux luths que ses éléments utilisent. Lors d’une exposition à Alger le célèbre luthiste Nassir Chema lui avait signé sur deux de ses luths qu’il avait trouvé excellent. Notre artisan est toujours en contact avec ce grand artiste, ce dernier lui avait promis de lui rendre visite pour une commande tout en lui recommandant son propre design. Nous avons aussi remarqué un joli Bouzq (Bouzouqi) qu’il avait fabriqué sans avoir devant lui un spécimen. Il compte ramener très prochainement un modèle de Turquie pour l’imiter fidèlement. Après les luths de différents types comme la Kouitra ou le oud el arbi, il maîtrise la fabrication d’autres instruments avec brio. Il nous semble que ce métier n’a pas de secret pour lui. Nous l’avons rencontré avec son ami, un professeur de musique pluridisciplinaire qui joue avec brio le Bouzq et le oud. Lui c’est le sympathique artiste « El Bar Mouhamed Fethi » avec qui nous avons échangé un instant nos connaissances sur l’univers des modes (maqamèts) Arabes et Maghrébins. C’est lui qui navigue sur le NET pour trouver des ingéniosités à son ami Belkacem afin d’améliorer ses produits. Fethi a une passion sans limite pour la musique classique Algérienne. Il nous a demandés de l’aider afin d’introduire cette musique dans sa ville à l’instar de Biskra et Laghouat. Comme je l’ai souligné sur un de mes articles, notre musique dite andalouse gagne le sud Algérien avec douceur et surtout avec engouement, car les gens du sud aiment tout ce qui est authentique. TLILI BELKACEN un nom à retenir.

Touggourt 01

Touggourt 01
Tlili Belkacem dans son atelier, en compagnie du président de l’association el fenne wal Assala de Skikda M Lahmar Salih et le cithariste Ganouche Abdelmadjid de la même association, entre ses mains une esquisse d’une kouitra.

Touggourt 02

Touggourt 02
Photo 1 en haut à gauche : Lahmar Salih, Boulfoul Madjid (chef d’orchestre el fenne wal assala Skikda) Belkacem et El Bar Mohamed Fethi avec le luth et Ganouche Abdelmadjid.Photo 2 : Lahmar Salih, Mouats Hafid (l’auteur du blog avec le bouzq) Tlili B., El Bar Mohamed Fethi et Ganouche A. Photo 3 et 4 : On n’a pas hésité à prendre des photos devant cette magnifique palmeraie.
....................... L’artisan luthier Bahri Hamadi de Skikda: En aimant la musique chaâbi et la poésie, tout en fréquentant les musiciens, il apprit à jouer avec un instrument tardivement. Mais pour rattraper le temps qu’il avait perdu et se mettre au diapason, il a osé entreprendre une décision qui le décomplexe définitivement vis à vis des musiciens et lui fait une place de choix dans le milieu musical. Celle de fabriquer d’abord une mandole, instrument fétiche du chaâbi, puis d’autres instruments utilisés dans cette musique. Avec une main d’or, il prend tout son temps pour affiner un instrument et le présenter fièrement comme un trophée. Certes, il s’est inspiré d’un autre artisan à Skikda, mais il a sa touche personnelle qui l’identifie comme un créateur. Après la finition de l’instrument qu’il fabrique, il a toujours le souci de perfection pour ajouter des ornements à son œuvre. Aussitôt la fabrication des mandoles, des banjos et des mandolines maîtrisée, il essaie de s’attaquer à des instruments plus compliqués tels que le violon et le luth charqi. Il aime les défis et il est toujours en quête de reconnaissance dans le milieu musical à Skikda. Cela suffit à son plaisir, car il ne fait pas ce métier pour de l’argent. Sous mes encouragements, il a participé à des expositions pour se faire connaître et profiter des conseils que les visiteurs lui prodiguent afin d’améliorer ses productions. La dernière exposition où il a montré tout son savoir faire, c’était au mois d’Août 2007, dans le cadre de la semaine culturelle de Skikda à Alger capitale de la culture Arabe. *mail de M Bahri : hamadi_211@hotmail.com Tel : 071332528

Photo : l’artisan luthier Bahri Hamadi avec ses instruments à Ryad El Feth, semaine culturelle à Alger capitale de la culture Arabe, Août 2007.
L'artisan Louahem m'sabah Ali de Skikda: Après avoir appris la musique au centre culturel « Ahcene Chebli » où il était mon élève, Ali avait acheté une mandole puisque il affectionne le chaâbi. Un jour, par besoin il le vendit. Mais en rentrant chez lui, il s’aperçut que quelque chose lui manquait. Bien sur, c’était la mandole, cet instrument qui lui permettait de s’isoler et fredonner les chansons du cheikh El Hadj M’Hamed El Anka. Alors, étant bricoleur, il décide de fabriquer une mandole. En réussissant ce premier instrument, il découvre la bonne passion et refait une autre mandole qu’il avait vendue à un chanteur chaâbi local. De là acquit sa réputation et devient ainsi réparateur et fabricant d’instruments de musique. Il participe à des expositions d’artisans et reçoit la télévision de la station de Constantine chez lui dans son atelier de fortune. Un reportage lui a été consacré et diffusé en Août 2004 dans le cadre de l’émission « Sabahiyète ». Il participe à la semaine culturelle de Skikda à Alger capitale de la culture Arabe en Août 2007. Son souhait est de s’installer dans un local décent que les autorités lui ont promis pour fabriquer des instruments à l’échelle industrielle et former des jeunes à ce noble métier.

photos de l'artisan luthier L.M.Ali

photos de l'artisan luthier L.M.Ali
Photo 01 : Mme la ministre Khalida Toumi semble émerveillé par les instruments de l’artisan luthier Ali M’sabah Louahem (semaine culturelle de Skikda à Alger capitale de la culture du monder Arabe, Août 2007) ; l’artisan devant son atelier de fortune, à l’intérieur de atelier et quelques échantillons de ses œuvres.

Le LUTH et ses dérivés : la KOUITRA et le OUD ARBI

............ LE LUTH et ses dérivés, la kouitra et le oud arbi: Faire connaissance avec le luth oriental avant de présenter les luths Maghrébins qui sont: la kouitra et le oud arbi. Bref historique: Cet instrument de musique était connu dans la péninsule arabique bien avant le 5ème siècle de l’ère chrétienne sous le nom de « Kirane» Il était fabriqué d’une seule pièce de bois, évidée d’un coté afin d’obtenir une caisse de résonance en forme d’une coque couverte d’une peau, et prolongée par un autre côté appelé « manche ». Il possédait trois cordes et parfois quatre. Par la suite l’instrument a été amélioré par l’augmentation des ses dimensions et en traitant mieux la peau couvrant la coque. On le nommait alors le « Mizhar ». C’était l’instrument favori de la tribu des qorayshites, très évoqué dans la poésie à l’époque de la « jahilya ». Au 6ème siècle l’instrument a encore était innové et connu sous le nom de « Barbat », mot composé qui signifie : « bar = poitrine en Persan, et bat= canard en langue arabe » par ressemblance à la poitrine du canard. Sa peau couvrant la caisse de résonance était substituée par une plaque de bois fin, ce qui donnait une sonorité différente et plus forte que les luths jusque là utilisés. Un autre luth venait juste après le « barbat » dénommé « Etambour ». Sa caisse de résonance était plus petite, en forme de poire, ovoïde (forme d’œuf), hémisphérique (demi globe) ou rectangulaire et doté d’un manche plus long. Ce qui caractérise ce luth c’est son timbre aigu. Il ne possédait que deux cordes. Au 8ème siècle « ZALZAL » (mort en 791) avait peaufiné le luth en séparant le manche de la caisse de résonance comme les instruments à cordes que nous utilisons de nos jours. Depuis, cet instrument mascotte de la musique arabe est toujours l’instrument de prédilection des musiciens et compositeurs. Il a été adopté par les chinois et les japonais à l’extrême orient, ensuite il s’est répandu à l’ouest en Espagne avec la conquête de ce pays par les arabes musulmans. Les Européens avaient connu cet instrument au 13ème siècle via l’Andalousie, et qui par la suite l’ont rénové, adapté à leur propre technique de doigté et lui avait ajouté d’autres cordes. De nos jours on trouve des luths un peu partout, de l’Iran. à la Turquie en passant par les pays de l’est de l’ancien bloc soviétique et bien sur dans le monde arabe. Peut on terminer cet aperçu historique sans évoquer le grand « ZIRIAB » de l’Andalousie ? celui qui fut autrefois musicien, poète, savant astronaute et géographe. De son vrai nom « ABUL HACEN ALI IBN NAFAA (789/857 de l’ère Chrétienne), il réinventa le luth en allégeant son poids pour plus de sonorité tout en gardant ses mêmes dimensions. Il avait aussi ajouté une cinquième corde au luth inséré entre la deuxième et la troisième. Les deux premières cordes étaient faites de soie et les trois autres avec les intestins de lionceaux (boyaux) et chaque corde en possédait une couleur. Comme il remplaça le plectre en bois (le médiator) par une plume d’aigle (richa). Le luth de ZIRIAB tel qu’il était conçu en Andalousie n’existe encore que dans le Maghreb arabe sous différentes appellations. L’objet de cet article est justement de présenter le luth Maghrébin communément désigné comme « une kouitra » dans la musique andalouse de l’école de Tlemcen (le gharnati) et d’Alger (la sanaâ) et comme « oud arbi » dans la musique andalouse de Constantine (le malouf). Au Maroc « la kouitra est peu utilisée, en Tunisie le oud arbi ou oud etounsi selon le lexique du malouf Tunisien est aussi peu utilisé. Les chercheurs sur la musique arabo- andalouse sont unanimes sur l’originalité de ses dérivés du luth oriental. Ils sont donc identifiés dans les milieux du Gharnati, Sanaâ et malouf comme des luths typiquement Maghrébins, d’origines Hispano-mauresque.

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien.

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien.
La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien, (La musique classique du Maghreb, édition Sindibad, 1980)

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien, (La musique classique du Maghreb, édition Sindibad, 1980)

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien, (La musique classique du Maghreb, édition Sindibad, 1980)

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien, (La musique classique du Maghreb, édition Sindibad, 1980)

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien, (La musique classique du Maghreb, édition Sindibad, 1980)

La kouitra et le oud arbi selon le Docteur Mahmoud Ghettat le Tunisien, (La musique classique du Maghreb, édition Sindibad, 1980)

La kouitra et le oud arbi selon le musicologue Jules Rouanet le Français.

La kouitra et le oud arbi selon le musicologue Jules Rouanet le Français.
La kouitra et le oud arbi selon le musicologue Jules Rouanet le Français (Encyclopédie de la musique/la musique arabe, édition Lavignac 1922)

La kouitra et le oud arbi selon le musicologue Jules Rouanet le Français (Encyclopédie de la musique/la musique arabe, édition Lavignac 1922)

La kouitra et le oud arbi selon le musicologue Jules Rouanet le Français (Encyclopédie de la musique/la musique arabe, édition Lavignac 1922)

Fiche technique d’une kouitra Maghebine

Fiche technique  d’une kouitra Maghebine

dimensions d'une kouitra et d'un luth arbi

dimensions d'une kouitra et d'un luth arbi
Tableau des dimensions de la kouitra et du oud arbi, du livre « la musique du Constantinois » de la musicologue Annabi, Docteur Maya Saidani, (édition Casbah, 2006)

La chanteuse de la sanaâ d’Alger :Bahdja Rahal avec sa kouitra , oud arbi et kouitra

La chanteuse de la sanaâ d’Alger :Bahdja Rahal avec sa kouitra , oud arbi et kouitra

Instrumentistes, kouitra et oud arbi

Instrumentistes, kouitra et oud arbi
Photos des instrumentistes de kouitra et oud arbi : En haut à partir de la gauche, les maîtres de la sanaâ d’Alger : Saidi, Sfindja et Bentefahi. Au milieu, l’orchestre du maître Larbi Bensari (au centre avec la cithare, elqanoun) à remarquer la différence entre le luth oriental (à gauche de la photo) et la kouitra (à droite de la photo). En bas à gauche de la photo : Le maître Zouaoui Fergani (frère du célèbre chanteur, Med Tahar) et Cheikh Salim Fergani (fils de Med Tahar), tous deux avec des luths arbis. A remarquer ici la même façon de tenir le luth arbi sur le genoux droit, la richa (le plectre) et la position de la main gauche sur le manche. Cela est évident car Selim et le disciple de cheikh Zouaoui.

Oud arbi (oud Tunisien), ici le luthiste Kh'meyès Tarnane

La fabrication et l’utilisation des luths Maghrébins en Algérie.

Pour la kouitra, elle est encore produite sur commande chez les rares luthiers de Tlemcen, comme chez le luthier « Bouali », où le luthier « Ghoul » d’Oran. A Alger, le plus connu des luthiers est « Nifer ». Pour le oud arbi utilisé au malouf, il existe des luthiers à Constantine et Annaba que personne ne connait sauf les gens du milieu. Ce précieux métier en voie de disparition est jalousement gardé par certaines familles. Les musiciens de Constantine et Annaba s’empressent avec engouement pour ramener de Tunisie le oud arbi (nommé oud Etounsi). S’exhiber avec cet instrument est synonyme de valeur, de respect et de connaissance de l’art malouf. La kouitra est très présente dans l’orchestre Gharnati et sanaâ où elle est mise en valeur dans les préludes en solo (istikhbar). Dans le temps, elle était l’instrument qui accompagnait les chanteurs. De nos jours, pour sa légèreté et ses ornements elle est devenue presque un instrument pour femme. Le musicien le plus connu pour cet instrument est Bahar d’Alger Le oud arbi c’est l’instrument de prédilection des chanteurs du malouf. Les plus distingué sont l’instrumentiste Fergani Zouaoui et son neveu Salim pour Constantine. Pour Annaba, je cite le chanteur Dib Elâyachi. En Tunisie, le oud etounsi est l’apanage des chanteurs de la famille des Gharsa, père et fils. Un dernier mot sur ces instruments, c’est la disparition des cordes en boyaux (intestin d’animal). Elles sont rares est chères. Remplacées par des cordes en nylon qui n’ont pas la bonne sonorité et le timbre original tant recherché par les luthiers. Aussi, devant la cherté du bois, les luthiers utilisent des bois moins nobles et non adaptés afin d’amortir le coût de l’instrument. Une idée seulement sur le prix d’une kouitra produite par les luthiers cités plus haut : cela varie entre 25000 dinars et 50000 dinars. Pour le oud arbi : entre 20000 et 50000 dinars. Si on se donne de la peine pour commander un oud tounsi de Tunis, il coûtera entre 30000 dinars et 70000 dinars. Mais, il existe des instruments d’occasions à la portée des petites bourses. LONGUE VIE À LA KOUITRA ET AU OUD ARBI. 1. Mouats Hafid, Mars 2008.
............. L’istikhbar inachevé de Ghenassia Gaston, artistiquement nommé "Enrico Macias" : L’istikhbar, c’est cette introduction vocale ou instrumentale où l’artiste musicien improvise sur une échelle modale sans l’intrusion de la mesure (la percussion), en affichant les couleurs de son récital, son excellemment dans le style qui lui convient et aussi sa manière de montrer des prouesses techniques vocales et instrumentales. Cette pièce est importante dans une nouba. Très appréciée par les connaisseurs et surtout les cheikhs de la musique dite andalouse maghrébine, garants de la tradition et du lègue de l’héritage de la civilisation arabo – musulmane de l’Andalousie, autrefois riche est prospère par l’art et la science. Dans le respect de la tradition, l’istikhbar est solennellement exécuté car il démontre le degré de maîtrise du chanteur ou de l’instrumentiste à cet art, qui dans le temps était réservé à une certaine élite et une certaine noblesse. L’istikhbar appelé prélude en occident ou « mouwel » au moyen orient est aussi très prisé par la communauté juive de Constantine d’où est issu le grand chanteur « Enrico Macias ». Mais, ce chanteur légendaire n’a jamais achevé son istikhbar comme lui avait enseigné feu « cheikh Bestandji » de Constantine l’un des monuments du malouf. En effet, si nous nous extrapolons sur un fait marquant qui fut le drame de la communauté Séfarade (nom donné aux juifs originaires des pays méditerranéens, par opposition aux Ashkénazes qui viennent de l’Europe centrale.) de Constantinoise qui s’est essouchée en rejoignant la France en 1962 année de l’indépendance de l’Algérie, nous constatons que leurs premières tribulations dans l’histoire contemporaine fut le jour où le Bey de Constantine « Salah Bey » mort en 1792, croyant bien faire de les regrouper dans un seul quartier connu sous le nom de « charâ », où jusque là les juifs étaient mêlés paisiblement et fraternellement à la population musulmane, plus particulièrement dans le quartier populaire musulman « Bab El Djabiya ». Avec cette mesure le Dey Salah (celui de la célèbre qaçida galou laârab galou écrite pars les juifs de Constantine pour lui rendre hommage) avait en quelque sorte stigmatisé la communauté en la confinant dans un ghetto. Les deuxièmes tribulations c’étaient la spoliation par la France coloniale de la communauté juive d’Algérie par le décret de Crémieux en leur octroyant en 1870 la nationalité Française. Les juifs d’Algérie auraient pu se manifester, refuser ce privilège et ce nouveau statut qui les séparent de leurs frères Algériens ? Arrive la guerre de libération nationale, dernières tribulations où une partie des juifs s’est encore désolidarisée de ses frères Algériens en prenant position contre la révolution, puisque ils se sont armés non pas pour se défendre mais pour se mettre carrément à la solde de l’armée coloniale. Dans notre région Skikda, la population se souvient bien du triste célèbre « Smaine le juif » qui avait terrorisé et torturé les pauvres paysans qui soutenaient les maquisards. Ils auraient au moins affiché leur neutralité dans cette guerre (...) Aux accords d’Evian, les négociateurs Algériens avaient donné des garanties pour que les juifs d’Algérie ne craignent pas des représailles (dixit le révolutionnaire Bentobal de Constantine), sauf bien sur ceux qui avaient fait du mal à la population. C’est dans la tourmente post - indépendance de l’Algérie que le chanteur Enrico Macias qui est bien apprécié par les Algériens avait signé son entrée dans la scène artistique et plus tard politique. Il chante pour l’amitié entre les peuples, la nostalgie du pays (bien sur l’Algérie), les mésaventures de ses semblables, l’amour et surtout la paix, il est devenu son ambassadeur auprès de l’O.N.U. Mais là ou le peuple Algérien ne l’a pas apprécié du tout, c’est son double langage. L’un pour la paix où il prône pour un état Palestinien, chantant Anouar Essadat et Yitzhak Rabin chantres de la paix, et l’autre langage pour les faucons de la guerre en soutenant les Bégin, Shamir, Sharon et autres va t’en guerre. Entre les chansons épatantes de ce chanteur bien de chez nous et ses interventions sur les plateaux de télévision il y a un décalage flagrant, que rien ne justifie son attitude confuse. Il est vrai qu’il fut longtemps prisonnier de certains lobbys très puissants en France qui l’ont épaulé dans sa carrière. Cependant, revenant à l’istikhar bien interprété par Enrico Macias « l’exile dans le pays étranger, ya ghourbati fi blèd ennas ». Il aurait dû terminer ce prélude en occultant jamais une partie de son histoire en Algérie. Les Français le considère comme un pied noir. Lui-même prétendait être d’origine andalouse (c’est-à-dire chassé de Grenade en 1492 avec les musulmans ses cousins) Mais, à vrai dire, il n’a jamais étalé ses origines « Chaoui ». Un Berbère de confession judaïque comme cela était rapporté sur la « la kahina » des Aurès. Il n’a jamais évoqué le village Azzaba (ex Jemappes) où ont vécu ses parents avant de rejoindre Constantine, ou bien Skikda ex Philippeville, la ville où il séjournait et passait des vacances chez son oncle le bijoutier Lévy. Il n’évoque non plus ses débuts dans la chanson aux kermesses de Skikda, sa participation à l’émission radio crochet de Skikda pour le concours de chant où il fut détrôné par un chanteur Skikdi en l’occurrence M Azzouz Rachid qui avait obtenu le 1er prix devant le Sieur d’alors Ghrenassia (devenu Ghenassia) Gaston alias Enrico Macias. Un vieux musicien de Skikda se rappelle bien de lui lorsque son cousin René Lévy qui fut un luthiste remarquable avec une troupe musicale de Skikda « Noudjoum EL afrah » le ramenait au local des répétitions pour jouir de bons moments musicales avec des musiciens qui jouaient aussi le malouf. Enfin, rien du tout de sa participation au gala de miss « Philippeville » en 1958. Sa venue en Algérie ? Parlons-on ! Enrico Macias souhaite ardemment retourner dans son pays. Cela est légitime. Mais là où la chose ne tourne pas bien, c’est son entêtement à donner un cachet médiatique et politique à son voyage. Pourquoi voulait t-il s’associer au voyage d’un président Français. Pourquoi fait t-il des boutades avec les médias en lançant des phrases telles que : « J’espère que Bouteflika tiendra parole » ou bien « je reporte mon voyage en Algérie pour éviter les problèmes de sécurité à ceux qui m’aiment » ? Pourquoi ramener dans son sac des centaines de journalistes pour couvrir sa visite à Constantine ? Tout simplement, il aurait fait le voyage accompagné par sa femme et ses enfants, ou à la rigueur par son beau frère et ses belles sœurs fils du cheikh Raymond Leyris. Si j’étais dans sa situation je débarquerais en Algérie sans alerter personne. Aller manger chez ses anciens amis la chekchouka, le couscous et le makroud de Constantine. Aller à la rencontre des musiciens, exécuter une nouba sika, suivi d’un mahdjouz, spécialité des artistes juifs de la ville des ponts et enfin assister à une fête de mariage ou le malouf est toujours à l’honneur. Faire une virée vers les Aurès pays de ses aïeux, faire un saut à Azzaba située à 30km de Skikda, histoire de voir la maison de son père qui existe encore, faire un tour à Skikda pour se baigner à « Paradis plage » tant fréquentée par les Ghenassia et enfin, donner un récital à la salle « l’U.P » de Constantine où en 1954 il s’est produit avec tonton Raymond. Il contacterait des éditeurs Algériens de CD pour établir des contrats pour son prochain album « j’ai retrouvé mon pays, son soleil et sa mer bleue ». Il pourra même faire des investissements ou acheter des biens immobiliers. A son retour de France ce ne sera pas la fin du monde, il aura une autre idée sur son Algérie et ses gens. Enfin, tout est bien qui finit bien. Enrico ! Tu viens en Algérie quand tu veux, mais pas comme tu veux. Par MOUATS HAFID, fan d’Enrico. Décembre 2007.

Enrico Macias chantant le malouf accompagné d’une troupe Constantinoise. Un luth pour son istikhbar « qalbi we qalbek madjrouh », Derrière, un chanteur de Constantine et lui, l’oriental ( ?...) avec sa guitare occidentale. Il se défini comme tel : entre l’orient et l’occident.

Dans ses bras un luth oriental (et non un oud arbi de Constantine), symbole d’un attachement à un art et à une civilisation. Un regard plein de respect et de tendresse pour papa Sylvain (avec son violon alto en position traditionnelle à la manière d’un « rebab ») sous le regard de cheikh Raymond Leyris son père spirituel.
............... Faire connaître ma ville. Petit historique sur Skikda ( Rusicade, Philippeville *): Lors de l’occupation Phénicienne trois siècle avant Jésus Christ ( où Stora fut mentionné sur la liste des comptoirs Phéniciens) l’actuelle Skikda fut baptisée «THAPSUS » ou « TAPSAS » au nom de la rivière ( Saf Saf, mot berbère désignant le peuplier blanc jonchant l’oued ) qui coule entre les deux collines de Bouyaala et du Djebel Skikda ( actuellement Bouabaz). Puis les Romains l’ont dénommée Rusicade. Rusicada ou Rusicade : Rus = cap ou tête, Sicada = cigale, ou bien Ras El Uqadh en punique des Carthaginois, ou bien Ras el Waqadh en Arabe : cap des cigales , cap du feu, était une cité romaine construite sous l’empereur Hadrien ( 117 – 158 ) vers 133 après Jésus Christ. Elle s’identifie de part son port, ses monuments, ses temples, ses nécropoles, ses fontaines et son système d’irrigation sophistiqué. Aussi, par son cirque antique de forme ovale, situé sur les hauteurs de la cité où des jeux olympiques s’organisaient régulièrement. Comme les sports aquatiques, puisque l’arène du cirque était un grand bassin d ‘eau qu’on vidait à la fin des épreuves pour laisser place aux combats entre des compétiteurs humains et animaliers, par exemple les combats de lions. D’ailleurs on a une région à ‘l’Ouest de la ville qu’on nomme « ravin des lions » car cette espèce d’animal paraît – il avait existé dans notre faune. Enfin, son joyau théâtre Romain ( où parte un souterrain qui aboutissait au port de Skikda ) qui de nos jours est resté presque intact grâce à une bonne préservation et les travaux de restaurations dont la dernière remonte à 2006/2007. Le diamètre de son arène est le plus grand d’Afrique du Nord. Plus grand que le théâtre de Timgad ou de Djimila. Actuellement ce théâtre qu’on a toujours utilisé pour des galas artistiques, est en pleine restauration pour sauvegarder son authenticité. Le musée de la ville renferme pas mal de vestiges retraçant le long séjour des Phéniciens, des romains, des Vandales, des Byzantins ( pas de vestiges Turque ) et des Français dans notre pays. Des traces de la présence romaine son très visibles dans la ville et dans la région de « oued bibi » où il existe des repères d’un édifice connu sous le nom de « villa romaine », sans omettre les sept puits de la porte des Aures, la voûte et les puits de Stora. Peu de traces de l’invasion des vandales ( 460-533 après JC ) si ce n’est les têtes coupées des statuts Romaines et qui se trouvent toujours au petit musée de Skikda. Couper les têtes de statuts représentant des dignitaires Romains est un symbole dominateurs pour les vandales. De la civilisation arabo – islamique, Skikda qui fut peuplée par des Banou hillal du Yemen, n’a pas assez de repères si ce n’est le nom de la ville qu’on attribut peut être à tort au groupe de mot latin « Seka ada » qui signifie le « phare du rocher » d’où la transformation en arabe en « Soukaikada » citée au 16ème siècle après J.C. par le grand voyageur et géographe Hassen El Wezène dit Léon l’Africain et « Sikda » citée par Ibn Khaldoun au 14ème siècle après J.C. Plus tard, un historien Européen l’avait cité « Sekikda ». Il y a aussi, la célèbre mosquée de la ville « Sidi Ali Dib » où le premier Imam « Sidi Ali El Addib, le littéraire » là aussi une autre déformation « El Addib est devenu Dib (le loup) » Ce cheikh est venu de la région de Bejaia au début du 18ème siècle et originaire de Syrie pour officier les prières des croyants. et construire après sa mort cette mosquée qui existe toujours depuis 1844. Du long séjour des Ottomans dans notre pays, point de traces à Skikda, si ce n’est le souvenir des tribus makhzen qui percevaient la gh’rama ou le hokrr sur les pauvres paysan , et aussi les luttes inter - tribales entre les principales grandes tribus de la région. Les tribus des Beni M’henna érigées au temps des Turques en tribus makhzen. Estimées au moment de l’invasion Française à 3000 habitants, ont chassé les autres tribus vers l’Est de la grande vallée du Saf Safsaf : les Arb Skikda, les redjata, les Zerdaza. Plus à l’ouest : les Zeramna, les Beni Tenfout, les Beni Salah, les ouled el Hadj, les Beni Oualbane, les Beni Ishaq, les Eulmas et d’autres fractions de tribus. Les Turques avaient toujours encouragé, voir fomenter les uns contre les autres pour se guerroyer. La France coloniale s’est inspirée du modèle Turque en soutenant certaines tribus qui se sont soumises des le début de sa conquête comme quelques fractions des Benni M’henna du légendaire « Gaid Inel Ess’oudi ». Elle avait aussi encouragé la belligérance et le clivage qui malheureusement existe encore jusqu’à nos jours entre les « Souhailiya du littoral ( en termes invective et populaire les Ouled Leblad ) et les Djebailiya des montagnes de l’est et de l’Ouest. Mais, à vrai dire, la France avait édifié une ville moderne. Bien sûr pour le bien être de ses colons , car les autochtones Berbéro - Arabe n’avaient jamais joui de la prospérité économique et sociale qu’avait connu cette ville autrefois dénommée par les colons « le petit Paris ». En effet, la France après l’invasion du pays en 1830, elle avait occupé Skikda en 1938 après la chute de Constantine. Mais une année plutôt, elle a fait une tentative pour explorer la région car elle cherchait un port pour assurer une voie maritime sûre et rapide pour approvisionner Constantine la conquise, en ravitaillement et en munition. Avec cette expédition, elle avait rencontré une résistance des habitants de la région à leur tête un certain « Si Zaghdoud du Djebel Edough, dénommé « El Mouqawèm » et qui avait semé la déroute aux troupes du Général Négrier, originaire de Belfort ( ville qui en 1986 avait fait un jumelage avec Skikda et dont le Maire n’est autre que le très connu J. P Chevènement ex dirigeant du PS ). Après avoir réprimé la résistance non sans difficulté et d’une façon non définitive, puisque la lutte pour chasser le colonialisme n’avait jamais cesser jusqu’à l’indépendance, elle a commencé à étudier la région en se basant sur les cartes antiques et toutes les données historiques des richesses de la région. Skikda fut rebaptisée Fort de France du nom du navire qui permit le 1er débarquement sur la baie, puis, encore rebaptisée « Philippeville » en honneur au roi Philippe le 17 novembre 1938 sur proposition du Général Valée commandant du corps expéditionnaire de Constantine . Ils ont commencé à fortifier les forts pour les militaires et les remparts de la ville déjà édifiés voilà des siècles par les Phéniciens et les Romains pour se protéger de l’ennemi. Ils ont construit le port, ensuite les habitats pour les colons principalement sur ses deux collines du Djebel Bouyaala et Djebel Skikda prolongé par le Djebel El Mouadar ( l’actuel Bouabaz) entre lequel se trouvait une rivière et dont le cours d’eau a été dévié pour y construire une artère principale (avenue Clemenceau, Didouche Mourad actuellement) divisant la nouvelle ville en deux. Derrière la ville se trouve des plaines. C’était des marécages et tout au tour des terres très fertiles avec ses deux cours d’eaux « oued Zeramna et oued Saf Saf » qui eux-mêmes se rencontrent non loin de là et aboutissent à une embouchure se déversant dans la mer à l’Est de la ville. Après plus de cent ans d’occupation, voilà en gros ce qu’avait édifié dans notre ville le colonialisme : Une gare ferroviaire considérée comme la meilleur du pays de par son architecture, Une route avec des ramifications reliant Skikda à Constantine, une autre vers Annaba, un barrage, une centrale électrique et gaz, un port, beaucoup de fermes agricoles, des manufactures, des exploitations de mine de fer et de marbre. Sur le plan culturel, le colonialisme a construit des écoles d’indigènes (…) et des écoles laïcs qui au début étaient fréquentés exclusivement par les enfants de colons et quelques rares privilégiés parmi les autochtones de la région. Il avait construit un joli Théâtre municipal, une salle polyvalente ( l’artisanat, salle Aissat Idir ) pour les œuvres d’art et les conférences, quelques cinémas, un musée, et d’autres infrastructures sportifs et culturelles au profit de la communauté coloniale composée d’Européens, dont des polonais, des maltais, des italiens, des allemands, des espagnoles, des juifs et des colons de souche française. Autour de ces communautés, il y avait les gens de la région d’abord qui sont majoritaire par leur nombre, puis se sont greffés à tout ce nouveau monde d’autres peuplades venant de la Kabylie, des Aures, de Biskra, de Souf, du Mzab pour servir les colons et surtout les riches colons qui exploitaient les pauvres paysans dans les fermes agricoles, les manufactures de fabriques et aussi les mines de fer et de marbre des montagnes de « Fil Fila ». Il est vrai qu’une civilisation est passée par-là, mais à quel prix et avec quels moyens ? Evidement en pillant nos richesses, exploitant nuits et jours nos populations pour la construction de la ville, ceci pour la prospérité du colon et de la France coloniale. Après un long combat contre l’occupant ( 132 ans), l’Algérie est enfin libre grâce au sacrifice des hommes et des femmes. Les séquelles de la guerre sont là, la misère est là, mais, petit à petit le pays est sorti de sa léthargie. Skikda après l’indépendance, comme d’autres villes et toutes les régions du pays avait bénéficié de plusieurs plans pour se développer. Certes, le niveau de vie n’a cessé de s’améliorer depuis, mais les écarts entre les couches sociales sont énormes. Une démographie galopante, des planifications anarchiques et irréfléchies. Résultat : la ville suffoque et l’espace se rétrécit. Elle s’est étendue au sud, au détriment des vergers autrefois pleins d’agrumes. Aujourd’hui, nos plaines sont envahies par le maudit béton. Une zone industrielle principalement pétrochimique , l’une des plus grande d’Afrique se situe sur la côte est de la ville, qui fait vivre l’économie et les gens de différents horizons du pays. Mais cette aubaine a son revers pervers aussi. C’est cette pollution marine, terrestre et atmosphérique que l’or noir engendre. Malgré tout ce constat négatif, Skikda est restée coquette par sa nature et par l’hospitalité de ses habitants. Sa corniche de Stora demeure une attraction pour tous les visiteurs. Il y a des zones où la nature a été épargnée à l’image des plages de Oued Bibi, la grande plage, les plages de Stora, les plages de Oued Guerbez ainsi que les montagnes sur les routes menant à Collo. Skikda est connue pour son marbre blanc de Fil Fila, son port de pêche et pétrolier, et depuis quelques années par sa nouvelle vocation : la culture de la fraise. Ce fruit dont la ville fête chaque mois de mai sa production, fut implanté par des colons italiens et Maltais au début du siècle dernier, et dont sa variété « la rusicade » demeure la plus juteuse et la plus appréciée. Petit rajout : Depuis les années soixante- dix avec l’industrialisation, Skikda n’avait jamais connu de grands chantiers pour aménager la ville. Actuellement de grands travaux sont en cours ou sont achevés. Le port de Stora en pleine extension et aménagement (voir la maquette dans mon blog), le littoral « îlot des chèvres » est en transformation total, un échangeur avec ses ramifications de ponts à l’entrée Est de la ville est achevé en attendant son inauguration et d’autres grands chantiers attendent de voir le jour comme le projet du tunnel Benimelek / El fetoui, le téléphérique, la maison de la culture (enfin...)La bibliothèque etc. Voilà ce qu’apprécie notre peuple. Des investissements qui durent et qui règlent les grands problèmes de l’heure. Par : MOUATS HAFID. * en puisant sur différents ouvrages de l’histoire de ma région et sur ma propre lecture de l’histoire.

Photos Philippeville / Skikda

Photos Philippeville / Skikda
Photo1- en 1845; p2- en 1891; p3- en 1856 ; p4- 1916 ; p5- 1920 ; ( p6 et p7 en 2007 par l’auteur du blog.)

Photos vestiges romains dans l’ex pépinière à côté du théâtre, restauration et aménagement 2007

Photos vestiges romains dans l’ex pépinière à côté du théâtre, restauration et aménagement 2007
entre les vestiges, l’auteur du blog : Mouats Hafid.

Photos remparts de Philippeville : Photos par l’auteur du blog

Photos remparts de Philippeville : Photos par l’auteur du blog
1- rempart montagne Bouyaâla vue Ouest ; 2 - rempart porte des Aurès vue Est ; 3 - dalle de mosaïque sous le rempart porte des Aurès ; 4 - rempart bouyaâla vue Est ; 5 et 6 -fragment mosaïque sous le même rempart ; 7 - rempart porte des Aures vue Ouest, sous ses pieds la dalle de mosaïque. ( Un fragment de cette mosaïque a été déterré et remis au musée de Skikda par les deux concepteurs du musée: M Messikh Badreddine et M Graiene Noureddine )

Photos théâtre romain

Photos théâtre romain
photo 1- Peinture de Jules Chabassier ; p2 statues au-dessus de l’arène du théâtre; p3- 1938 au centenaire de l’occupation ; ( p4-p5- p6- p7- p8- et p9- aménagement 2006/2007 ; p6 aménagement 1986, photos par l’auteur du blog.)

Photos Skikda actuelle

Photos Skikda actuelle
: En haut de gauche à droite : Château Bengana ; Entrée du musée ; La gare ferroviaire ; Le théâtre municipal ; Porte banque centrale ; Phare de Stora vue Ouest ; Hôtel de ville la nuit ; l’île du S’rigina ; Phare de Stora vue Est. Plage Marqué ; Paradis plage ; Plage militaire et le tunnel de Stora.

photos prises le 06/08/2007 et fusionnées par l'auteur de ce blog

photos prises le 06/08/2007 et fusionnées par l'auteur de ce blog
Skikda Sud, à remarquer les fumées des torches de la zone industrielle, à droite la polution du dépotoir "zefzef"

Projet port de Stora

Projet port de Stora
Le port actuellement est un immense chantier

La baie de Skikda

La baie de Skikda
Vue satelite
........................Faites connaissance avec quelques associations musicales de Skikda.................. Association Musicale " EL FENNE WEL ASSALA DE SKIKDA "

Petit historique

Agrée le 30/11/2003, l'association est née de la volonté de redorer le blason à une activité culturelle en perte de vitesse dans la ville de Skikda. Il fallait sortir le champ culturel de sa léthargie; les associations musicales et leurs composantes humaines étant tombées dans la marginalisation pour ne pas dire l'oubli. D'où la dénomination de l'association "Art et authenticité" comme un défi pour sauvegarder ces arts et celui de les inculquer aux générations montantes. Nos musiciens issus d'anciennes associations ou de groupes indépendants de Maalouf ou de Chaabi se sont fixés plus qu'un simple objectif; le "challenge" de monter une solide formation capable d'enraciner le genre dit "Çan'a d'Alger" dans la ville de Skikda et de sa région. Un peu par une ouverture d'esprit, un peu par souci de diversité mais surtout pour l'amour de cette musique et pour tout le raffinement qu'elle véhicule. Pourquoi introduire la Çanaâ dans la ville de Skikda ? Skikda est une ville nouvelle, fondée par les colons. Puis sont venues se greffer des peuplades venant de plusieurs régions du pays. Elles se sont sédentarisées pour former une société d’essence citadine, rurale et occidentale avec des colons venus principalement du sud de l’Europe. C’est ainsi que les gens de tous ces horizons ont ramené avec eux leurs cultures et leurs modes de vie, donc leur musique aussi. Dans les fêtes familiales et autres célébrations, on entonnait toutes sortes de rimes : du chaoui, du kabyle, du malouf Constantinois ou Tunisien, du Souf, et plus tard, de l’oriental, du chaâbi et aussi de la musique occidentale. Donc, la réponse à notre question est toute faite: le Skikdi est ouvert à toutes les formes d’expression lyrique, d’où le choix d’adopter peut-être la seule musique qui manquait à la richesse de ce répertoire : la Çanaâ Petite anecdote : Il est aussi important de souligner que l’endroit où l’idée de se regrouper avait mûri et donner le point de départ à notre démarche, c’était ce fameux arbre plus que centenaire du centre ville qui avait échappé miraculeusement à la tronçonneuse lors de la démolition du square. Cet arbre baptiser « arbre de Boulfoul » au nom de Madjid Boulfoul le chef d’orchestre où il élit domicile en chaque fin d‘après midi après une dure journée de labeur pour ce rafraîchir sous son ombre, et aussi pour rencontrer la famille des musiciens qui se sont quelques part égarés, faute de locaux ou de forums pour échanger des nouvelles artistiques. Cet arbre en l’absence d’un local propre à l’association a été la boite postale et notre objet fétiche car il nous a porté chance. L'Association Après l’installation d’un comité très dévoué et dynamique avec à sa tête comme président le très respectable M LAHMAR SALIH connu dans le milieu musical et qui, avec sa longue expérience dans le mouvement associatif pouvait apporter un apport considérable à la formation naissante, l’association entame les premières répétitions en janvier 2004 sous la direction d’un chef d’orchestre élu à l’unanimité lors de l’assemblée constitutive: M BOULFOUL MADJID. Son savoir-faire et son long chemin dans la pratique musicale constituent un atout certain pour mener à bien la formation, le perfectionnement et dans la bonne progression de l'ensemble. Objectifs L’association a tracé un programme ambitieux et prometteur, à long terme et à court terme dont voici les grands axes : - Achat d'instruments de musique indispensables à la musique classique Algérienne, type Çanaâ d’Alger. - Choix d’un programme de chants et de pièces instrumentales comprenant : touchiats, bachrafs, noubas, haouzis, aroubis, meddihs et autres dérivés de la musique dite andalouse. - Création d’un atelier de musique au profit de nos enfants; édition d’une revue semestrielle musicale, recyclage des membres de l’orchestre en vue d’élever leur niveau artistique (par le solfège, la technique des instruments et toute la culture musicale se rapportant à la Çanaâ d’Alger.) - Collaboration avec les institutions étatiques sur tout ce qui est en relation avec la pratique musicale. - Participation à toutes les manifestations culturelles (festivals, forums, échanges, etc.) Remerciements Les membres de l'association tiennent à remercier tous ceux et celles qui les ont encouragés à persévérer dans cette voie. (En premier lieu le Directeur de la culture de la wilaya de Skikda M ABABSIA ABDELAZIZ).

le logo de l'association

le logo de l'association
Art et authenticité, Skikda

Le mot du Président de l'association

Avec le nouveau souffle donné à l’activité culturelle dans notre ville, où le mouvement associatif principalement musical était en hibernation, notre intention consistait à la reconstitution d’une nouvelle association musicale puisant sa source dans la musique arabo- andalouse. Tout en préservant ce riche patrimoine après des années de répit, nous oeuvrons pour l’unité des artistes de toutes générations, fidèles à leur devoir de musicien, celui de surmonter les entraves qui peuvent nuire à la bonne continuation et à l’évolution de ce précieux héritage, que se soit au niveau local, régional, national ou international. Tout en sachant que notre génération a su entretenir ce noble art dans notre ville pendant plus d’un demi-siècle, afin de le promouvoir, d’aboutir à nos espérances et récolter enfin le fruit de nos durs labeurs. Notre devoir c’est aussi œuvrer pour la formation de cet ensemble de jeunes et anciens artistes, capables d’assurer l’alternance, la continuité. De hisser haut le niveau culturel musical et enfin de rivaliser pourquoi pas ? avec les élites nationales à l’instar des formations de renoms telles que : « El Mossilia El Djazairia, El Widadia de Blida, Nadi El Hilal de Mostaganem, La SLAM de Tlemcen ou El Bestandjia de Constantine » L’un des nobles objectifs que nous espérons réaliser, c’est une école de musique traditionnelle pour assurer la relève garante de la sauvegarde de cet art. Mais pour concrétiser notre programme, nous tenons beaucoup au soutien indéfectible des pouvoirs publics car la tâche est rude, néanmoins prometteuse pour les générations montantes. QUE DIEU NOUS AIDE. Le président de l’association : M LAHMAR SALIH

PALMARES

 Soirée journées de la musique populaire : Setif, maison de la culture :Juillet 2005  Festival de la musique andalouse : Constantine, maison de la culture, avril 2006  Célébrations de la journée de l’artiste, théâtre de Skikda: 08/06/2005 ; 2006 ; 2007  Festival de la musique andalouse : Alger palais de la culture, juillet 2007 * Semaine culturelle de Skikda dans le cadre l'Algerie capitale de la culture arabe. Sur l'esplanade de ryad el feth Alger le 07/09/2007. * Hommage à la chanteuse Meriem Fekkey, Biskra le 25 mars 2008. * Festival national de la musique sanaâ, Alger le 12/07/2008 au palais de la culture.

En séance de répetition

En séance de répetition
Assis partir de la gauche : Chaâbna Madjid (luth, vice président), Dib Mustapha (violoncelle), Gannouche Madjid (luth), Mouats Hafid (violon, vice président) , Bouaziz Djamel (Alto), Cheriet Ahcene (violon).Debout à partir de la gauche : Benmoussa Djamel (mini mandole), Bagghloul ahcene (guitare classique), Taguiguig Rezak (tar), Boulghans Djamel (mandoline alto), Boulfoul Madjid (Mandole, chef d’orchestre) , Lahmar salih (président)

Au théâtre de Skikda le 08/06/2004

Au théâtre de Skikda le 08/06/2004
1er rang à partir de la gauche : Boulfoul Madjid (mandole; le chef d’orchestre ), Benslama Abdallah (luth), Boulfoul Toufik (luth), Bourouba Hocine (luth), Gannouche Madjid (luth), Guessad Fares (derbouka), Taguigue Rezak (tar). 2ème rang : Dib Mustapha (violoncelle), Chaâbna Madjid (mandoline, le vice president) , Benmoussa Djamel (mini mandole), Abdelkrim (mandole), Touioui Lyes (mandoline), Baghloul Ahcene (mandoline alto), Boulghans Djamel (mandoline alto). 3ème rang : Bouaziz Djamel (violon alto), Bouguerra Lakhrouf (violon alto), Mouats Hafid (Violon 4/4, vice président), Belkouadria Djamel (violon), Cheriet Ahcene (violon), Cheribat Djamel (violon).

Au théâtre de Skikda

Au théâtre de Skikda
Soirée Ramadhan 2006, l'auteur du blog M Mouats Hafid 1ere rangée à gauche avec son violon alto.

Au théâtre

Au théâtre
Ramadhan 2006

Arbre de Boulfoul

Arbre de Boulfoul
C'est ici sous cet arbre que l'association a vu le jour. Faute d'un local, c'est notre lieu de regroupement tous les soirs pour évoquer les nouvelles de l'activité culturelle dans notre belle ville Skikda.Photo 01 : Boulfoul Madjid, le chef d’orchestre de l’association El Fen Wel Assala, avec sa mandole ; 02, 03 et 04 : les éléments de l’association avec l’auteur du blog sous l’arbre fétiche dénommée « arbre de Boulfoul (Madjid) »
.........................Biskra El Andaloussiya, hommage à la chanteuse populaire native de Biskra: Meriem Fekkey. Nous connaissons Biskra l’antique Vescera de par son passé romain, son histoire avec le conquérant arabe musulman Oqba ibn nafaâ el Fihri. Nous avons toujours entendu les Biskris l’appeler fièrement « capitale des Zibans ». Nous avons l’image de cette ville porte du Sahara, symbolisée par sa véritable forteresse naturelle «El Kantara », où le visiteur semble pénétrer le Sahara par un profond canyon, prolongé par des palmeraies. Mais nous redécouvrons en mars 2008 Biskra l’actuelle, avec l’hospitalité légendaire qui caractérise les gens du sud. Son climat doux, ses fruits (datte, olive, abricot et grenade), son eau salée qui a des propriétés curatives canalisée vers sa station thermale « Hammam Essalhin », très fréquentée surtout en hiver et au printemps. Et enfin, ses sens élevés pour la culture et l’art musical. A voir les gens dans la rue de Biskra, on devine aisément la diversité de sa société. Elle est Tellienne et Saharienne à la fois. Saharienne par son encrage dans des traditions bien visibles dans la région et Tellienne par sa faculté d’ouverture vers le nord, symbole d’ouverture et de modernisation. Musicalement, Biskra ressemble à ma ville Skikda qui a toujours adopté des cultures musicales de différents horizons. La dernière intrusion en matière de musique est le genre Sanaâ d’Alger dont les deux villes lui vouent un amour sans limite, cette musique qui puise son origine de l’Andalousie musulmane. El MOUTRIBIYA de Biskra et EL FEN WAL ASSALA de Skikda, deux associations musicales qui ont le souci du perfectionnisme et de la sauvegarde des traditions, véritables identités d’un peuple uni par la foi et l’amour pour l’art. La musique andalouse est aux portes du Sahara. Demain, elle gagnera et enrichira le sud avec son malouf, son gharnati et sa sanaâ. Que ça déplaise aux nostalgiques de la noblesse perdue, aux révisionnistes de l’histoire et aux intrus de la dernière heure qui renient l’appellation même de « musique andalouse » pour la dénommer avec mépris et esprit réducteur en « musique Maghrébine ». En la qualifiant de la sorte, ils veulent signifier ce rabaissement de la période de décadence où le Maghreb Arabe somnolait depuis des siècles dans les conflits et les guéguerres de territoires. Si cet héritage est assimilé à L’Espagne musulmane, cela signifie l’attachement à une civilisation autrefois prospère, et qui avait jeté les bases (avec la civilisation Grecque) d’une renaissance occidentale. De grâce, laissez là comme musique « andalouse» car c’est notre cordon de référence et de fierté d’avoir réclamé et appartenu à une civilisation. Du 24 au 27 mars 2008, Biskra avait vibré aux cordes des instruments acoustiques des associations, avec leurs pépinières de petits musiciens très prometteurs et de généreux professionnels de la chanson classique qui avaient accepté l’invitation pour participer à l’hommage rendu à la chanteuse populaire Algéroise « Maâlma Meriyem Fekkey », née en 1889, originaire de Biskra, elle s’est épanouie dans la chanson avec cheikha « Tetma » et Maâlma « Yam’na » en créant plus tard sa troupe féminine « El M’semâiya ». Morte à Alger en 1961 après avoir enregistré l’unique disque en 1959 et laissé des films TV où on la voit à côté d’une autre chanteuse qui l’avait succédé « Fadila Dziriya ». A voir la symbiose et l’atmosphère de convivialité qui avaient régné durant ces journées, nous pensons que la musique andalouse a encore son avenir et sa place de choix dans la mosaïque lyrique de notre cher pays. El MOUTRIBIYA de Biskra une association modèle, qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire réussir cet événement culturel. Ses sympathiques éléments qui avaient managé cette heureuse rencontre et servi de guide aux délégations, se sont dévoués remarquablement pour nous servir, nous mettre à l’aise dans un confort où rares de nos jours les festivals pouvaient offrir. Car voila maintenant deux décennies que dans ce genre de forum, les troupes qui se produisaient sur scène devraient rentrer le lendemain pour laisser place à d’autres arrivants. Résultats : il n’ y a presque plus de rencontres entre les artistes qui justement sont là pour échanger les expériences et les répertoires. Notre association « EL FEN WAL ASSALA de Skikda » » a eu l’honneur d’être invitée et avait tenu à marquer sa présence par une nouba SIKA pour s’afficher et se positionner désormais dans l’école Sanaâ d’Alger. Après que Skikda fut un bastion du malouf et du chaâbi, voila un autre apport qui ne fait qu’enrichir et diversifier la pratique musicale. Je termine mon article en soulignant la disponibilité et le précieux concours du premier responsable de la wilaya pour garantir le succès de cette manifestation. Un wali qui assiste à toutes les soirées et veille à la bonne marche de ses journées mérite respect et admiration pour son sens du devoir envers la population Biskri, la culture et les artistes, à l’image des invités d’honneur comme le chanteur Dib El Ayachi de Annaba et la chanteuse Kara Torki d’Alger. Je cite aussi le concours des Directeurs de la culture, de la jeunesse et des sports et de l’omniprésent M Fethi Rachid, Chef d’orchestre et président de la MOTRIBIYA, qui par son intelligence, son énergie et sa gentillesse avait donné une touche d’ornement à cette rencontre que nous souhaitons qu’elle dure avec l’officialisation et l’inscription de ce 2 ème rendez-vous comme « festival national ». Mouats Hafid Avril 2008

p1Biskra

p1Biskra
Association El Fen Wel Assala de Skikda 01

p2 Biskra

p2 Biskra
Association El Fen Wel Assala de Skikda 02

P3 Biskra

P3 Biskra
Association El Fen Wel Assala de Skikda 03

p4 Biskra

p4 Biskra
Association El Moutribiya de Biskra

p5 Biskra

p5 Biskra
Association El Mouwahidiya de Nedrona

p6 Biskra

p6 Biskra
Association Maqam de Constantine

p7 Biskra

p7 Biskra
Association El Djazira d’Alger

p8/ Biskra

p8/ Biskra
Orchestre National de la musique andalouse, sous la Direction de Guerbas Rachid.
orchestre national (Fetah Rouana le chanteur de Skikda fait parti de cet ensemble, 3èmè au 1er rang à partir de la gauche de la photo, avec son Alto)

p9 Biskra

p9 Biskra
Fusion el Moutribiya et El Djazira

p10 Biskra

p10 Biskra
A partir de la gauche de la photo : Le chef d’orchestre Madjid Boulfoul, le président Lahmar Salih de l’association El Fen Wel Assala Skikda et Mouats Hafid l’auteur du blog.

p 11 Biskra

p 11 Biskra
Ici dans cette photo : à partir de la gauche, Ganouche Madjid le cithariste d’El Fen Wel Assala, Walid joueur de nay (nayati) et cithariste, Mouats Hafid l’auteur du blog et Othmane le luthiste de Biskra. Echange entre artistes, tel est l’intérêt de ces rencontres.

p 12 Biskra

p 12 Biskra
Visite des membres de l’association El Fen Wel Assala à la mosquée historique de Sidi Okba

p 13 Biskra

p 13 Biskra
Visite des délégations à El Kantara, Nous retenons dans cette sortie la disponibilité du sympathique guide d’occasion, à la casquette blanche, qui à vrai dire est un cinéaste de Biskra.

p 14 Biskra

p 14 Biskra
Porte et falaises d’El Kantara et l’auteur du blog dans la palmeraie

p 15 Biskra

p 15 Biskra
La mascotte de l’association El Fen wel Assala : Anis, fils du président.
La première remarque amicale faite à cette association, c’était la non présence des petits musiciens dans le groupe de Skikda. En effet, parmi les objectifs de cette association c’est la constitution d’un atelier pour former et enraciner la sanaâ à Skikda. Mais faute d’un local, il est difficile de concrétiser cela. En attendant le petit Anis 1er élève de la futur classe, a la hâte d’apprendre la touchiya Ghrib, il répète avec la mandoline luth même dans le bus, quel engouement !
...................Une association modèle : EL ITIHAD EL FENNI (1972/1988): Faire un récit sur cette prestigieuse association musicale est sans doute pour moi un coup de cœur et une passion sans limite, car j’ai voulu par ce bref historique immortaliser par ma plume l’apologie d’une famille qui fut prospère et épanouissante. Rendre aussi à ma manière un bel hommage à mes compagnons, qui dans la joie et parfois dans la douleur nous avons vécu une aventure merveilleuse. Notre association était constituée d’une pépinière de jeunes promus à un avenir certain. Encadrés par des éducateurs sincères et dévoués, elle avait parcouru un long chemin, couronné de succès, de voyages et de gloires. Elle a fourni à la ville des cadres de la culture et qui de par son existence avait rayonné l’environnement culturel à Skikda. Au point où les autorités locales ont senti le besoin de doter la ville d’institutions culturelles à la hauteur de la réputation de cette association. Ce n’est par hasard si les plus dynamiques institutions qui sont le théâtre et le conservatoire de musique ont été confiés à deux membres de l’association, en l’occurrence Mr Boutebene Mouhamed et Mr Boughandjioua Badreddine. Par ces nominations, les autorités de la ville ont voulu honoré cette association qui a vu sa renommée dépasser les contours de notre Wilaya et aussi pour son omniprésence durant dix sept années dans les grands rendez- vous culturels du pays. Elle a vu le jour en 1972 suite à la dissolution d’une autre association historique « El Moustaqbel El Fenni » qui fut créé en 1952 par un musicien de Constantine, installé alors à Skikda et aidé par le débrouillard scout « Boubayou Ahmed ». Certains membres de cette association étaient les fondateurs de la jeune formation musicale dénommée « El Itihad El Fenni Skikdi » Dont M Sebti Saâd un pianiste et un éducateur remarquable et M Boughandjioua Badreddine futur Directeur du conservatoire. En 1972, l’effectif de l’association était consistant par l’intégration des éléments émanant d’autres associations, des scouts du groupe « El Feth » et des élèves des deux Collèges « El Amrani » et « Ibn Jobeir ». L’effectif tournait autour d’une trentaine d’éléments. L’objectif des initiateurs de cette création était de monter une formation musicale capable de rehausser le niveau et de représenter la wilaya dans les grands festivals et autres forums culturels. A sa création, elle avait d’abord élu domicile dans le siège du club sportif « le widad de Skikda ». Nous partagions la bâtisse de ce qui fut « la société philharmonique de Philippeville » L’infrastructure s’y prêtait pour l’activité artistique, une bonne acoustique, un grand espace, malheureusement, notre présence n’était pas compatible avec l’environnement d’un club de foot. L’un de nous était de trop, ce qui avait poussé notre comité à chercher un autre local. Moins d’une année après, l’association avait trouvé un local. C’était un habitacle de quatre murs et c’est tout. Alors, tout de suite, nous avons entamé « des travaux de titan » (dixit feu M Abderhamane Bencharif fondateur de l’association el moustaqbel el fenni) grâce à l’argent récolté par le biais des cartes de membres bienfaiteurs que nous avons distribué porte à porte aux commerçants de la ville. Nous avons voulu que ce local soit métamorphosé en un lieu de loisirs et de culture. D’abord une scène a été élevée pour les répétitions et les petites représentations, suivi de l’aménagement d’un bureau, d’une bibliothèque et d’une salle avec un tableau noir. Celle-ci était décorée par des peintres artistes et des artisans qui minutieusement avaient affiné la suite. Dans le bureau, chaque musicien avait son casier pour ranger ses recueils de chants et son instrument. La paperasse du secrétariat et de la trésorerie était bien agencée. En face, une salle de bibliothèque pour dévorer des livres de choix ou pour visionner la télé et enfin une grande salle qui donnait sur une magnifique vue du centre ville, avec sa table de ping pong au milieu, ses tableaux de peinture, ses enceintes sonores pour l’écoute, ses rideaux rouges et ses murs blancs. Bref, un espace de culture et de loisirs où l’ennui n’avait pas de place. Dans cet endroit convivial, nous apprenions le solfège, les instruments de musique, la nouba et toute la culture musicale. A la longueur d’année l’activité était intense. Il y avait toujours un rendez-vous à préparer. Des festivals, des concours, des soirées etc. Notre comité veillait aussi à la bonne scolarisation des membres de l’association, puisque les résultats scolaires étaient impératifs. Pour le genre de musique que nous avons adopté naturellement, c’était la musique andalouse de Constantine « le malouf ». Ce choix fut dicté par la proximité de notre ville à la métropole culturelle Constantine et par proximité aussi à Annaba. Deux villes qui ont des traditions bien ancrées et dont la ville de Skikda s’est amplement imprégnée. Notre répertoire de chants et de musique puisait de plusieurs sources. D’abord l’apport des éléments de l’association historique « El moustaqbel El Fenni » qui nous ont fait bénéficié de leur expérience. Ensuite, les contacts bien utiles avec quelques maîtres du malouf de Constantine tels que Brahim El Amouchi, Abderahmene Bencharif, Cheikh Ténor et ses compagnons de Skikda. Notre trait d’union avec ces cheikhs étaient M Sebti Saâd et M Boughandjioua Badreddine. Ils avaient la charge technique, de rassembler, d’instruire et d’éduquer notre ensemble. Le premier était un pianiste connu pour sa rigueur dans le travail, le second avait l’avantage de jouer avec tous les instruments, a subi l’influence directe du violoniste M A. Bencharif, qui se singularise par un style très personnel, entre l’école classique universelle et la technique raffinée du violon Constantinois. On remarque aisément les violonistes de notre association qui ont un même doigté, capables de saisir le violon en position universelle au le menton, en position Sanaâ sur le genou gauche ou en position malouf entre les deux genoux. Le solfège, théorie de la musique était notre premier rudiment de l’apprentissage. Les cours dispensés n’étaient pas approfondis, mais, largement suffisant pour comprendre les rythmes, les modes et leurs enchaînements. Grâce à une base en théorie, nos musiciens se retrouvaient dans différents genres de musique. Lorsqu’il s’agissait de jouer la Sanâa d’Alger, nous avons choisi de jouer une nouba maya et une série de naqlabats. Quand l’envie nous gagner de diversifier notre répertoire, nous avons fait une virée vers le charqi avec ses mouwachahats et ses samaâis et même des compositions propres à nous Qui ne se rappelle de l’influence « des Beatles et des Roling Stones » sur nous, jeunes ? Et bien, parmi nous il y avait ceux qui avaient tronqué pour un moment leurs instruments traditionnels afin de s’exhiber avec des instruments modernes et s’éclater avec du rock. Ils ont chanté en Anglais et en Français, fait unique à cette époque pour des musiciens ayant une formation de base la musique andalouse Algérienne. Si nous faisons un simple constat sur la vie active des membres de l’association en marge de la pratique musicale, nous remarquons qu’ils sont Médecin, architecte, ingénieur, cadre gestionnaire, Technicien, financier, juriste, enseignant ou employé, tous ont connu la réussite. Aucun ne s’était égaré, même ceux qui sont partis à l’étranger pour concrétiser un rêve de jeunesse. La musique a été l’élément fondamental qui avait contribué à cette réussite. Elle n’a jamais été considérée par nous comme un simple divertissement. Bien au contraire, elle nous a illuminé, nous a donné de la personnalité. Nous étions en toute modestie distingués et respectés. En un mot, nous étions « les artistes ». Notre force résidait dans la rigueur du travail, dans la discipline, dans la fraternité et dans le respect de nos aînés. Tout cela avait fait que « L’Itihad El Fenni » était une école et un exemple à méditer. Aujourd’hui, notre association a été occultée et parfois dénigrée. Jamais, un responsable au niveau de la culture dans notre ville n’avait songé à réhabiliter par une récompense même tardive cette école de rigueur et de civisme. La dissolution de l’association fut consommée en février 1988. Il est inutile de revenir sur les circonstances qui avaient engendré cette mise à mort que je considère comme tragique, car depuis, aucune association n’avait rehaussé le niveau technique, théorique et de polyvalence atteint par les éléments de notre association. Pour conclure cette brève rétrospective, Je me dois d’évoquer nos chers disparus Allah yarhamhoum, qui sont Rabah Alliout, Cherif Rameche et Nabil Zaouali. Aujourd’hui, ils ne sont plus de ce monde, telle est la volonté de Dieu, tel est notre destin. Enfin, pour ma part, ma grande satisfaction ce sont ces artistes que j’ai formés et, qui aujourd’hui sont devenus mes amis. Mouats Hafid. Janvier 2008.

Les membres de l'association:

Les membres de l'association:

le comité, les amis et notre palmares:

le comité, les amis et notre palmares:

Photo 01

Photo 01
L’Itihad El Fenni Skikdi en 1972. Heureux finaliste au 3ème festival national de la musique andalouse, où la Mawsiliya d’Alger avait obtenu le 1er prix au TNA d’Alger. A remarquer la tenue traditionnelle avec djelaba, bligha et le fameux « kebous » confectionné par nous même. Soirée télévisée. C’était pour la première fois qu’une troupe de Skikda passait à la télé (à l’époque du noir et blanc). Cette nuit là, tout Skikda avait attendue tard avec impatience pour nous regarder et nous encourager, quelle émotion cette nuit là ! A croire à l’accession de la JSMS, club de foot local.

Victime d'une bavure.

Ici sur cette photo on s’est produit avec une nouba qui avait fait une polémique (…), sur le mode « raml maya » que cheikh Ténor de Skiklda ( Baâziz Ali) nous avait légué. Feu M Adelkader Toumi cheikh du malouf à Constantine, membre du jury de ce festival, stupéfié par cette découverte, n’a pas voulu reconnaître cette nouba car inconnu dans le répertoire malouf ( ?...) et cela malgré notre excellente prestation. Résultat : nous étions classé 15ème sur 16 finalistes. Il est vrai que la plus part des finalistes étaient des troupes historiques et prestigieuses. Mais néanmoins, nous méritions mieux si ce n’est l’intervention arrogante, méprisante, voir chauvine de M Toumi, Allah ya rahmou. Notre déception fut grande le jour où le disque spécial festival était sorti sur les rayonnages des librairies et que notre enregistrement n’y figurait pas. Quel déni Messieurs du ministère de la culture ! Après ce festival, nous avons interpellé un autre cheikh qui est Kaddour Darsouni, ce dernier avait admis l’existence de cette nouba où il avait entendu certaines de ces pièces dans son enfance, exécutée par d’anciens chouyoukhs. D’ailleurs, quelques années plus–tard, « lem’sadar : ya tib aâichi » a été interprété par le chanteur Zaârour Med Cherif lors d’une émission télé où M Darsouni était chef d’orchestre. Le premier à être convaincu de l’authenticité de cette nouba, était le cheikh feu Brahim El Amouchi où quelques jours avant la finale, il était invité à Skikda avec feu cheikh A. Bencharif. Nous avons aussi questionné feu Hassène El Annabi qui nous a confirmé l’authenticité de cette nouba. Et enfin avec Toufik Bestandji le musicologue qui avait admis la justesse de cette nouba. M Abdelakader Toumi n’avait non plus accepté la touchiya raml maya exécuté à l’ouverture. Là aussi, on constatera plus tard qu’une partie de cette touchiya a été interprété par l’orchestre pilote de Constantine. Même de nos jours, cette touchiya est rarement interprété à la ville des ponts. Cette Touchiya nous l’avions eu du Cheikh Abedelmadjid Azzouz de Skikda né en 1897, élève du cheikh Hammada Gati. Un jour au local, nous lui avons demandé avec quoi autrefois vous débutiez votre qaâda (concert) ? Il avait réfléchi un moment, puis il s’était mis à jouer avec son violon. Nous avions saisi le magnétophone et nous l’avions enregistré. Après analyse des pièces, des changements de rythmes et du mode de cette musique, nous avons constaté qu’elle avait les caractéristiques d’une touchiya malouf. Nous étions conscient d’avoir récupérer une œuvre que les constantinois avait perdue.

Photo 02

Photo 02
En 1976 au local de l’association, orchestre version orientale (charqi). A droite 2ème rangée : Med Boutebene, Président ; à son côté : M Bougnandjioua B. Professeur de musique et chef d’orchestre.

Photo 03

Photo 03
En 1977 à Tlemcen, séance photos avant de se présenter sur scène, festival national de la musique traditionnelle.

Photo 04

Photo 04
En 1977 à Tlemcen, Festival national de la musique traditionnelle. Sur la scène du lycée Dr Benzerdjeb

Photo 05

Photo 05
- 01 - En 1978 à Tlemcen, au festival national de la musique traditionnelle. Scène au lycée Dr Benzerdjeb.

Photo 06

Photo 06
- 02 - En 1978 à Tlemcen, au festival national de la musique traditionnelle Scène au lycée Dr Benzerdjeb.

Photo 07

Photo 07
- 03 - En 1978 à Tlemcen, au festival national de la musique traditionnelle Scène au lycée Dr Benzerdjeb.

Photo 08

Photo 08
01 - 1978, festival national des arts populaire, Alger, sur un podium, devant la maison de l’UGTA, place du 1er mai. L’Itihad el Fenni, orchestre en version moderne.

Photo 09

Photo 09
02 - 1978, festival national des arts populaire, Alger.

Photo 10

Photo 10
02 - 1978, festival national des arts populaire, Alger.

Une précision:

Le lendemain de cette soirée, au théâtre National d’Alger nous nous sommes produit avec le même orchestre mais en version classique avec une nouba Zidane du répertoire malouf Constantinois. Ce n’était pas un paradoxe, mais c’était du réalisme. Un musicien polyvalent ne s’improvise pas, il faut des années de travail et surtout de conviction.

Photo 11

Photo 11
1978 sur les planches du TNA Alger. Festival national des arts populaires.

Photo 12

Photo 12
En 1986, au théâtre de Belfort/France, lors du jumelage. Ici l’Itihad El Fenni avec la chorale du conservatoire de Skikda.

Photo 13

Photo 13
Nos trois défunts : Ramèche Cherif, Zaouali Nabil et Aliout Rabah.
....................................... Voici quelques mails que j’ai reçus pour mon blog:.................................................. 01 Bouherid Madjid de Constantine le 30/07/2007. Bonjour mon frère. Je te remercie d'avoir pensé à moi et de m'avoir fait partagé tes impressions sur le dernier festival tenu dans votre charmante ville. D'ailleurs l'intitulé de ta missive reflète parfaitement l'état d'esprit qui a du prévaloir lors de cette manifestation. Je te rejoint parfaitement dans ce que tu avances et qui est hélas la stricte réalité. Nous ne sommes pas encore professionnels dans la préparation de ce genre de rencontres. Le bricolage continu à faire des ravages dans tout ce que nous entreprenant. C'est un travail de longue haleine qui nous attend tous, pour redresser la barre. Tu illustres parfaitement l'état de delisquescence auquel est arrivé notre culture et le malouf en particulier, vu que certains "gardiens du temples" autoproclamés se prévalent de détenir la science infuse du malouf sans aucune honte. Ces gens là font plus de mal à la culture que nous tous réunis. Il faut avoir la foi dans ce qu'on entreprend et je sens que vous croyez en ce que vous faites et c'est tout à votre honneur. Les arbres rebourgeonneront malgré la résistance au changement multiforme. Juste une petite question: quel a été le classement final s'il y'en a eu? Je vous souhaite bon courage dans ce que vous entreprenez. Allez de l'avant et vous en serez recompenses car seul le travail de longue haleine paie. J'espère que nous garderons le contact comme deux férus de notre patrimoine savent le faire. Au plaisir de vous relire, cordiales salutations. Madjid B............................................................... De M Saâdaoui Mohamed de l’association El Anasser de Miliana, le 10/07/2007 Cher ami, Merci pour ton email qui soulève effectivement un grand débat que les traditionalistes refusent et pourtant la transcription ne représente qu'un aide mémoire et permet de mettre à l'abri de la déformation notre musique. D'autre part, si on parle de transcription, c'est pour les générations à venir et pour les musiciens empériques. Partager des idées, c'est bien, encore faut-il trouver les gens honnêtes et sincères pour dire d'abord qu'ils sont musiciens et non musicologues. La musicologie est tout à fait autre chose que ce que l'on fait. Transcrire la musique ne nous donne pas automatiquement le titre de musicologue. Encore que d'autres sont loin de la transcription et acceptent ce titre. C'est le pays de la médiocrité où il n'y a aucune règle et aucune approche. Je pense que le débat de la transcription est dépassé, à mon sens, et ce n'est pas les gens qui se sont toujours prononcé contre qui vont aujourd'hui faire marche arrière. Ne peut savoir et parler de la transcription que celui qui sait transcrire. Désolé mais ce débat m'incommode connaissant l'état d'esprit qui règne dans ce milieu. Mohamed SAADAOUI. …………………………………………………………………………………………………………………………. Said Zerourou de France le 16 oct. 2008 Tout d'abords, un Aid-Moubarek même si cela arrive un peut tard. J ai pensé a vous écrire deux mots, car j ai investi un peux plus de temps dans la musique ... revisité votre site & d’autres (Amine Beyhome, je ne sais si vous le connaîssez). Après plusieurs années de "bricolage" avec la musique, je commence a saisir dans votre article dans votre site parle de musique occidentale & "Zalzalisation" !! Même si j ai encore des difficultés a trouver la fréquence de Tic- Nimm (1/2 bémol ?) avec le PC, ... je peux tout de suite le trouver a l oreille lorsque j essaye avec mon nouveau Oud de jouer un morceau de Ait-Menguellet (Kabyle) ... 1/4 note ! En parlant, l’autre fois avec des amis, ... il disaient, c’est quoi ce son. Je ne trouve pas sur mon piano. J’ai dit - oui c’est un Yamaha de 5000 Euro, qualité CD de 64 bit, ...(sarookh), mais sans marche arrière ! Cela m' arrive de suivre l' émission Alhaan-Wa-Chebbab.... orchestre fantôme, avec 1 synthé - Je préfère sur la Télé de Berlusconi, ou ils mettent un CD, play-back, c' est plus honnête. Je voulais vous demander quelques informations, si cela n est pas trop demande : Je pense faire un saut visiter mes parents a Alger, début Novembre. Est-ce que vous vendez ou connaîssez un bon artisan qui fait un bon mandole ? ... un instrument qui donne un bon son (résonance), massive holz/boix ... qui fait plaisir a joué. Est-ce que il y' a des amis qui peuvent échanger des mizaans (samples wav, de Derbouka) typiquement de chez nous. L autre question, c est purement didactique. Est-ce que vous seriez disponible à donner des "conseils" de cours de musique par Internet (skype) ? Salutations. Said Un Algérien des USA, A propos du théâtre de Skikda. Le 26 juil. 2008. Bonjour Monsieur J’ai trouvé votre Blog par hasard. Je cherchais en effet une personne qui s'intéressait à la vie culturelle à Skikda. Je voulais savoir si vous pouviez me mettre en contact avec des professionnels de théâtre dans cette belle ville. J'ai lu un article à El Khabar ce matin indiquant que beaucoup d'artiste voulaient que le théâtre de Skikda soit cédé au ministère de la Culture ce qui est pour moi une grande faute. Je voudrai les contacter et les convaincre du contraire et de féliciter aussi l'APC qui a gardé le théâtre au vote unanime. A Alger, ou les APC sont très puissants, le ministère n'a pas pu avoir la moindre structures (salles de cinéma), aujourd'hui, les APC (Alger centre par exemple) gère à merveille leur structure sans le ministère de la Culture qui n'arrive même pas à gérer les structures de l'ONCI par exemple. Il faut que l'APC de Skikda ne cède pas. Au fait, je suis professeur de gestion et économie aux USA et je suis spécialiste du Art Management Structures and Cultural Policy. Salutation. ……………………………………………………………………………………………………………………………………. Redhouane Tahmi d’Alger, 21 nov. 2008 Salam, je suis un simple admirateur de la musique andalouse même si je suis profane en la matière. J'ai bien apprécié votre blog, surtout la partie consacrée à Noureddine Saoudi. A ce propos, j'ai 3 CDs (Noubas Dhil H'sine et Zidane), je peux vous en envoyer des copies si vous êtes intéressés. Par contre, je cherche des enregistrements audio (ou vidéo) de Zerrouk Mokdad, où puis-je en trouver??? Amicalement. ……………………………………………………………………………………………………………………………………… Henny de Bruin, Hollandais, collectionneur des instruments de musique, le 15 déc. 2008. Bonjour monsieur Mouats Hafid, C'est quelque mois il y a nous avons eu du contact amical de l'oud arbi et le kwitra. Pendant ce temps j'ai trouvé et ai acheté un vrai oud arbi de Tunesia ! C'est un instrument très agréable et semble très bon. Naturellement maintenant je cherche un vrai kwitra d'Algérie ! Pouvez-vous me donner s'il vous plaît adresse où je pourrais les acheter ? (Bien sûr par la poste, comme ce n'est pas possible actuellement pourtant de visiter Algérie comme un touriste). Vous avez mentionné M Nifer dans Alger et M Goule dans Ville d'Oran, mais je serai content de kwitra jouable - même un instrument utilisé. J'espère que vous pouvez m'aider à obtenir un kwitra. Excuse moi pour la traduction pauvre en français (par la machine). Les égards gentils, Henny ………………………………………………………………………………………………………………………………………….. Richard Malinowski, Breton de France, 26 déc. 2008. Bonjour Monsieur Mouats Hafid, Toujours un plaisir de parcourir votre blog! Comme vous le dites très justement nous avons besoins des sonorités des autres cultures pour s'ouvrir et s'enrichir et de la richesse des mélodies orientales... Actuellement je fais des recherches ( Maroc, Algérie, Tunisie) sur la possibilité de me perfectionner en suivant un stage pratique de luth oriental. C'est un projet pour 2009. Connaissez-vous des personnes qui pourraient m'aider ? Il va de soit que la rémunération d'un tel stage est la moindre des choses comme préalable. Je vous avoue que je serais très honoré de rencontrer les élèves des écoles de musique de Mascara et Skikda. Le luthier de Touggourt mérite à lui seul le déplacement je crois! La mandoline luth de Anis le fils du Président d'El Fen wel Assala m'intrigue beaucoup! Pouvoir faire quelques notes avec tous ces musiciens... Mon niveau musical est très modeste: 5 années de luth, je pratique avec un orchestre de mandolines (parties de mandole) et j'en suis à ma deuxième année de remise à niveau de solfège au Conservatoire d'Hagondange. Merci d'avance pour votre aide. Si vous manquez de temps et n'avez pas la possibilité d'organiser un stage je comprendrai tout à fait. Je poursuis en parallèle mes recherches sur la Tunisie et le Maroc. Un élément intéressant c'est qu'il y a des départs toutes les semaines pour Alger, Agadir et Marrakech de l'aéroport de Metz (à 20 km de chez moi). Avec un peu d'avance permettez moi de vous souhaiter une année 2009 riche en rencontres et en amitiés à vous et votre famille. Cordialement et à bientôt j'espère, Richard Malinowski. ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. Olivier Labe de France, le 9 oct. 2008. Bonjour, Merci beaucoup pour toutes ses précieuses infos sur les luths arabes et Maghreb, je suis moi-même joueur de luth renaissance et j’ai toujours voulu connaître les origines de mon instrument ainsi que ses « cousins ». Je compte débuter l’apprentissage du oud et je cherche un bon luthier en Algérie (si possible sur Alger). Pouvez vous m’aider ? Merci beaucoup. Olivier Labe. kamel Labbaci, musicien et chanteur resident en France, a fait ses débuts à Annaba dans le milieu du malouf, le 24 sept. 2008. Bonsoir cher monsieur & Saha F'tourek, je trouve votre espace internet trés intéressant pour la musique andalouse et plus particulièrement le Malouf.Bravo pour votre style d'expression et votre dévouement pour cette musique. Merci. Cordialement. …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. Aziz Mouats, Professeur à l’université de Mostaganem, le 30 août 2008. Salut professeur mais tu es une véritable encyclopédie mon cher cousin, Franchement tu me surprendras toujours avec autant de connaissances; Tu devrais au moins écrire un livre sur la question, voir soutenir une thèse dans une grande université internationale. Ça mérite franchement une publication hors des nos frontières, je ne sais pas encore où on peut t'orienter, mais là tu me subjugues. Mille Hourra à toi. A.Mouats . ……………………………………………………………………………………………………………………………………………….. Bouchelaghem Omar, d’Alger, le 24 sept. 2008. Monsieur, Je vous fais savoir que c’est par un heureux hasard que j’ai découvert votre blog, suite à quoi je vous écris afin de vous féliciter pour son contenu. Personnellement, j’y ai appris beaucoup de choses sur la musique en général et andalouse en particulier. Votre démarche est scientifique et c’est pour cette raison que ce que vous y présentez est très instructif sur les plans historique et technique. Par la même, je profite du fait d’être en contact avec un spécialiste en musique pour éclaircir une question qui a été posée sur un forum consacré à Constantine mais qui est restée sans réponse. Par curiosité et pour informer les autres membres du forum je vous la pose si vous daigniez bien me répondre. Ma question : A Constantine existe une fresque qui représente des chanteurs bien connus dans le monde de la musique du Malouf. Sur cette fresque (que je vous joins en fichier) est représentée une échelle musicale sur laquelle figurent des notes. Est-ce que c’est un extrait de la musique d’une chanson ou ceci ne représente que des notes alignées pour orner cette fresque ? Monsieur, je vous remercie par avance de la réponse que vous me ferez et que je transmettrai aux autres membres du forum en vous citant comme source. Meilleures salutations. BOUCHELAGHEM Omar Alger. ……………………………………………………………………………………………………………. Aissa Rahmaoui, 26 juin 2008 Bonjour M.Mouats Hafid. Voila je me présente : Rahmaoui Aissa Je visite régulièrement votre Blog. Il est très bien conçu en reflétant la richesse de votre culture musicale et l'amour du pays et son patrimoine. M.Hafid est-ce que vous pouvez me envoyer les Tels ou Boites mails des associations suivantes : El-Motribia de Biskra El-Mizharia de Laghouat Je suis journaliste et j'en ai besoins c'est urgents. Et Bon Courage si Hafid. Aissa Amine C, 13 juin 2008. Bonjour monsieur Mouats. Très joli blog...rien a dire. A propos de la culture en générale et la musique en particulier (un fiasco) dans notre ville et l’Algérie en générale. Et si vous me permettez monsieur Mouats je vous dit pourquoi .j'ai a peine 30 ans mais je vis avec un esprit de vieux "ne pas vivre avec l'esprit de son age .de son age à le malheur" 1 _ nous les Algériens en générale nous sommes des frimeurs. 2_ des égoïstes. 3_ on prétend tout savoir mais malheureusement on sait rien. 4_ l'éducation zéro 0. 5_ niveau culturel 0. 6_ manque de communication. Et si on parle de la musique catastrophe : esprit hautain, l'égoïsme. Et en plus de ça on se moque des gens qui veulent apprendre à jouer un instrument. A mon avis monsieur c'est pas avec cette mentalité qu'on va avoir une société cultiver et moderne. Hélas ............................................................. merci beaucoup pour votre blog très objectif. …………………………………………………………………………………………………………………………………… Cherif Abdaoui, de France, 18 mai 2008, Bonjour Monsieur; Ca ma fait un énorme plaisir de lire votre blog, je suis originaire de la wilaya de Skikda et de Guessaba, daïra de Ramdane Djamel Sur la route nationale qui lie Skikda à Azzaba, le petit village qui connait par le viaduc des chemins de fer. Je suis tellement assoiffé de lecture sur notre Willaya. Suite à une recherche sur le net je suis tombé sur votre blog qui ma fait revivre des moments d’autre fois Je veux vous remercie pour le travail accompli et la servitude des assoiffés comme moi. Je vous souhaite une longue vie et pour quoi pas vous voir en live et sur scène ainsi déguster votre Music. Je serai à Skikda du 17 au 26 Juin et j'aimerais, si votre programme vous le permet Être parmi vous. Merci beaucoup monsieur MOUATS. Monsieur ARBAOUI Chérif. ……………………………………………………………………………………………………………………………………………. Nadjib Fitas, guitariste de Jazz, Alger, le 17 mars 2008. Bonjour monsieur MOUATS HAFID, je me présente monsieur FITAS NADJIB je suis musicien guitariste, je suis tombé par hasard sur votre blog en voulant trouver un luthier en Algérie, je dois avouer que votre blog est très intéressant et très instructif a la fois, g trouvé plusieurs repense a mes question !!! enfin voila mon vrai problème , j'ai une guitare acoustique que j'ai acheté il y'a deux moi , au début j'ai trouvé que les cordes étaient trop haut par rapport au manche , alors j'ai du limée le chevalé ça a réglé le problème et ma donné une facilité de jeux énorme , mais en contre partie j'ai le MI aigu el le SI qui frise a la 7eme case ( frette) , des foi c vraiment embêtant , a savoir que la guitare est équipé d'une tige a l'intérieur du manche , pourriez vous s'il vous plait me conseiller ou me diriger vers un luthier expérimenté. ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………. A.Demdoum de France, le 30 avril. 2008. Bonjour Monsieur, J ai lu attentivement votre site, qui est très intéressant, on y apprend beaucoup de choses, et les explications sont très claires. Je m appelle A. Benyahia, et cet été avec mon mari, nous venons en Algérie (Kabylie et M'sila). Mon mari est musicien, guitariste (il joue un peu de oud également) et nous souhaiterions acheter une mandole. Pouvez vous nous dire où trouve-on in instrument de bonne qualité par rapport à notre lieu de vacances? Merci beaucoup. A Demdoum-Benyahia. Lyes BOUNEMER (enfin, un mail de Skikda ma Ville natale, NDLR) le 14 févr. 2008. Bonjour, Je veux juste vous remerciez de ce que vous faites pour la culture de notre ville et de notre région. Même la plus petite des contributions reste essentielle, car tout ce que j'ai vu de Skikda vient soit de d'historiens français, ou de pieds noirs jamais de l'un de ces habitants actuel. J'entends enfin un Skikdi parler de l'histoire de Skikda, et sortir des petites querelles ethniques. Je vous souhaites donc beaucoup de courage pour ce que vous faites. …………………………………………………………………………………………………………………………………. MZ Debbache de France, le 6 févr. 2008. Bonjour monsieur Hafid, J'ai lu avec grand intérêt votre article sur la page Diapason de Skikda. J'espère que votre adresse mail est active. Je vis à l'étranger et reviens de temps à autre en Algérie, à Constantine et aussi à Skikda. Je m'intéresse beaucoup à musique algérienne et particulièrement au Malouf et à l'andalous dans son ensemble. J'aimerai bien pouvoir compter sur votre expertise pour répondre à certaines de mes questions en la matière. Merci de me répondre, Meilleures salutations, Med-Zine Debbache. ……………………………………………………………………………………………………………………………. Nour-Eddine Saoudi, d’Alger Musicien, chanteur, compositeur, très connu sur la scène artistique, le Jeudi 17 Juillet 2008. Bonjour mon ami, C'est à moi de vous remercier, vous tous, d'abord pour m'avoir invité à me joindre à vous pour cette soirée, même si je déplore le manquement grave de nos responsables à la chose culturelle et intellectuelle, et cela dans le cadre de cette pseudo organisation d'un festival qui ne fait que clochardiser davantage notre patrimoine musicale ; car nous ne devons pas faire semblant d'accorder de l'intérêt, il faut y mettre les moyens : et le minimum est une salle, un décor, une présentatrice et enfin un jury digne de l'évènement. Ensuite merci pour votre gentillesse et surtout votre modestie. Cher Hafid vous avez plus de choses à dire et à montrer sur le plan musical que bon nombre de ceux qui avec forfanterie et sans vergogne confondent Art et activisme folklorique. Enfin je ne saurais taire l'immense égard que vous avez pour moi ; j'en suis flatté et en même temps très touché par ces marques de respect et de sympathie, j'espère en être digne. Que Dieu vous préserve et bonne route. Nour-Eddine Saoudi ………………………………………………………………………………………………………………………………………… Henny de Bruin Hollanda. Collectionneur des instruments de musique. Bonjour M. Mouats Hafid, J'ai trouvé votre weblog intéressant au sujet de la musique arabe et particulièrement au sujet de l'ud. J'espère que vous pouvez comprendre mon anglais (je peux comprendre assez le français pour lire votre weblog) ; Au cas où pas : J'ai également inclus la traduction (automatique) d'a en français. Je rassemble les instruments à corde pincés de partout dans le monde, avec maintenant une collection d'environ 200 instruments différents. Pour donner à d'autres personnes une chance d'employer cette collection aussi, j'ai fait un site Web : ATLAS of Plucked Instruments, qui inclut TOUS les différents instruments (aussi ceux pas encore dans ma collection) Vous pouvez aller voir : http://www.atlasofpluckedinstruments.com Il semble que que en Algérie le luth appelé kwitra existe au jourdhui, celui avec les quatre cours. Si possible je voudrais acheter un kwitra pour ma collection, et j'espère que vous pouvez m'aider à obtenir un. Elle n'a pas besoin d'être très futée : Je veux pouvoir la jouer mais elle ne sera employée pour des concerts, ainsi seulement la forme générale de l'instrument est importante pour moi, pas le bruit. Même un instrument d'occasion serait bon. Je serai très reconnaissant si vous pourriez m'aider à obtenir un. Merci à l'avance Henny de Bruin Hollanda.

* Nota:

J’ai inséré au hasard quelques mails parmi les centaines que je récolte dans ma boite. A vrai dire je reçois régulièrement des messages où je réponds automatiquement avec plaisir aux préoccupations des visiteurs de mon blog. Mes amitiés à tous les internautes qui m’ont contacté. Mouats Hafid, Décembre 2008.
Donner votre avis en me contactant sur ma boite:
mouatshafid@gmail.com



MERCI POUR VOTRE VISITE.
Aucun article
Aucun article